L’essentiel de la semaine du 26 octobre 2026 en quelques clics

Une aide « rapide et simple » : c’est la promesse faite aux commerçants franciliens touchés par les violences en marge des manifestations des 17 et 18 octobre. Mardi 27 octobre, la Région, la CCI et la Chambre de métiers ont détaillé leur dispositif : 5 000 euros forfaitaires de la Région pour les premières réparations, jusqu’à 2 000 euros pour financer à moitié des équipements de sécurité, et 1 500 euros de chacune des deux chambres. Mercredi 28, la Ville de Paris a ajouté 2 500 euros forfaitaires, portant le total à 11 000 euros.

La cession du site Renault-Alpine de Viry-Châtillon, annoncé la semaine dernière, a suscité de vive réactions à Grand-Orly Seine Bièvre (GOSB). La présidente de l’établissement public territorial, Méhadée Bernard, a dénoncé une « méthode inacceptable », reprochant au groupe de ne pas avoir informé le comité de suivi présidé par la préfecture de l’Essonne. Sur le front du logement, le maire de Saint-Denis et président de Plaine Commune, Bally Bagayoko, a réuni les bailleurs sociaux, les élus et les services de l’État pour la toute première Conférence intercommunale des bailleurs du territoire.

Les collectivités locales et les chambres consulaires au chevet des commerçants sinistrés © Jgp

Dans le 14e arrondissement de Paris, le projet du quartier Saint-Vincent-de-Paul franchit une nouvelle étape : le promoteur Ogic s’apprête en effet à lancer les travaux du programme « Façade Denfert », qui prévoit une centaine de logements, des commerces et des équipements culturels dans un nouvel immeuble ainsi que dans deux bâtiments réhabilités. Du côté du 5e arrondissement, la maire Horizons Florence Berthout a lancé le Labo des saveurs : installée dans les locaux de la caisse des écoles, face au Panthéon, cette cuisine pédagogique entend sensibiliser au bien-manger aussi bien les écoliers que les cantinières, les étudiants précaires et les aidants. Le projet s’inscrit dans une politique d’approvisionnement en circuits courts défendue par la mairie.

Enfin, l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) a publié un atlas inédit de la fréquentation piétonne de la capitale. À partir de données de géolocalisation, l’étude cartographie les rues, places et parvis les plus fréquentés, analyse les variations saisonnières et identifie les trottoirs étroits soumis aux flux les plus importants. Un outil pour mieux comprendre les usages de l’espace public et éclairer les choix d’aménagement de la capitale.

Thermo-sur-Seine : l’impossible concertation

La dernière réunion publique de la première phase de concertation menée autour du projet de chaufferie au combustible solide de récupération (CSR) de Vitry-sur-Seine, qui s’est tenue jeudi 29 octobre en mairie de Vitry, a dû être interrompue avant son terme. Les nombreux opposants présents ont d’abord obtenu, à force de sifflets et de slogans bruyants couvrant les prises de parole en tribune, que les représentants des associations locales s’expriment en premier, avant le rappel descriptif du projet prévu. Puis, une fois que les associations ont redit leurs griefs contre cette infrastructure, ils ont empêché, en la couvrant d’un « On n’en veut pas » répété en boucle, l’intervention d’Antoine du Souich, représentant du secrétariat général de la Ville de Paris. Résultat, la réunion a dû être interrompue. « J’étais venue pour m’informer du projet. Je suis déçue de cette fin qui ne me permet pas de me faire un avis », confiait une Vitriote.

Les associations – Acid Vitry, FNE, collectif 3R – ont décliné trois griefs principaux, qui s’ajoutent à leur conviction que la chaufferie émettra des polluants à des niveaux préjudiciables pour la santé des riverains, alors que les porteurs de projet réaffirment à chaque réunion, quand ils peuvent s’exprimer, que Thermo-sur-Seine réduit considérablement les niveaux de pollution par rapport aux émissions des unités existantes, dans lesquelles la vapeur est produite avec du gaz fossile.

