Réinventer un quartier sur une friche ferroviaire, bâtir des immeubles au-dessus du périphérique en structure bois, transformer une ancienne centrale thermique en hub d’énergies renouvelables, raccorder un grand festival de rock au réseau électrique pour bannir les groupes électrogènes… Autant de projets concrets qui racontent, chacun à leur manière, la bascule climatique à l’œuvre en Île-de-France. C’est cette diversité d’initiatives que le Journal du Grand Paris a choisi de distinguer en créant ses premiers Grands prix bas-carbone.
La première édition des Grands prix bas-carbone du Journal du Grand Paris, dont la remise aura lieu le 27 novembre au Comet Bourse, lors de la plénière des Assises du Grand Paris, entendent récompenser des réalisations déjà livrées ou engagées, capables de réduire de façon mesurable l’empreinte carbone du territoire métropolitain. Quatre grandes catégories ont été retenues : Aménagement – Immobilier – Construction / Architecture / Énergie et Collectivités territoriales. Elles couvrent ainsi tout le spectre de la fabrique urbaine, de la parcelle au quartier, du réseau de chaleur à la transformation d’un boulevard autoroutier.
Sélectionnés par la rédaction du Journal du Grand Paris, les projets nominés (voir ci-dessous) ont été départagés par un jury d’experts réuni le 7 novembre. Au fil des dossiers, une même exigence s’est imposée : que les promesses bas-carbone se traduisent en chiffres, en mètres carrés réhabilités plutôt que construits, en tonnes de CO₂ évitées ou stockées, en kilomètres de voirie apaisée, en mégawattheures de gaz vert ou d’électricité renouvelable produits localement.
En rassemblant dans un même palmarès opérateurs privés, collectivités, aménageurs, énergéticiens et associations, ces premiers Grands prix bas-carbone veulent offrir un tableau de bord positif de la transition francilienne. Un moyen, aussi, de donner de la visibilité à des réalisations souvent techniques, mais décisives pour tenir les objectifs climatiques de la région capitale.
Date : jeudi 27 novembre 2025
Horaires : 8h30 – 13h50
Lieu : Comet Bourse, 35 rue Saint-Marc, Paris 2ᵉ
Inscriptions : via le site du Journal du Grand Paris / Assises du Grand Paris
Remises de prix : Grands Prix bas-carbone 2025 (4 catégories + Prix spécial du Jury + Grand Prix de la rédaction)
Public : élus, urbanistes, énergéticiens, entreprises, chercheurs, acteurs institutionnels
Plus d’information
Les nominés aux premiers Grand Paris bas-carbone du Journal du Grand Paris
Catégorie Aménagement / Immobilier / construction
1°) Hosta et Funkia : deux immeubles bois pour recoudre Paris et Vanves
Résumé :
Construits en partie au-dessus du périphérique, les immeubles Hosta et Funkia incarnent une prouesse technique et environnementale : grâce au bois, ils allègent la structure, divisent par trois les charges carbone et recréent un lien urbain entre Paris et Vanves.
Lauréats d’Inventons la Métropole du Grand Paris, les programmes Hosta et Funkia ont vu le jour sur le site complexe de la porte Brancion. Huit ans d’ingénierie auront été nécessaires pour faire sortir de terre ces deux bâtiments, dont l’un repose sur le tablier du périphérique. Là où le béton aurait rendu le projet impossible, le bois lamellé-croisé a permis de réduire par trois le poids des structures et d’ériger jusqu’à huit niveaux.
Résultat : un chantier allégé, huit fois moins de rotations de camions et un gros œuvre livré deux fois plus vite.
Hosta, résidence pour 114 jeunes travailleurs, et Funkia, résidence étudiante de 100 logements, conjuguent confort, performance et sobriété. Isolation acoustique renforcée, ventilation double flux, protections solaires automatiques et matériaux certifiés A+ garantissent un DPE A pour chaque logement.
Côté social, les deux immeubles multiplient les espaces partagés : salons d’étage, salles de sport ou de coworking, jardins collectifs et ferme urbaine.
Les labels BBCA, Effinergie+, NF Habitat, BiodiverCity et ECRAINS saluent cette exemplarité bas-carbone. Ensemble, Hosta et Funkia ont permis le stockage de 1 373 tonnes de CO₂, illustrant la capacité de la construction bois à transformer un site asphyxié en démonstrateur de ville durable.
Maîtrise d’ouvrage : Woodeum / Altarea-Cogedim
Architecte : Cyril Le Bihan
Exploitants : Hénéo (RIVP) / YouFirst Campus (Gecina)
Budget : 20 M€ HT
Labels : BBCA, Effinergie+, NF Habitat, BiodiverCity, ECRAINS
Carbone stocké : 1 373 t CO₂
2°) L’écoquartier fluvial de L’Île-Saint-Denis : du Village des athlètes à la ville bas-carbone
Résumé :
Symbole d’un héritage durable des Jeux de Paris 2024, l’écoquartier fluvial de L’Île-Saint-Denis conjugue sobriété carbone, réversibilité et mixité sociale sur une ancienne friche logistique, transformée en modèle de résilience urbaine.
Lauréat du Grand Prix de l’Aménagement 2025 de l’Unam, l’écoquartier fluvial de L’Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) illustre la transformation réussie du Village olympique et paralympique en un quartier habité, durable et inclusif. Porté par Plaine Commune, la Ville de L’Île-Saint-Denis et Plaine Commune Développement, ce site de 14 ha – dont 153 000 m² de surface de plancher – accueille à terme plus de 2 800 logements, une Cité des arts, des bureaux, commerces, équipements publics et une base nautique.
