Quatre ans après le lancement d’un premier appel à manifestation d’intérêt inédit, Grand Paris aménagement (GPA) actualise son dispositif de préqualification des promoteurs immobiliers pour la période 2027-2030. Une démarche simplifiée, construite avec les fédérations professionnelles, qui tire les leçons d’un bilan jugé positif : le nombre de partenaires de l’aménageur a plus que doublé.
Arnaud Cursente, le nouveau directeur général de Grand Paris aménagement, dont les participants du Mipim qui ne le connaissaient pas ont pu découvrir la personnalité, alliage de bonhomie et de pragmatisme, avait affirmé dès sa prise de poste s’inscrire dans la continuité de ses illustres prédécesseurs à la tête du plus grand aménageur francilien. Il vient d’en fournir la preuve en annonçant, à la veille du marché international de la promotion immobilière, la relance de la grande opération de pré-référencement des promoteurs, un des marqueurs du mandat de son prédécesseur Stéphan de Faÿ, désormais à la tête du comité de suivi de la réorganisation immobilière du ministère de la Justice.

Jean-Philippe Dugoin-Clément et Arnaud Cursente, respectivement président et directeur général de Grand Paris aménagement. © Jgp
Lancé officiellement le 9 mars 2026, ce nouvel appel à manifestation d’intérêt (AMI) s’inscrit donc dans la continuité d’une démarche initiée en 2021, première du genre dans le paysage des aménageurs publics franciliens.
Son objectif demeure inchangé : préqualifier en amont les opérateurs susceptibles d’être consultés, afin d’éviter de « repartir de zéro » à chaque appel d’offres et de réduire les délais et coûts de réponse pour les promoteurs comme pour l’aménageur. À son issue, GPA consultera de trois à cinq opérateurs selon les besoins de chaque site, en concertation avec les collectivités concernées.
« Le principe de pré-référencement a permis de multiplier par quatre le nombre d’opérateurs consultés, et par deux ceux retenus en l’espace de trois années », résume Arnaud Cursente. Il souligne également « une diminution de plusieurs mois des délais nécessaires à la mise au point des projets immobiliers » grâce aux consultations simplifiées permises par le référencement.
Ce qui change dans la nouvelle édition
L’édition 2026 tire les enseignements de la première. Le questionnaire est allégé de moitié, et la plateforme de réponse a été rendue plus ergonomique. La démarche a par ailleurs été co-construite avec la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) et la Fédération française du bâtiment (FFB). « Dans un contexte de crise du logement, cette nouvelle étape doit nous permettre de participer à l’effort de production de logements en continuant à répondre aux exigences légitimes de qualité des collectivités franciliennes », souligne Jean-Philippe Dugoin-Clément, président de GPA. L’accent est mis davantage sur la solidité financière des candidats, dans un contexte de crise immobilière ayant fragilisé de nombreux opérateurs et conduit certains à cesser leurs activités.

Présentation des premiers enseignements de l’AMI de référencement des promoteur sur le stand de Grand Paris aménagement, mercredi 15 mars 2022, dans la tente Grand Paris du Mipim. © Jgp
Les critères d’éligibilité restent exigeants : il faut justifier d’une expérience sur des lots de plus de 1 500 m² de surface de plancher, et avoir livré en moyenne au moins 4 500 m² par an sur les trois dernières années. Les résultats ne donneront lieu à aucun classement, mais à une cartographie multicritères des profils – expertises, zones géographiques, marchés, niveaux d’exigences environnementales – permettant à GPA de sélectionner le partenaire le plus adapté à chaque opération.
La démarche intègre également un volet copromotion : GPA vise désormais 500 logements par an réalisés dans ce cadre partenarial, et l’AMI précise les conditions d’intervention correspondantes. En matière de production, entre l’été 2024 et l’été 2025, GPA et ses filiales ont déposé des permis de construire correspondant à près de 5 500 logements.
Le premier AMI, dont les résultats avaient été dévoilés en octobre 2022, avait suscité une affluence record : 174 opérateurs avaient répondu à un questionnaire de 140 questions fermées. L’ambition affichée dès le départ par Stéphan de Faÿ, alors directeur général de GPA, était explicite : « Notre taille nous oblige à assurer un rôle exemplaire. Sinon, qui d’autre le fera ? » Il s’agissait, au-delà de la présélection des opérateurs, de définir un socle d’exigences commun à l’ensemble des projets de l’établissement, et de « donner de la lisibilité aux acteurs de la filière pour influencer la façon de construire et d’aménager ».
Quatre ans plus tard, 103 des 174 opérateurs référencés ont été consultés, 52 ont été lauréats au moins une fois, contre environ 25 partenaires récurrents auparavant, fait valoir l’aménageur. Surtout, 50 % des opérateurs consultés n’avaient pas travaillé avec GPA dans les sept années précédentes.
Les candidatures sont à soumettre jusqu’au 24 mars 2026 à l’adresse ami2026@grandparisamenagement.fr, les dossiers devant être renseignés en ligne jusqu’au 24 juin. Les résultats seront annoncés à l’automne 2026, pour une mise en œuvre à partir de janvier 2027.
Les bailleurs sociaux, bailleurs intermédiaires et foncières privées ne sont pas concernés par cette actualisation de l’AMI. Les cessions de charges foncières et les ventes en état futur d’achèvement (VEFA) à ces opérateurs étant en général réalisées de gré à gré, sans mise en concurrence formelle, GPA a fait le choix de les exclure du périmètre de cet appel à manifestation d’intérêt. L’établissement indique toutefois « étudier actuellement la pertinence et la possibilité d’engager ultérieurement une démarche de référencement » spécifique à ces acteurs, « afin de mieux appréhender leurs stratégies d’investissement et leurs modalités d’intervention sur les différentes classes d’actifs ».
La Société des grands projets associée la démarche
La très discrète Société des grands projets (SGP) pourra, comme lors de sa première édition, bénéficier des résultats de l’enquête, apprend-on auprès de GPA. Les candidats à cet appel à projets pourront donc également, s’ils ont donné autorisation de communication de leurs réponses à la SGP, être appelés à concourir en vue de la cession de charges foncières de l’opérateur d’Etat et de ses opérations de copromotion.