Dès le début de la réunion, les opposants ont exigé que les représentants des associations opposées au projet s’expriment les premiers. © Jgp

« On n’en veut pas », ont scandé de nombreux participants, opposés au projet de Thermo-sur-Seine. © Jgp

Antoine du Souich, du secrétariat général de la Ville de Paris, dont les propos sont couverts par le vacarme des opposants. © Jgp

Amélie Boespflug, coprésidente du collectif 3R. © Jgp

© Jgp

Parmi les arguments repris jeudi 29 octobre par les opposants au projet figure d’abord le calendrier de la concertation. La loi impose une concertation « lorsque toutes les options sont encore possibles », a rappelé Amélie Boespflug, coprésidente du collectif 3R, avant de dérouler la chronologie : offre d’achat du terrain par Paris le 31 janvier 2025, délibération de juillet 2025 ouvrant la voie à une expropriation, concession attribuée à Dalkia, Eiffage et RATP Solutions Ville le 19 décembre 2025, saisine de la CNDP en janvier 2026, contrat signé le 10 avril, pour une concertation ouverte le 1er septembre. « La procédure arrive bien après que toutes les décisions administratives ont été prises, elle devrait être caduque », a lancé la porte-parole du collectif 3R. Carine Petit, présidente de la Semop, et Alice Timsit, adjointe à la maire de Paris, n’ont jamais dit si le projet pouvait être annulé, ont ajouté les opposants, qui déplorent de ne pas avoir obtenu l’offre du concessionnaire malgré un avis favorable de la Cada du 8 octobre.

La ressource ensuite. Le CSR, refus de tri d’encombrants et de déchets d’activités, suppose des usines de préparation – tri, séchage, broyage – qui n’existent pas encore en Île-de-France en quantité suffisante pour alimenter la future chaufferie de Vitry, a-t-il été affirmé. Le bois B, nécessaire à hauteur de 50 % pour qualifier le combustible de biogénique, connaîtra une concurrence « très forte entre 2035 et 2050 », la période d’exploitation prévue, ont également fait valoir les opposants au projet, qui redoutent un repli sur les granulés de bois, dont le prix doit grimper de 38 % l’an prochain.

Le prix enfin. La baisse promise à 69 % des usagers compare, selon eux, le gaz d’aujourd’hui à un CSR payé cinq euros la tonne « parce que personne ne l’utilise actuellement », sans intégrer le transport ni la taxe carbone européenne, dont l’exonération doit s’éteindre après 2031. Le journal du Grand Paris a présenté récemment une synthèse des arguments des opposants et des réponses des promoteurs du projet.

300 scientifiques somment l’OMS de reconnaître les effets du changement climatique sur la santé

Le rapport annuel du Lancet Countdown, qui évalue les conséquences de la crise climatique sur la santé humaine, porte un message fort à destination de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les scientifiques demandent notamment à l’agence spécialisée de l’ONU de reconnaître le changement climatique comme une « urgence sanitaire mondiale », chiffres à l’appui. 

Alors que la COP31 doit se tenir du 9 au 20 novembre prochain à Antalaya en Turquie, plusieurs centaines de chercheurs issus de divers laboratoires à travers le monde, soulignent l’aggravation des effets sanitaires provoqués par le réchauffement climatique d’origine anthropique. A l’échelle mondiale, la chaleur a causé en moyenne 540 800 décès par an entre 2016 et 2023, dont 68,4 % attribuables au changement climatique. L’année 2023 marque un record avec 710 000 morts.

Malgré les efforts fournis, un besoin d’accélérer les transitions

Le rapport reconnaît certains progrès : les énergies renouvelables sont passées de 5,5 % à 13,5 % de l’électricité mondiale entre 2016 et 2023, et l’investissement dans les énergies propres a atteint 2 100 milliards de dollars en 2025, soit 82 % de plus que les énergies fossiles. On estime que cette transition a permis d’éviter 400 000 décès en 2023. 

 Alors que la COP31 doit se tenir du 9 au 20 novembre prochain à Antalaya en Turquie, plusieurs centaines de chercheurs issus de divers laboratoires à travers le monde, soulignent l’aggravation des effets sanitaires provoqués par le réchauffement climatique d’origine anthropique. © DR

Mais ces efforts restent insuffisants et l’adaptation traîne le pas. En 2025, 75,8 % des États membres de l’OMS n’avaient pas réalisé d’évaluation de vulnérabilité sanitaire depuis 2020, et 71,1 % n’avaient pas de plan national d’adaptation pour la santé. En parallèle, le désengagement progressif des Etats-Unis, qui ont quitté l’accord de Paris et l’OMS en 2025, puis abrogé en février 2026 la base juridique de leur réglementation climatique, laisse envisager des difficultés accrues en termes de coopération pour les années à venir. 