Conçu dès 2009 comme un quartier « bas carbone et réversible », le projet articule nature et densité urbaine : 11 700 m² végétalisés, 300 m de berges renaturées, 200 arbres plantés, zéro rejet d’eau pluviale. Les eaux sont traitées à ciel ouvert, les terres polluées dépolluées sur site, les bâtiments 100 % passifs raccordés au réseau de chaleur urbain et équipés de 2 900 m² de panneaux photovoltaïques.
Autre innovation : deux centrales de mobilité mutualisent stationnement et services, faisant du site un quartier sans voiture, où la marche et le vélo dominent.
Mixité et inclusion complètent l’ambition écologique : logements sociaux, participatifs et en accession cohabitent avec des espaces culturels et solidaires. Héritier des Jeux 2024, le quartier fluvial devient un manifeste d’urbanisme post-carbone, tourné vers la sobriété et la qualité de vie.
Maîtrise d’ouvrage : Plaine Commune / Ville de L’Île-Saint-Denis
Aménageur : Plaine Commune Développement
Urbanistes : Philippon-Kalt / AEU / Inddigo / À vrai dire la ville
MOE espaces publics : INUITS / HBLA
Promoteurs : Quartus – Atland (phase 1) / Pichet-Legendre (phases 2-3)
Surface : 153 000 m² – 2 800 logements – 50 000 m² d’activités
Énergie : réseau de chaleur urbain + 2 900 m² PV
Labels : ÉcoQuartier (étape 3) – Grand Prix de l’Aménagement 2025
3°) BBCA : dix ans d’avant-garde pour un immobilier réellement bas-carbone
Résumé :
Pionnière du calcul carbone appliqué à l’immobilier, l’association BBCA s’impose depuis dix ans comme la référence méthodologique et fédératrice d’une filière engagée dans la neutralité climatique. En 2025, elle a lancé les premiers Grands Prix de l’immobilier bas-carbone, qui distinguent des réalisations concrètes et mesurables, du bâtiment au quartier.
Fondée en 2015 et reconnue d’intérêt général, l’association BBCA (Bâtiment Bas Carbone) a structuré la première méthodologie française d’évaluation des émissions sur l’ensemble du cycle de vie d’une opération : construction, rénovation, exploitation et, désormais, aménagement de quartiers. En dix ans, elle a fédéré plus de 100 acteurs de poids — promoteurs, architectes, investisseurs, collectivités — autour d’un même référentiel scientifique et opérationnel.
Ses labels BBCA – Standard, Performance ou Excellence – permettent aujourd’hui de comparer les bilans carbone de projets très divers, tout en créant une émulation positive dans la filière.
L’année 2025 marque un tournant : avec plus de 2,25 millions de m² engagés ou labellisés (contre 1,55 million en 2024), BBCA affiche une croissance de près de 100 %. Les six opérations primées lors du premier Grand Prix de l’immobilier bas-carbone – du résidentiel Hosta (Altarea) au quartier des Hauts de Nesles (EpaMarne) – incarnent cette maturité collective.
Pour Stanislas Pottier, président de BBCA, « ces prix traduisent l’engagement de toute une filière professionnelle, qui fait du bâtiment bas-carbone un levier majeur d’adaptation climatique ».
En cumul, depuis 2016, plus de 5,7 millions de m² et 760 opérations ont été instruites ou labellisées : un socle tangible pour la décarbonation du secteur immobilier français.
Association : BBCA – Bâtiment Bas Carbone
Création : 2015
Président : Stanislas Pottier
Membres : > 100 acteurs du secteur (promoteurs, investisseurs, collectivités, bureaux d’études, architectes)
Labels : BBCA Neuf, Rénovation, Exploitation, Quartier
Chiffres clés 2025 : 2,25 M m² labellisés (+ 45 %), 760 opérations cumulées, 5,7 M m² instruits
4°) Green Dock, le hub logistique fluvial et bas-carbone de demain
Résumé :
En transformant une friche portuaire de Gennevilliers en plateforme logistique verticale et multimodale, Goodman France préfigure un modèle d’entrepôt bas-carbone conciliant performance, biodiversité et sobriété foncière.
Aux portes de Paris, sur le port de Gennevilliers, Green Dock incarne la mutation bas-carbone du secteur logistique. Lauréat d’un appel à projets lancé par Haropa Port, le projet réinvente l’entrepôt traditionnel en une architecture de quatre niveaux, compacte et autosuffisante en énergie, qui réduit l’empreinte foncière autant que les émissions.
Conçu en béton bas-carbone et bois, assemblé en grande partie hors site et acheminé par voie fluviale, le bâtiment s’étendra sur près de 80 000 m², dont 46 000 m² dédiés au stockage et 35 000 m² à la distribution. Il sera alimenté par une centrale photovoltaïque de 20 000 m² (2,7 MWc) et relié directement à la Seine par un double ponton de transbordement permettant le report modal des marchandises.
Les études menées par l’Université Gustave-Eiffel estiment que Green Dock permettra de réduire d’environ 30 % les émissions de CO₂ par rapport à une chaîne logistique classique. La façade végétalisée et la revégétalisation des berges favoriseront la biodiversité, tandis que la logistique du dernier kilomètre sera assurée par des véhicules zéro émission.
Pensé pour être exemplaire en matière de concertation publique, le projet a intégré de nombreuses évolutions : façade nord révisée, isolation phonique renforcée, toiture biosolaire et charte chantier propre. Première pierre attendue en 2026, mise en service en 2028.
