Nicolas Bonnet-Oulaldj – Le communisme fair-play

Fidèle à ses convictions et loyal avec ses alliés, Nicolas Bonnet-Oulaldj trace son sillon en politique, qu’il vit comme un engagement précis et déterminé pour la défense d’une certaine idée de la justice sociale. Avec l’esprit sportif chevillé au corps.

Les programmes des candidats du Parti communiste français aux trois dernières élections présidentielles, en matière sportive, c’est lui. Le président du groupe communiste à la mairie de Paris et conseiller métropolitain est membre du conseil national du PCF depuis des lustres. A Paris, il mène aujourd’hui les débats pour son groupe dans la difficile gestation du plan local d’urbanisme bioclimatique de la Capitale. Sans céder sur ses principes, mais avec un esprit d’ouverture. « Anne Hidalgo apprécie, je crois, ma loyauté », dit cet amateur des Têtes raides. Nicolas Bonnet-Oulaldj ne cultive pas la duplicité. Ses engagements sont connus. Pour la justice sociale, la redistribution fiscale et un plus grand partage des richesses des entreprises avec leurs salariés. Auteur de plusieurs ouvrages, « Fabriquer à Paris » ou « Libérer le sport », il étonne par l’éclectisme de son érudition. Son parcours universitaire l’explique, oscillant entre un cursus de sociologie du sport et des études d’herboristerie, notamment.

Nicolas Bonnet-Oulaldj. © Jgp

Ce grand sportif, qui parcourt quelque 300 km par semaine à vélo peut vous parler longuement des bienfaits nutritifs des pissenlits ou de la sève des boulots, comme de la professionnalisation comparée du rugby en France et en Afrique du sud, un de ses sujets de mémoires universitaires. Ses études l’ont mené en Angleterre, à Leeds ou à Berkeley, aux Etats-Unis, où il décroche un DEA. « J’ai grandi très loin du Grand Paris », raconte-t-il, le regard clair et bienveillant, d’emblée amical.

Il grandit en Dordogne, dans un hameau isolé. Une seule classe dans son école primaire regroupe tous les niveaux. « J’ai passé mon enfance dans les bois et les prés », dit-il. Il se souvient de sa première moto, une Yamaha 50 cm3. De ses trajets pour Périgueux, où il est scolarisé au collège comme au lycée, dans la 2 CV de ses parents, qui travaillent tous deux dans le chef-lieu de la Dordogne.

Son père, d’abord ouvrier à la Compagnie des signaux à Boulazac, ouvrira un magasin de vélos, après son licenciement. Sa mère est secrétaire à la direction départementale de l’agriculture. Il évoque les figures de ses grands-parents, facteur ou cheminot, résistant du côté de sa mère dans le maquis Limousin. Dans une région marquée par le communisme et le gaullisme. Sa mère a reçu la visite de l’épouse d’Yves Guéna, alors maire de Périgueux, qui se rend auprès des berceaux lors de chaque naissance, pour féliciter les familles…

De Noisy à Paris

Nicolas Bonnet-Oulaldj intégrera le service des sports de la mairie de Noisy-le-Sec à 25 ans, après avoir terminé ses études à la Sorbonne. Directeur des sports comme premier job, on peut faire pire… Entre-temps, alors qu’il termine son parcours à l’Institut d’étude et de développement de la Sorbonne (IEDES), il effectue un stage au ministère des Sports, suivi d’un CDD lors duquel il fait la connaissance de Marie-George Buffet. Il retrouvera le mari de la ministre à Bagneux. Jean-Pierre Buffet est directeur général des services de la ville où il atterrira après son départ de Noisy. Il servira aussi la région Ile-de-France de 2010 à 2014, au cabinet de Francis Parny vice-président de Jean-Paul Huchon.

D’abord proche d’Attac et des courants altermondialistes, il prendra sa carte au PC au début des années 2000. Un parti qu’il n’a jamais renié. Celui qui a succédé à Ian Brossat en 2014 à la tête du groupe PC de Paris, se consacrant dès lors à ses mandats, enrage aujourd’hui contre une Nupes qu’il considère comme le tombeau du parti, lui qui est proche de Fabien Roussel. « Jean-Luc Mélenchon nous a mal traités lors des dernières élections législatives », déplore-t-il. Candidat à la candidature dans la 7e circonscription de Paris, on lui a préféré l’insoumise Caroline Mecary, finalement battue par Clément Beaune. Celui qui préside aujourd’hui la SemPariSeine cite Ambroise Croizat, la protection sociale, les conquêtes du Conseil national de la résistance à ceux qui lui opposent l’échec de l’Union soviétique comme preuve de l’inanité du communisme. « On n’a jamais eu autant besoin des communistes », reprend-il, alors que les inégalités s’aggravent et que l’individualisme domine.

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