Le rapport ne manque pas de souligner l’insuffisance du portage politique, notamment sur les sujets de décarbonation : les énergies fossiles fournissent encore 80,7 % de l’énergie mondiale alors même que la pollution de l’air qu’elles génèrent provoque 2,78 millions de décès évitables par an. Les subventions nettes aux fossiles ont quant à elles atteint plus de 800 milliards de dollars en 2024 dans 87 pays. 

Des effets sanitaires concrets qui plombe l’économie mondiale

Au-delà d’atteindre directement le bien-être et l’état de santé des populations, les conséquences sanitaires du réchauffement climatique représentent un poids considérable pour l’activité économique mondiale. « Le sommet de l’iceberg, ce sont les morts et les hospitalisations, mais la plus grosse partie, ce sont les autres impacts sur la santé humaine, les conséquences économiques, par exemple, en 2025, la chaleur a coûté plus de 1 000 milliards de dollars de pertes de revenus à l’économie mondiale, soit 9 % de la production économique mondiale », déclare Ollie Jay de l’université de Sydney (Australie). 

De la même manière, le rapport estime que la chaleur a fait perdre 573 milliards d’heures de travail potentielles en 2025. Les pays à faible développement humain y voient un manque à gagner de 5,0 % de leur PIB, contre 0,5 % pour les plus riches. Enfin, les événements météorologiques extrêmes représentent un coût colossal qui est amené à se renforcer dans les années à venir : en 2025, il s’agit de 156 milliards de dollars. Une équation financière qui devrait pousser les responsables politiques à accélérer l’adaptation des territoires au changement climatique. 

Reconnaître l’urgence sanitaire pour aligner la gouvernance internationale

Face à l’accélération des effets sanitaires du réchauffement climatique, le rapport demande à l’ONU de reconnaître le changement climatique comme « urgence sanitaire mondiale ». Cet engagement permettrait notamment d’imiter le mode d’action à l’encontre des pandémies mondiales. « Un exemple similaire est celui de l’urgence de santé publique de portée internationale, un mécanisme de l’OMS conçu pour répondre de manière ciblée à des urgences sanitaires à court terme, telles que les pandémies », explique Marina Romanello de l’University College de Londres, coordinatrice des travaux du Lancet Countdown. Grâce à un nouvel instrument de l’OMS, il s’agirait donc d’aligner la gouvernance internationale sur cet enjeu, de placer la santé au cœur de l’action climatique, de créer un bien commun mondial de données et d’augmenter les financements pour appuyer l’accélération. 

Accélérer la transition écologique et la décarbonation des territoires, c’est justement l’objet des Assises du grand Paris 2026, événement du journal qui se tiendra le mardi 10 novembre à la maison de la RATP. Le rapport Lancet Countdown pointe la responsabilité des médias dans la couverture de ces sujets, ce à quoi Le journal du Grand Paris accorde une importance fondamentale.

Paris ajoute 3 millions d’euros au fonds d’urgence pour les commerçants

Après la Région et les chambres de commerce et de métiers, la Ville de Paris a annoncé mercredi 28 octobre ses mesures d’aide aux commerces touchés par les violences urbaines qui ont émaillé les manifestations des 17 et 18 octobre derniers.

Le financement complémentaire de la Ville de Paris permettra de mobiliser, pour chaque commerçant concerné, une aide forfaitaire de 2 500 euros, qui viendra s’ajouter aux aides de la Région et de la CCI, le total des aides pouvant ainsi atteindre 11 000 euros, indique la municipalité parisienne.

La Ville s’engage ainsi à venir rapidement en aide aux commerçants, sous la forme d’une subvention permettant de réparer les dégâts et de remplacer les équipements endommagés, sans avoir à attendre les indemnisations des assurances. Afin de faciliter les démarches, un seul dossier, déposé auprès de la CCI, sera nécessaire pour obtenir ces aides.

Des aides saluées

« Par cette contribution, la Ville de Paris poursuit sa mobilisation en faveur de la reconstruction et de la reprise d’activité rapide de tous les commerces parisiens ayant subi des dégradations et des pillages et qui font vivre quotidiennement Paris, son économie et ses quartiers », indique la municipalité.