Maître d’ouvrage : Goodman France
Site : Port de Gennevilliers (Hauts-de-Seine)
Surface : 80 000 m² (distribution : 35 000 m², stockage : 46 000 m², bureaux : 11 000 m²)
Énergie : 20 000 m² de panneaux photovoltaïques (2,7 MWc)
Matériaux : béton bas-carbone, bois
Partenaires : Haropa Port, Université Gustave-Eiffel
Objectif carbone : –30 % d’émissions CO₂ vs logistique classique
Mise en service : 2028
5°) Place de la Concorde : réinventer un symbole parisien face au défi climatique
Résumé :
En réintroduisant végétation, continuités paysagères et mobilités douces, la transformation de la place de la Concorde entend conjuguer préservation patrimoniale et adaptation climatique, en réduisant l’empreinte carbone d’un des espaces publics les plus emblématiques de la capitale.
À l’horizon 2030, la place de la Concorde ne sera plus ce vaste socle minéral dominé par la voiture. Le projet lauréat porté par l’architecte Philippe Prost et la paysagiste Anne-Sylvie Bruel propose une « place-jardin » qui redonne à cet espace de sept hectares sa vocation de promenade et de respiration au cœur de Paris. L’objectif est double : réduire l’empreinte carbone de la place et l’adapter à des étés pouvant atteindre 50°C.
La moitié de la surface sera désimperméabilisée, permettant la création de 2,8 hectares d’espaces verts, dont de vastes pelouses accessibles. 131 arbres seront plantés, et les fossés historiques — restitués en « fosses de fraîcheur » — permettront d’abaisser la température ressentie de jusqu’à 8,5°C et de stocker les eaux pluviales lors d’épisodes extrêmes. La circulation automobile sera quant à elle fortement réduite, laissant 66 % de la place aux piétons, complétée par de nouvelles continuités cyclables.
L’opération s’inscrit dans une démarche de sobriété constructive : restauration plutôt que reconstruction, réemploi des pavés existants, et maintien des perspectives historiques dessinées au XVIIIe siècle. Patrimoine et écologie avancent ici ensemble, démontrant qu’une place centrale, classée et symbolique, peut devenir un modèle de transition urbaine bas-carbone.
Maîtrise d’œuvre : Philippe Prost (architecture, urbanisme), Bruel Delmar (paysage)
Surface concernée : 7 ha
Espaces verts créés : 2,8 ha
Arbres plantés : 131
Baisse estimée de température : jusqu’à − 8,5°C
Budget : 38 M€ HT
Calendrier : Travaux 2027–2030
Catégorie Architecture
1°) La « Tour commune » : 50 mètres pour démontrer qu’une construction bas-carbone est possible à grande échelle
Résumé :
En combinant structure bois et béton bas-carbone, performance énergétique, habitat accessible et qualité d’usage, la « Tour commune » démontre la faisabilité d’un bâtiment de grande hauteur conciliant sobriété carbone et ambition sociale.
Implantée dans la ZAC Paris Rive Gauche (13ᵉ), la « Tour commune » sera l’une des premières tours de 50 mètres en structure bois-concrete hybride construites à Paris. Portée par Paris Habitat, l’opération incarne un changement d’échelle dans la construction bas-carbone, tout en répondant à un enjeu social majeur : l’accès au logement étudiant.
Lauréat de l’appel « Immeuble à vivre bois » d’Adivbois et du Puca, le projet associe un noyau béton optimisé à une ossature bois visible dans les espaces intérieurs, et protégée en façade. Le recours au béton bas-carbone, la limitation des quantités de matériaux émissifs et le raccordement au réseau de chaleur urbain permettent d’atteindre les labels NF Habitat HQE, E+C-, Effinergie+ et Bâtiment biosourcé. La végétalisation en toiture et la continuité des espaces partagés favorisent la biodiversité et des usages collectifs de qualité.
La tour accueillera 220 logements étudiants, des salles communes réparties dans les étages, des locaux vélos, deux commerces en pied d’immeuble et un toit-terrasse végétalisé ouvert aux résidents. La structure intègre en outre une réserve pour la future station Bruneseau de la ligne 10, anticipant les mobilités à venir.
Au-delà de l’innovation constructive, le projet défend une idée simple : le logement pour étudiants et jeunes chercheurs doit être abordable, convivial et exemplaire dans ses performances environnementales.
Maîtrise d’ouvrage : Paris Habitat
Architectes : Vincent Lavergne Architecture & Urbanisme ; Atelier WOA
Entreprise travaux : Bouygues Bâtiment Île-de-France
Hauteur : 50 m – 15 étages
Logements : 220 logements étudiants + 1 logement de fonction
Toiture végétalisée : 287 m²
Budget : 39 M€ (Ville de Paris, État, Région, Paris Habitat)
Livraison : 2026
2°) Recygénie, à Gennevilliers : premier bâtiment en béton 100 % recyclé, un tournant pour la construction bas-carbone
Résumé :
En utilisant exclusivement du béton recyclé issu de matériaux de déconstruction et de déchets industriels, la résidence Recygénie démontre la faisabilité d’une filière constructive bas-carbone reproductible, tout en fournissant 76 logements sociaux.
À Gennevilliers, la résidence Recygénie marque une étape déterminante dans la décarbonation de la construction. Livré fin 2024 par Seqens, en partenariat avec Holcim et l’agence A26, le bâtiment est présenté comme le premier au monde réalisé en béton 100 % recyclé. Une innovation structurelle majeure, pensée pour être reproductible à grande échelle.
Le béton utilisé est issu de 11 types de déchets industriels pour le clinker, tandis que les granulats proviennent en partie de la démolition de l’immeuble préexistant, opérée en 2021. L’eau du béton provient des eaux de nettoyage et de pluie, limitant l’usage de ressources vierges. Cette démarche de circuit court réduit les transports et ancre le projet dans l’économie circulaire locale.
