Municipales 2026 à Paris : la gauche s’unit dès le premier tour derrière Emmanuel Grégoire, sans LFI

Pour la première fois de leur histoire, les écologistes parisiens ont accepté de faire campagne dès le premier tour derrière une tête de liste socialiste. En l’occurrence Emmanuel Grégoire, candidat du PS à la mairie de Paris. L’accord conclu entre les têtes des deux formations mardi 16 décembre au soir a été validé par les adhérents des deux partis à une très large majorité mercredi 17. Les socialistes renoncent à la mairie du 11e au profit des écologistes.

C’est une première depuis 1977, date de l’élection au suffrage universel du maire de Paris. Les socialistes et les Verts partiront unis dès le premier tour des prochaines élections municipales, qui se tiendront les 15 et 22 mars prochains. Jusque là, si le PS et le PC avaient pour habitude de s’unir dès le 1er tour, les écologistes présentaient leur propre candidat, avant de se rallier à l’union de la gauche entre les deux tours. L’union conclue mardi 16 décembre et validée mercredi 17 par les adhérents des deux camps inclut Place publique mais pas LFI, dont Sophia Chikirou, député de la 6e circonscription de Paris, portera les couleurs. Le changement du mode de scrutin provoquée par la réforme de la loi PLM et la crainte d’une dispersion des voix face à une droite jugée renforcée, expliquent cette petite révolution.

Cette union, validée par les instances des différentes formations, s’est toutefois faite au prix de concessions lourdes pour les socialistes, à commencer par l’abandon de la mairie du 11ᵉ arrondissement au profit des écologistes. Une décision jugée « très coûteuse » en interne, notamment pour François Vauglin, maire sortant socialiste de l’arrondissement, qui a exercé deux mandats et voit son fief historique lui échapper.

Emmanuel Grégoire, entouré de Ian Brossat et David Belliard. © Jgp

François Vauglin, maire sortant du 11e arrondissement de Paris. © Jgp

Anne Hidalgo, entourée de David Belliard, Ian Brossat et Emmanuel Grégoire, lors de son élection de maire de Paris, en 2020. © Jgp

Sophia Chikirou se présentera lors des prochaines municipales à Paris sous les couleurs de LFI ©Jgp

Sur le plan des équilibres politiques, l’accord se traduit aussi par une progression significative de la représentation écologiste au Conseil de Paris. Les Écologistes disposeraient ainsi de 36 places en position éligible sur la liste d’union à l’échelle parisienne, contre 28 lors de la précédente mandature.

Sur le plan partisan, l’accord a été largement entériné par les militants. Il a été approuvé par 80 % des membres du conseil politique départemental des Écologistes, puis validé par les adhérents écologistes, ainsi que par les militants socialistes à 85 % lors d’un conseil fédéral réuni mercredi soir. Les communistes et Place publique avaient, de leur côté, donné leur accord plus tôt.

Deux facteurs structurants expliquent donc ce choix stratégique. Le premier tient au changement du mode de scrutin applicable à Paris, Lyon et Marseille dès mars prochain. Les électeurs voteront désormais dans deux urnes distinctes : l’une pour élire le conseil d’arrondissement, l’autre pour le conseil de la ville. En découplant ces deux scrutins, la réforme supprime l’obligation, pour conquérir l’Hôtel de Ville, de faire basculer un arrondissement clé. Une évolution que ses partisans présentent comme un progrès démocratique, mais que ses critiques estiment motivée uniquement par l’intention de favoriser le basculement de Paris à droite.

Contrer le risque de dispersion des voix à gauche

Le second facteur est politique. Plusieurs responsables de gauche soulignent que jamais le risque de dispersion des voix au premier tour n’a été aussi élevé. Là où, auparavant, des candidatures dissidentes pouvaient rester cantonnées à l’échelle d’un arrondissement, le scrutin à l’échelle parisienne rend toute division potentiellement décisive.

Tard mercredi soir, Emmanuel Grégoire a salué « un moment historique », évoquant un choix « d’espoir » et de « responsabilité » face au « danger réactionnaire ». Il y remercie explicitement David Belliard et Ian Brossat pour leur soutien et appelle à une mobilisation de terrain dans l’ensemble des quartiers parisiens, autour de priorités communes : pouvoir d’achat, écologie et protection de la diversité sociale et culturelle.

Si l’accord porte sur la liste parisienne, les négociations se poursuivent arrondissement par arrondissement pour arrêter la composition des listes locales, où des ajustements restent en discussion. Un chantier sensible, appelé à cristalliser de nouvelles tensions.

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