Du côté des commerçants, on salue ces aides non remboursables, nettement préférées aux prêts, fussent-ils à taux zéro. Mais une fois les remerciements effectués, ils demandent des engagements pour une meilleure sécurisation de leurs échoppes. « Si le 24 octobre, les forces de l’ordre mobilisées nous ont semblé suffisantes en nombre, ce n’était pas le cas les 17 et 18 », indique Régis Jeanne Di Lambard, gérant d’un bureau de tabac du boulevard Diderot (12e arr.) et vice-président de la Fédération des buralistes de Paris-Île-de-France.

Régis Jeanne Di Lambard, gérant d’un bureau de tabac du boulevard Diderot et vice-président de la Fédération des buralistes de Paris-Île-de-France. © Jgp

Ce dernier précise que le 24 octobre, sa fédération a dû recourir aux services d’une société de sécurité privée, laquelle a dépêché 50 agents pour protéger les bureaux de tabac situés sur le parcours de la manifestation. Le commerçant regrette par ailleurs des peines qu’il juge insuffisamment sévères pour les pilleurs et les auteurs de violences sur les personnes et de dégradations sur les biens. « Nous distinguons clairement les manifestants pacifiques, bien encadrés par les syndicats, des délinquants qu’il faut sanctionner davantage pour les dissuader », estime Régis Jeanne Di Lambard.

Les collectivités locales et les chambres consulaires au chevet des commerçants sinistrés

5 000 euros d’aide forfaitaire du conseil régional pour les premières réparations, auxquels pourront s’ajouter jusqu’à 2 000 euros supplémentaires pour financer 50 % des investissements réalisés dans des équipements de sécurité ; 1 500 euros de la CCI régionale en complément, et autant de la part de la Chambre de métiers : c’est un total potentiel de 10 000 euros de soutien aux commerçants sinistrés en marge des manifestations du 17 octobre qui a été présenté mardi 27 octobre.

Ces annonces ont été formulées par les présidents des collectivités et des chambres consulaires concernées, Valérie Pécresse pour la Région, Dominique Restino pour la CCI régionale et Francis Bussière pour la Chambre de métiers, au nouveau siège de la Chambre de commerce, rue Léon Jouhaux, dans le 10e arrondissement de la Capitale. Soit à deux pas de la place de la République, théâtre de nombreuses violences urbaines.

Dominique Restino et Valérie Pécresse. © Jgp

Un commerçant montre les photos de sa vitrine brisée à la présidente de Région, entourée, (de g. à dr.) par Gérald Barbier, Dominique Restino, Alexandra Dublanche, Nelly Garnier, Geoffroy Didier et Eric Schal. © Jgp

« Je vais demander au ministre de l’Intérieur, que je verrai en tête à tête la semaine prochaine, qu’il prévoie des parcours de manifestation évitant autant que possible les commerces », a indiqué Valérie Pécresse. © Jgp

Pauline Joubert, première adjointe déléguée au budget, à l’urbanisme, aux grands projets et à l’aménagement de l’espace public, représentait la maire du 10e Alexandra Cordebard. © Jgp

Il fallait entendre la détresse de cette commerçante, à la tête d’une échoppe de vêtements de seconde main sinistrée, commerce désormais invendable, au stock transféré dans son appartement, cette dernière se demandant s’il était raisonnable qu’elle y rapporte ses marchandises. Car une fois les remerciements formulés, les commerçants présents lors de ces annonces ont exprimé leurs plus vives inquiétudes quant à la probabilité d’une réitération de ces violences. « Je vais demander au ministre de l’Intérieur, que je verrai en tête à tête la semaine prochaine, qu’il prévoie des parcours de manifestation évitant autant que possible les commerces », a indiqué Valérie Pécresse.

La présidente de la Région Île-de-France, entourée de plusieurs de ses vice-présidents (Alexandra Dublanche, Geoffroy Didier ou Éric Schal), a dit sa volonté de préserver le commerce de proximité à Paris. Elle a indiqué que les élus franciliens feront prochainement la tournée des tour-opérateurs, pour les convaincre que ces événements sont ponctuels et ne se reproduiront pas à l’avenir. Les commerçants présents, donc, semblaient en douter. Mercredi, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, devrait à son tour annoncer les aides que la Ville va attribuer à ses commerçants. La Région, comme les chambres consulaires, a insisté par ailleurs sur la rapidité avec laquelle les comptes des commerçants seront crédités, leur promettant des virements avant Noël. En tout, la Région va mobiliser quelque 10 millions d’euros, réservés aux commerçants franciliens de moins de 50 salariés. « Nous ne savons pas chiffrer les pertes d’exploitation, qui relèvent de l’État », a également fait valoir Valérie Pécresse.