Selon l’équipe de maîtrise d’œuvre, le procédé permet d’économiser près de 3 000 tonnes de ressources naturelles par rapport à une construction neuve standard comparable. Il s’inscrit dans les objectifs de la loi Climat et résilience, notamment celui du zéro artificialisation nette, puisque l’opération relève d’une reconstruction sur site déjà urbanisé, sans étalement.
La construction a fait l’objet d’une ATEx (CSTB), garantissant la conformité structurelle et la sécurité incendie. La résidence accueille 76 logements sociaux et participe à la constitution d’un parc abordable bas-carbone, démontrant qu’une innovation technique peut se traduire en bénéfice social concret.
Maîtrise d’ouvrage : Seqens
Partenaire industriel : Holcim
Architecte : A26
Programme : 76 logements sociaux
Matériau : béton 100 % recyclé (granulats + clinker recyclés, eau récupérée)
Ressources naturelles économisées : ~ 3 000 tonnes
Budget : 9 M€
Livraison : Fin 2024 – Gennevilliers (Hauts-de-Seine)
3°) Les Messageries : un quartier post-carbone au cœur de Paris
Résumé :
En transformant une friche ferroviaire de 6 hectares en quartier mixte largement végétalisé, conçu autour d’un parc de 700 mètres et de bâtiments réversibles, les Messageries démontrent comment la sobriété foncière, la biodiversité et la construction bas-carbone peuvent structurer un morceau de ville durable.
Entre la gare de Lyon et Daumesnil, les Messageries réinventent l’ancienne plateforme de tri postal du Charolais, artificialisée depuis plus d’un siècle. Portée par Espaces Ferroviaires (groupe SNCF), l’opération transforme 6 ha de friche en un quartier mixte accueillant 600 logements, 44 000 m² de bureaux, des commerces, une école, une crèche, un espace de logistique urbaine et la réhabilitation de 20 000 m² de patrimoine industriel. L’ensemble se structure autour d’un parc central de 700 mètres, conçu par Michel Desvigne, offrant 3 ha d’espaces publics, dont 1 ha de jardin arboré.
La démarche est exemplaire en matière de sobriété foncière : aucune extension urbaine, mais une reconstruction sur site (100 % Zéro Artificialisation Nette). Les sols sont réouverts à la pleine terre (35 % de surfaces non bâties), renforçant la biodiversité, la perméabilité et la lutte contre l’îlot de chaleur. Le quartier est conçu sans voitures, favorisant mobilités actives et logistique urbaine décarbonée.
L’immeuble pilote Messager, dessiné par Franklin Azzi, illustre cette logique post-carbone : structure poteaux-poutres en bois, façades démontables, réversibilité bureaux/logements, pergola photovoltaïque en toiture et sobriété énergétique (–40 % de consommation par rapport à la moyenne). Le sous-sol accueille 239 places vélos et un espace de logistique, sans parking automobile.
Aménageur : Espaces Ferroviaires (SNCF)
Maîtrise d’œuvre urbaine : Rogers Stirk Harbour + Partners / Atelier Franck Boutté
Paysage : Michel Desvigne Paysagiste
Programme : 600 logements ; 44 000 m² de bureaux ; école ; crèche ; commerces
Espaces publics : 3 ha dont 1 ha de jardin ; parc de 700 m
Matériaux / dispositifs : bois, pierre, façades réversibles, pergola photovoltaïque, logistique urbaine bas-carbone
Livraisons : 2025–2028 (phase 1), puis 2034
4°) « Quartiers de demain » : accélérer la transition bas-carbone au cœur des quartiers prioritaires

La chaufferie des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes, est l’un des dix sites retenus pour la consultation Quartiers de demain. © Lionel Antoni
Résumé :
En mobilisant 30 équipes internationales pour transformer dix quartiers prioritaires, la consultation « Quartiers de demain » fait des QPV des territoires pilotes de la sobriété foncière, du réemploi, de la réhabilitation et du bas-carbone.
Lancée en novembre 2024 à l’initiative du président de la République et portée par le GIP Europe des projets architecturaux et urbains (Epau), la consultation « Quartiers de demain » vise à démontrer que les quartiers prioritaires peuvent devenir des laboratoires de ville durable, conciliant justice sociale et transition bas-carbone. Dix sites représentatifs de la diversité des QPV en France – grands ensembles, quartiers de gare, tissus denses – ont été sélectionnés comme démonstrateurs nationaux.
Pour chacun, trois équipes pluridisciplinaires (30 équipes au total) ont été retenues. Elles travailleront sur place, en concertation avec les habitant·es et les collectivités, pour proposer des projets reposant sur la réhabilitation plutôt que la démolition, la réutilisation des matériaux, la transformation des usages, et la réduction de la dépendance automobile. L’objectif : réduire l’empreinte carbone de l’aménagement tout en améliorant le cadre de vie.
En Île-de-France, deux sites illustrent cette démarche :
– La chaufferie des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes, futur équipement culturel conçu avec une approche frugale et la réhabilitation d’un patrimoine industriel du XXᵉ siècle, cœur d’une nouvelle centralité.
– Le quartier des Templiers, à Coulommiers, où la création d’un pôle éducatif réversible formera une centralité ouverte, conçue selon des logiques de matériaux biosourcés et de réemploi.
Ces projets seront présentés au public à la Cité de l’architecture et du patrimoine en décembre 2025, après une année de conception in situ.