Violences urbaines à Paris : entre plan de soutien aux commerçants et dispositifs de maintien de l’ordre

Autour de la table, mercredi 21 octobre, Georges-François Leclerc, préfet de la région d’Île-de-France, préfet de Paris, a rassemblé les services de l’État, les chambres consulaires, les représentants des entrepreneurs et chefs d’entreprise parisiens, les assureurs, ainsi que la Ville de Paris et la Région Île-de-France. Objectif : coordonner le déploiement des aides annoncées par le gouvernement le même jour pour les entreprises victimes des violences urbaines. L’ensemble des mesures et les coordonnées des interlocuteurs locaux sont rassemblés dans une fiche que la préfecture mettra en ligne sur son site et actualisera régulièrement. Des référents seront par ailleurs désignés pour accompagner, aux côtés des acteurs de terrain, les commerçants les plus fragilisés.

Georges-François Leclerc. © Jgp

Chômage partiel intégralement financé

Premier volet, l’emploi. L’État prend en charge à 100 % l’activité partielle, sans reste à charge pour les employeurs. Toutes les entreprises touchées peuvent y recourir dès à présent. Les salariés empêchés de travailler percevront une indemnité égale à 60 % de leur rémunération brute, et à 100 % pour ceux payés au Smic. Pour les entreprises de moins de 250 salariés, l’État assume intégralement la part de l’indemnité normalement due par l’employeur. Une mesure destinée, selon le ministère du Travail et des Solidarités, à « préserver les emplois jusqu’à la reprise de l’activité ».

Côté charges, le réseau des Urssaf permet aux entreprises sinistrées de reporter jusqu’à 12 mois le paiement des cotisations patronales des trois prochains mois. Les commerçants directement touchés pourront également demander un étalement de leurs charges fiscales, sans frais ni majoration.

Pour soulager la trésorerie des entreprises en difficulté après les violences urbaines du week-end dernier, Bpifrance proposera, à la demande du gouvernement, un prêt à taux zéro pouvant atteindre 50 000 euros sur trois ans, à solliciter via une plateforme en ligne. Il doit permettre de « reconstituer rapidement leurs stocks » et de faire face aux échéances de paiement les plus immédiates, indiquent les services du ministre Jean-Pierre Farandou. Un fonds de soutien spécifique est aussi annoncé pour les entreprises de moins de 50 salariés ayant subi des dommages importants et une perte d’activité : l’aide, forfaitaire, sera calculée en pourcentage du chiffre d’affaires, dans la limite de plafonds par entreprise. De leur côté, les chambres de métiers et de l’artisanat ont activé leur fonds de solidarité, qui permet de verser une aide d’urgence allant jusqu’à 1 500 euros.

Les réseaux consulaires et bancaires se mobilisent également. La CCI Paris Île-de-France a ouvert un numéro d’urgence gratuit (le 0 800 730 492), ainsi qu’un accueil physique au 11, rue Léon-Jouhaux (Paris 10e).

Un couvre-feu « exceptionnel et temporaire »

En parallèle de ce volet économique, la préfecture de police a annoncé lundi 19 octobre l’instauration d’un couvre-feu dans plusieurs secteurs de Paris, parmi les quartiers les plus touchés par les dégradations, notamment autour de la place de la République et des Halles. Celui-ci est prolongé jusqu’à lundi 26 octobre, a annoncé la préfecture le 22 octobre. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a indiqué « prendre acte » d’une décision qui relève de la compétence de l’État, tout en saluant la mobilisation des agents de la Ville pour réparer les dégâts et en soutenant la demande de retour au calme exprimée par de nombreux riverains.

Des mesures de soutien ont été annoncées pour les commerçants sinistrés. © Jgp

L’édile pose toutefois des limites : la mesure doit rester exceptionnelle et ne pas « entraver de manière disproportionnée la liberté de circulation ». Surtout, il estime que la réponse des pouvoirs publics ne peut se limiter au rétablissement de l’ordre. « La réponse ne peut pas être uniquement sécuritaire. Elle doit aussi être politique », affirme-t-il, appelant à rétablir les conditions du dialogue et à entendre les inquiétudes exprimées, notamment par la jeunesse mobilisée. Les élus écologistes de Paris et de L’Après Paris ont pour leur part vivement réagi, dénonçant « fermement » des mesures qui « constituent une atteinte grave aux libertés publiques et témoignent d’une dérive autoritaire particulièrement inquiétante d’une macronie en fin de règne ».

L’essentiel de la semaine du 19 octobre 2026 en quelques clics

La mobilisation du 17 octobre à Paris et les violences survenues en marge du rassemblement ont dominé l’actualité francilienne cette semaine, suscitant de vives réactions politiques et institutionnelles. Les Écologistes de Paris et d’Île-de-France ont réclamé la démission du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, qui a remis sa démission dimanche soir avant que le président de la République ne la refuse. De son côté, l’Association des maires de France (AMF) a appelé élus et habitants à se rassembler devant les mairies, tandis que les maires ont exigé un changement de doctrine du maintien de l’ordre. Le Syndicat des indépendants et des TPE (SDI) a également interpellé Emmanuel Macron, réclamant la sécurisation des commerces touchés, l’indemnisation des pertes d’exploitation et un soutien d’urgence aux petites entreprises.

Sur le front des finances locales, la taxe foncière reste sous tension : en 20 ans, elle a progressé de 93,4 % en France, avec une hausse record de 261 % à Paris entre 2005 et 2025 parmi les cinquante plus grandes communes françaises. L’Union nationale des propriétaires immobiliers (Unpi) alerte déjà sur de nouvelles augmentations possibles dès 2027.

A Paris, la mobilisation du 17 octobre a été marquée par des violences et des pillages de commerces, déclenchant une vague de réactions politiques et institutionnelles sur le maintien de l’ordre et la protection des commerçants. © Jgp

A la tête de l’Association des maires d’Île-de-France (Amif), Jean-Philippe Dugoin-Clément a, lui, détaillé ses priorités dans nos colonnes après son élection le 12 octobre dernier.

Du côté des transports, la RATP a présenté ses orientations stratégiques à horizon 2040. Le groupe prévoit une croissance portée de plus en plus par ses filiales, dont le chiffre d’affaires devrait égaler celui de l’établissement public historique dès 2027, tout en réaffirmant le rôle central du réseau francilien.

Enfin, la transition énergétique a franchi une étape au Chesnay-Rocquencourt (Yvelines), où la centrale géothermique Géomy3 a été officiellement mise en service. Elle doit alimenter les 7 500 logements de la copropriété Parly 2 et éviter l’émission de 18 500 tonnes de CO₂ par an.

L’ARS publie un guide pour accompagner les élus dans la lutte contre l’habitat indigne

Les conditions de logement constituent un déterminant majeur de la santé. Lorsque ces dernières sont mauvaises, cela a des conséquences sur la santé – physique et mentale – et le bien-être des occupants, tout en pouvant les exposer à des risques sanitaires et de sécurité. De fait, la lutte contre l’habitat indigne mobilise de nombreux acteurs, au premier rang desquels les collectivités territoriales, les maires mais aussi l’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France. Afin d’accompagner les communes dans l’exercice de leurs compétences dans ce domaine, l’institution vient de publier un guide pratique dédié à la lutte contre l’habitat indigne.

La réhabilitation de cet ensemble d’habitat dégradé en plein centre-ville s’inscrit dans la politique de la ville de Saint-Denis en matière de lutte contre l’habitat indigne. © Jgp

Si la lutte contre l’habitat indigne repose en grande partie sur l’action des collectivités territoriales, à la fois au niveau du repérage et du traitement des situations pouvant porter atteinte à la santé ou à la sécurité des occupants, l’ARS a aussi un rôle à jouer, intervenant dans le champ de la protection de la santé des occupants. À ce titre, elle informe et sensibilise les habitants et les collectivités aux risques sanitaires liés à l’habitat ; accompagne les acteurs locaux dans le traitement des situations complexes ; peut être saisie à la suite d’un signalement ; réalise des enquêtes habitat afin d’identifier les désordres susceptibles d’altérer la santé des occupants ; contribue à la mise en œuvre des procédures administratives pouvant conduire à la prise d’arrêtés préfectoraux lorsque les conditions d’insalubrité sont réunies. Autant d’actions s’inscrivant dans une démarche partenariale aux côtés des collectivités, des préfectures, des services sociaux et de l’ensemble des acteurs de la lutte contre le mal-logement.