Commanditaire : GIP Epau
Méthode : consultation internationale / 30 équipes / concertation locale
Objectifs clés : réhabilitation, réemploi, frugalité constructive, réduction des émissions, co-conception habitante
Sites franciliens : Tarterêts (Corbeil-Essonnes) ; Templiers (Coulommiers)
Restitution : Exposition à la Cité de l’architecture – décembre 2025
Catégorie Energie
1°) Dans le Mantois, un réseau de chaleur territorial pour 20 000 logements bas-carbone

Benoit Guiblin, directeur Dalkia IDF, Cécile Zammit-Popescu, présidente de GPS&O, Djamel Nedjar, maire de Limay et vice-président de GPS&O délégué au numérique, Yann Perron, maire de Gargenville et vice-président de GPS&O délégué à l’Axe Seine et à l’énergie. © GPS&O
Résumé :
En étendant son réseau de chaleur pour atteindre 92 % d’énergies locales et décarbonées, le Mantois fait de la sobriété énergétique un projet territorial concret, équivalent à 50 000 tonnes de CO₂ évitées chaque année.
À Mantes-la-Jolie, Mantes-la-Ville et Limay (Yvelines), la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O) et Dalkia engagent une transformation énergétique d’ampleur : l’extension du réseau de chaleur Éco-Chaleur du Mantois, qui alimentera à terme 20 000 logements, ainsi que des équipements scolaires, hospitaliers et industriels. L’enjeu est double : décarboner massivement la production de chaleur et garantir une maîtrise des coûts pour les habitants.
Le réseau, long de 54 km une fois déployé, reposera sur un mix énergétique à 92 % décarboné, combinant chaleur de récupération issue de l’unité de valorisation énergétique du Mantois, apports industriels locaux et ressources renouvelables complémentaires. Selon GPS&O, ce modèle territorial permettra d’éviter chaque année 50 000 tonnes de CO₂, soit l’équivalent du retrait de 25 000 voitures de la circulation.
Cette démarche s’inscrit dans une logique de transition énergétique juste : développement d’infrastructures mutualisées, sécurisation des tarifs dans la durée, renforcement des filières locales et autonomie accrue vis-à-vis des énergies fossiles importées. Le déploiement se fera progressivement entre 2026 et 2030, en cohérence avec les plans de rénovation des quartiers et des équipements publics.
À l’échelle du Grand Paris, le Mantois devient ainsi un territoire démonstrateur : celui du bas-carbone accessible, fondé sur l’optimisation du déjà-là et la valorisation des ressources locales.
Maîtrise d’ouvrage : GPS&O
Opérateur : Dalkia
Périmètre : Mantes-la-Jolie, Mantes-la-Ville, Limay
Usagers concernés : 20 000 logements + établissements publics
Mix énergétique : 92 % énergies renouvelables et de récupération
Impact carbone estimé : 50 000 t CO₂ / an évitées
Mise en service : 2026–2030
2°) Porcheville : d’une centrale fioul à un hub énergétique bas-carbone
Résumé :
La transformation du site de Porcheville marque le passage d’une ancienne centrale thermique à un pôle de production d’énergie solaire et de stockage électrique, s’inscrivant dans une stratégie circulaire où 97 % des matériaux issus de la déconstruction sont réemployés ou recyclés.
Sur les rives de la Seine, à Porcheville (Yvelines), l’ancienne centrale au fioul d’EDF, arrêtée en 2017, entre dans une nouvelle phase de son histoire. Sur 117 hectares, ce site industriel majeur, dont les cheminées de 220 mètres ont longtemps signalé l’extrémité ouest de l’Île-de-France, fait l’objet d’un projet de reconversion exemplaire articulant dépollution, réemploi et production d’énergie décarbonée.
Le chantier de déconstruction, mené par le Centre post-exploitation d’EDF, s’appuie sur une démarche d’économie circulaire avancée : 97 % des matériaux issus des bâtiments et des cheminées seront réemployés ou recyclés. Le béton, concassé sur place, servira au remblaiement, limitant les transports et l’usage de ressources vierges. La déconstruction progressive des cheminées, entre 2026 et 2028, puis du bâtiment-usine jusqu’en 2034, s’accompagnera d’une dépollution des sols jusqu’en 2038.
La reconversion énergétique prend la forme du programme Renouvelab : un parc photovoltaïque de 5,5 ha capable de produire l’équivalent de la consommation électrique annuelle de la commune, et un site de stockage par batteries de 200 MW, permettant de soutenir le réseau lors des pics. Ensemble, ces équipements ouvrent la voie à un mix local flexible, durable et compatible avec les contraintes du site.
Porcheville devient ainsi un territoire démonstrateur de la transition énergétique : fermer sans abandonner, transformer sans artificialiser davantage, produire autrement.
Maîtrise d’ouvrage : EDF / EDF Power Solutions
Site : Porcheville (Yvelines) – 117 ha
Réemploi / recyclage : 97 % des matériaux de déconstruction
Nouvelles installations : Parc photovoltaïque (5,5 ha) ; stockage batteries 200 MW
Calendrier : Déconstruction 2026–2034 ; dépollution jusqu’à 2038 ; mises en service fin 2027
Bénéfices attendus : production locale d’énergie décarbonée ; réduction des émissions liées aux matériaux et aux transports ; maintien de l’usage industriel sans artificialisation supplémentaire
3°) Rock en Seine : un festival branché à l’énergie bas-carbone
Résumé :
En remplaçant les groupes électrogènes par un raccordement électrique pérenne et en valorisant ses biodéchets en gaz vert, Rock en Seine devient un démonstrateur de réduction des émissions dans l’événementiel culturel.
Au domaine national de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), l’édition 2025 de Rock en Seine marque une étape importante dans la décarbonation des grands événements culturels. Désormais, 80 % de l’alimentation électrique du festival est assurée par le réseau public grâce à une armoire HTA installée par Enedis, raccordée directement depuis le domaine public. Jusqu’alors, l’événement reposait essentiellement sur des groupes électrogènes fonctionnant au diesel. Ce nouveau dispositif, pensé comme un équipement pérenne, permettra dès les prochaines années de raccorder en quelques heures d’autres manifestations culturelles organisées sur le site.
Les gains carbone sont significatifs : remplacer les groupes électrogènes par une alimentation réseau réduit de 90 % les émissions de CO₂ liées à la consommation électrique du festival. Ce choix améliore également la sécurité d’alimentation, grâce à une configuration en double dérivation permettant une bascule automatique en cas d’incident.
Parallèlement, GRDF et le Sigeif expérimentent une filière locale de valorisation des biodéchets. Les déchets alimentaires collectés sur place sont acheminés vers l’unité de méthanisation de Semardel, qui les transforme en biogaz injecté dans le réseau et en digestat utilisable comme fertilisant. Cette démarche contribue à structurer une filière métropolitaine du gaz vert, fondée sur le principe du cycle court.
Rock en Seine devient ainsi un exemple reproductible de transition énergétique dans l’événementiel, conciliant sobriété, réduction d’empreinte carbone et sensibilisation des publics.
Acteurs : Enedis (raccordement HTA), GRDF & Sigeif (valorisation des biodéchets), Semardel (méthanisation)
Énergie : 80 % d’alimentation électrique par réseau (objectif 100 % en 2026)
Réduction d’émissions : – 90 % de CO₂ (vs groupes électrogènes)
Valorisation biodéchets : méthanisation → gaz vert injecté dans réseau GRDF
4°) À Gennevilliers, le biométhane local au service de la transition métropolitaine
Résumé :
La future unité de méthanisation du port de Gennevilliers transformera 50 000 tonnes de biodéchets par an en gaz vert, injecté localement, réduisant les émissions liées au transport des déchets et renforçant la souveraineté énergétique du Grand Paris.
Sur le port de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), le Syctom et le Sigeif portent la construction de ce qui deviendra, d’ici 2027, la plus grande unité française de méthanisation de biodéchets ménagers. Confié à Paprec dans le cadre d’une délégation de service public, le site traitera 50 000 tonnes de biodéchets alimentaires par an, issus des collectes sélectives déployées dans la métropole. Il produira 30 000 MWh/an de biométhane, dont 25 000 MWh seront injectés directement dans le réseau de distribution géré par GRDF.
Ce projet répond à deux enjeux structurants : réduire la part des biodéchets dans les ordures résiduelles (qui représente encore 30 à 40 % du contenu des poubelles), et accroître la production locale d’énergie renouvelable, dans la perspective de l’objectif national de 20 % de gaz vert en 2030. Il contribue également à limiter l’empreinte carbone du transport, grâce à l’évacuation fluviale du digestat vers les terres agricoles voisines.
Une attention particulière a été portée à l’intégration urbaine et sanitaire : le procédé de méthanisation est associé à un traitement d’air en triple filtration (lavage, biofiltration, charbon actif) garantissant l’absence de nuisances olfactives. Le port, premier nœud logistique fluvial de France, offre en outre une localisation idéale pour optimiser les flux et mutualiser les réseaux.
Avec 53 M€ mobilisés, l’unité constitue un équipement métropolitain stratégique, alliant économie circulaire, sobriété foncière et transition énergétique territoriale.
Maîtrise d’ouvrage : Syctom & Sigeif
Opérateur : Paprec (DSP)
Production : 30 000 MWh/an dont 25 000 MWh injectés GRDF
Capacité de traitement : 50 000 t/an de biodéchets
Logistique : évacuation fluviale du digestat
Traitement air : triple filtration anti-odeurs
Investissement : 53 M€
Mise en service : 2027
5°) Saint-Germain-Laxis : transformer un délaissé autoroutier en production solaire locale

La centrale photovoltaïque de Saint-Germain-Laxis aura une capacité de production de 5,8 GWh/an, soit l’équivalent de la consommation électrique (hors chauffage) de 3 718 habitants. © TotalEnergies
Résumé :
La reconversion d’un délaissé autoroutier de l’A5 en centrale photovoltaïque de 5 MWc illustre une démarche bas-carbone exemplaire : réemploi foncier, production d’énergie locale et contribution directe au plan solaire francilien.
À Saint-Germain-Laxis (Seine-et-Marne), un terrain résiduel en bordure de l’A5 change de vocation : propriété du groupe APRR, ce délaissé autoroutier de 5,35 ha accueille désormais une centrale photovoltaïque développée et exploitée par TotalEnergies et Altergie. La mise en service, prévue à l’automne 2025, marque la conversion d’une parcelle artificialisée — sans conflit d’usages ni pression sur le foncier agricole — en site de production d’énergie renouvelable.
La centrale, équipée de 8 600 modules, affiche une puissance de 5 MWc et une production annuelle estimée à 5,8 GWh, soit la consommation électrique (hors chauffage) de 3 700 habitants. Elle permettra d’éviter environ 182 t de CO₂ par an, tout en contribuant à l’objectif régional d’atteindre 6 GW de solaire en 2030 (contre 435 MW installés actuellement).
Le projet s’accompagne d’un travail d’intégration paysagère — bardage anti-éblouissement, haies plantées en lisière — et d’une gestion écologique du site via l’éco-pâturage. Il illustre une stratégie d’optimisation foncière : valoriser les « dents creuses » autoroutières plutôt que consommer de nouveaux sols.
En Seine-et-Marne, territoire énergétiquement dépendant, cette infrastructure constitue un signal concret d’ancrage local de la transition, conciliant production renouvelable, sobriété foncière et acceptabilité.
Maître d’ouvrage foncier : APRR
Développement & exploitation : TotalEnergies / Altergie
Travaux VRD & électricité : Eiffage
Surface : 5,35 ha
Puissance : 5 MWc
Production annuelle : 5,8 GWh
Émissions évitées : ≈ 182 tCO₂/an
Investissement : 3,8 M€
Mise en service : 2025
Catégorie Collectivités territoriales
1°) Gentilly : vers un boulevard urbain apaisé
Résumé :
La transformation du périphérique en boulevard urbain avenue Paul-Vaillant Couturier au niveau de Gentilly illustre la capacité des collectivités à repenser une infrastructure carbonée en un espace plus respirable, moins émetteur et mieux intégré à la ville.
À Gentilly, le périphérique incarne depuis des décennies une frontière urbaine, sonore et atmosphérique. La démarche engagée par la Ville de Paris, le Val-de-Marne, Grand-Orly Seine Bièvre et la commune vise à le transformer progressivement en boulevard urbain apaisé, en réduisant son impact carbone et en reconnectant les quartiers situés de part et d’autre de l’infrastructure. Présentés par l’Apur, trois scénarios de transformation dessinent une trajectoire graduelle et réaliste.
Le premier scénario améliore les continuités piétonnes et cyclables, introduit du végétal et requalifie des espaces publics adjacents. Le second propose de réaffecter une voie existante à la desserte locale, permettant d’élargir les trottoirs et d’implanter un linéaire arboré continu. Le troisième, plus ambitieux, reconfigure entièrement les abords en déplaçant le mur antibruit, libérant l’espace pour créer un véritable boulevard urbain planté, traversable et habité.
Outre l’amélioration du cadre de vie, l’enjeu est également climatique. La réduction de la vitesse à 50 km/h, déjà effective, a diminué les émissions, le bruit et les accidents. La transformation structurelle à venir permettra de réduire durablement la dépendance automobile, de favoriser les mobilités décarbonées et de reconstituer des espaces ombragés, limitant les effets d’îlot de chaleur.
Plus qu’un projet routier, il s’agit d’une recomposition métropolitaine : réparer une fracture, reconnecter des centralités, redonner priorité aux usages urbains quotidiens.
Porteurs : Ville de Paris ; Département du Val-de-Marne ; EPT Grand-Orly Seine Bièvre ; Ville de Gentilly
Conception urbaine : Atelier parisien d’urbanisme (Apur)
Effets carbone : réduction des émissions liée à la baisse des vitesses et au report modal (objectif : diminution structurelle du trafic)
Bénéfices attendus : baisse du bruit, amélioration de la qualité de l’air, continuités piétonnes/cyclables, requalification paysagère, réduction îlots de chaleur
2°) Paris : une décennie de baisse inédite de la pollution de l’air
Résumé :
En dix ans, Paris a réduit significativement ses émissions liées au trafic routier grâce à la modernisation du parc, la baisse du trafic et le développement des mobilités décarbonées, démontrant l’efficacité d’une stratégie intégrée d’amélioration de la qualité de l’air.
Entre 2012 et 2022, Paris a connu une amélioration majeure de la qualité de l’air, documentée par une étude d’Airparif menée avec la Ville. Les résultats sont nets : –35 % d’émissions de CO₂, –40 % de dioxyde d’azote (NO₂), –28 % de particules fines (PM2.5). Cette évolution repose sur trois leviers principaux : modernisation du parc automobile, réduction du trafic routier et diminution des émissions du chauffage urbain.
La Zone à faibles émissions, mise en place en 2017, a accéléré le renouvellement du parc : en 2012, 27 % des kilomètres étaient parcourus par des véhicules classés Crit’Air 2 ou mieux ; en 2022, ce taux atteint 83 %. Parallèlement, le trafic a diminué de 34 % dans Paris intra-muros et de 7 % sur le périphérique, sous l’effet combiné du développement des mobilités douces, de la requalification de l’espace public et du changement des pratiques.
Les bénéfices sanitaires sont mesurables. Selon l’Observatoire régional de santé, la baisse de l’exposition chronique aux polluants a permis une réduction de 42,9 % des décès attribuables à la pollution et un gain moyen de 10 mois d’espérance de vie. Les économies de santé associées sont évaluées à 2,5 milliards d’euros en 2024.
Des défis demeurent : les concentrations d’ozone stagnent et les futures normes européennes de 2030 imposeront de poursuivre les efforts. Cette décennie prouve toutefois qu’une politique publique structurée peut produire des effets rapides et massifs sur la santé et le climat.
Porteurs : Ville de Paris ; Airparif ; Région Île-de-France (évaluation santé)
Leviers clés : ZFE, renouvellement du parc, baisse du trafic, isolation et renouvellement des chauffages
Résultats : –35 % CO₂ ; –40 % NO₂ ; –28 % PM2.5 (2012–2022)
Impact sanitaire : –42,9 % de décès attribuables ; +10 mois d’espérance de vie
Défis à venir : normes UE 2030 ; lutte contre l’ozone ; poursuite du report modal
3°) Un observatoire pour maîtriser l’empreinte des datacenters en Île-de-France
Le Digital Park de Digital Realty à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). © Jgp
Résumé :
L’Institut Paris Region a lancé un observatoire des datacenters afin de mieux connaître ces infrastructures énergivores, orienter les implantations futures, et accompagner leur décarbonation, dans un secteur en pleine expansion.
Les datacenters, infrastructures essentielles au cloud, aux plateformes numériques et à l’intelligence artificielle, représentent un enjeu énergétique et territorial majeur pour l’Île-de-France. Région qui regroupe près d’un tiers des centres de données français, avec plus de 160 datacenters répartis sur 109 sites, elle voit leur nombre croître rapidement et leur implantation s’étendre du cœur métropolitain vers les franges et la grande couronne.
Pour éclairer ces dynamiques et permettre une stratégie publique de maîtrise, l’Institut Paris Region a créé un Observatoire des datacenters. Fondé sur une base de données amorcée en 2017, cet outil cartographie les sites, qualifie leurs caractéristiques (puissance électrique, surfaces, nature du foncier, insertion urbaine) et documente l’évolution des acteurs et des modèles économiques.
En offrant une vision fine de l’empreinte territoriale et énergétique, l’observatoire permet de mieux anticiper les besoins en infrastructures électriques, d’identifier les opportunités de valorisation des chaleurs fatales, et de soutenir l’implantation de centres plus sobres (cooling optimisé, récupération de chaleur, couplages avec réseaux urbains). Il constitue ainsi un levier opérationnel pour les collectivités, les opérateurs et les aménageurs face à un secteur où la demande de calcul s’accroît, notamment sous l’effet de l’IA.
En Essonne, territoire stratégique autour de Paris-Saclay, l’observatoire met notamment en évidence l’essor de campus de grande capacité, comme celui de Data4 à Marcoussis, et pose les conditions de leur intégration énergétique et foncière.
Porteur : Institut Paris Region
Partenaires / utilisateurs : Régions, intercommunalités, opérateurs de datacenters, RTE, GRDF, Enedis, aménageurs
Chiffres clés : 160+ datacenters sur 109 sites ; forte croissance en grande couronne, Essonne en tête (44 sites)
Objectifs : connaissance territoriale, planification énergétique, intégration urbaine, valorisation de chaleur, sobriété numérique
4°) Le Sdrif-E : un cap régional assumé pour la transition bas-carbone
Résumé :
Le Sdrif-E fixe une trajectoire régionale de sobriété foncière, de résilience climatique et de transition énergétique, engageant l’ensemble des territoires franciliens dans la réduction de l’empreinte carbone de l’aménagement urbain.
Entré en vigueur en juin 2025, le Schéma directeur de la région Île-de-France environnemental (Sdrif-E) constitue désormais le cadre de référence des politiques d’urbanisme à l’horizon 2040. Élaboré par la Région après plusieurs années de concertation, il répond à l’objectif national de zéro artificialisation nette en 2050, dans un territoire où la pression foncière et la densité sont parmi les plus fortes d’Europe.
La clé de voûte du schéma repose sur une réduction drastique de la consommation d’espace : la capacité d’extension urbaine est limitée à 4 984 ha, soit trois fois moins que dans le précédent schéma. L’artificialisation annuelle devra passer de 775 ha à 495 ha dès la première décennie, avant de tendre vers zéro. Plus de 50 % du territoire régional est ainsi consolidé comme espace naturel, agricole ou forestier.
Cette trajectoire environnementale s’articule avec la décarbonation des mobilités (appui aux pôles du Grand Paris Express), la densification maîtrisée autour des centralités, et la relocalisation de l’emploi, afin de réduire les distances domicile-travail.
Le Sdrif-E assume également un pilotage régional renforcé, avec des indicateurs de suivi et une évaluation intermédiaire prévue en 2032. S’il suscite débats, notamment sur l’équilibre entre contraintes et capacités de production de logements, il marque une inflection nette : l’aménagement francilien s’inscrit désormais dans un cadre environnemental prescriptif, assumé et structurant.
Porteur : Région Île-de-France
Pilotage : Jean-Philippe Dugoin-Clément, vice-président chargé de l’aménagement durable
Portée juridique : Document opposable aux SCoT, PLUi et cartes communales
Objectifs clés : –36 % de consommation foncière dès 2030
Zéro artificialisation nette en 2050
Protection de > 50 % du territoire en ENAF
Densification ciblée autour des réseaux de transport
5°) « Défis parisiens » : faire de la ville un laboratoire bas-carbone à ciel ouvert
Résumé :
En soutenant l’expérimentation de solutions d’innovation environnementale sur l’espace public, Paris&Co et la Ville de Paris accélèrent l’émergence de technologies, services et usages bas-carbone directement testables dans des situations réelles.
Lancé au printemps 2025, l’appel à projets « Défis parisiens », porté par Paris&Co avec le soutien de la Ville de Paris et de la Métropole, vise à expérimenter des solutions innovantes in situ, dans l’espace public ou au sein des équipements municipaux. L’objectif : réduire l’empreinte carbone de la ville en soutenant des initiatives rapidement activables, réplicables et évaluables.
Cinq lauréats ont été sélectionnés en juin 2025, dans cinq domaines clés :
– Sobriété énergétique des chantiers : PESS déploiera des batteries de seconde vie rechargées au solaire pour remplacer les groupes électrogènes diesel sur les chantiers urbains.
– Optimisation du chauffage collectif : Kaloritech expérimentera des systèmes thermiques passifs pour réduire les consommations dans le parc social parisien.
– Sobriété hydrique : Fatalzi testera des dispositifs low-tech de récupération et d’usage de l’eau de pluie dans des piscines, équipements sportifs et lieux ouverts au public.
– Accessibilité universelle : Handivisible déploie un système permettant aux personnes en situation de handicap invisible de signaler leur présence dans les files d’attente.
– Intensification des usages sportifs : Kiomda permettra, via un outil de comptage intelligent, de mutualiser et optimiser les créneaux d’équipements sportifs très sollicités.
Ces expérimentations, accompagnées pendant huit mois, doivent produire des preuves d’impact, condition de leur potentiel déploiement à l’échelle métropolitaine. Elles illustrent une méthode : tester en réel, mesurer, adapter, diffuser — dans une logique de ville bas-carbone et inclusive.
Porteurs : Paris&Co ; Ville de Paris ; Métropole du Grand Paris
Durée d’incubation : juillet 2025 – février 2026
Domaines ciblés : énergie, eau, accessibilité, sport, chantiers bas-carbone
Méthode : expérimentation en conditions réelles, évaluation d’impact, réplicabilité