Conçu pour être un outil opérationnel, le guide pratique à destination des collectivités publié par l’ARS, rassemble 12 fiches thématiques permettant aux élus et à leurs services : de mieux comprendre les différents dispositifs de lutte contre l’habitat indigne ; d’identifier les responsabilités de chaque acteur ; d’orienter efficacement les signalements reçus ; d’agir de manière adaptée selon la nature des situations rencontrées.

Pour répondre aux besoins des acteurs de terrain, le guide est complété par huit déclinaisons départementales dédiées à chacun des départements franciliens. Ces documents recensent l’organisation locale des partenaires de la lutte contre l’habitat indigne, les contacts utiles, les modalités de signalement, les procédures et spécificités territoriales.

 

Les guides sont téléchargeables sur le site de l’ARS Île-de-France :
Habitat indigne – Les clés pour agir : guide pratique à l’usage des collectivités d’Île-de-France
Déclinaisons départementales : Paris (75), Seine-et-Marne (77), Yvelines (78), Essonne (91), Hauts-de-Seine (92), Seine-Saint-Denis (93), Val-de-Marne (94), Val-d’Oise (95).

Les Écologistes franciliens réclament la démission de Laurent Nuñez

Au lendemain de la mobilisation du 17 octobre, Les Écologistes Paris et Île-de-France et la commission « Prévention, sécurité et tranquillité publique » du parti condamnent les violences, mettent en cause la doctrine de maintien de l’ordre et exigent des réponses sociales immédiates. Ils demandent la démission du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Ce dernier a remis sa démission au président de la République dimanche soir, a-t-on appris lundi matin, qui l’a refusée.

 

Violences du 17 octobre : la Ville de Paris a mobilisé près de 1 000 agents de la propreté

Près de 1 000 agents de la propreté ont été mobilisés dans la nuit de samedi à dimanche, puis dès dimanche matin, pour nettoyer chaussées et trottoirs, enlever les débris et remettre en état les espaces publics dégradés. Des agents en congés ont été rappelés. Les premiers constats font état d’un bilan particulièrement lourd, dont l’évaluation précise se poursuit, indique la Ville, qui salue l’engagement de ses agents et remercie les riverains venus spontanément prêter main-forte.

Emmanuel Grégoire. © Jgp

Dans une lettre publique adressée dimanche aux commerçants, Emmanuel Grégoire a annoncé la création d’une cellule d’urgence dédiée aux victimes des dégradations. « À celles et ceux qui ont vu leur boutique saccagée et leur outil de travail endommagé, je veux vous dire ma profonde solidarité et celle de la Ville de Paris. Je pense à vous, mais aussi à vos salariés », écrit le maire de Paris. « Je souhaite que la Chambre de commerce et d’industrie et la Chambre de métiers et de l’artisanat puissent s’y associer », ajoute-t-il. L’édile s’est rendu sur le terrain dimanche après-midi, aux côtés de ses adjoints, pour constater l’ampleur des dégâts.

Dans le prolongement de la cellule de crise activée dès samedi matin, Emmanuel Grégoire a réuni par ailleurs l’ensemble des maires d’arrondissement dimanche à 11h30, afin de dresser un point de situation quartier par quartier et de coordonner les interventions à poursuivre.

La Ville de Paris condamne les violences du 17 octobre et mobilise ses services

La Ville de Paris a réagi aux violences, pillages et dégradations commis le samedi 17 octobre dans plusieurs quartiers de la capitale, en marge des manifestations, en condamnant « avec la plus grande fermeté des actes qui ont mis en danger la sécurité des personnes, porté atteinte à des commerces et dégradé l’espace public ». Une cellule de crise a été activée dès le samedi matin, une réunion exceptionnelle réuni des maires d’arrondissement à 19 heures, tandis que des équipes de propreté étaient déployées dans la nuit de samedi à dimanche.

Voiture brûlée près de la place de la République. © Jgp

© Jgp

Dans le 8e © Jgp

Vitrine endommagée par des jets de pierre, Paris centre. © Jgp

Des vélos en libre-service et des poubelles calcinées, boulevard de Sébastopol. © Jgp

Dans le quartier des Halles. © Jgp

Rue de Turbigo. © Jgp

« Rien, absolument rien, ne peut justifier que l’on mette en danger des vies, que l’on saccage des commerces ou que l’on détruise des équipements publics », a déclaré Emmanuel Grégoire, maire de Paris. L’édile distingue ces exactions de la mobilisation de l’immense majorité des manifestants, venus exprimer pacifiquement leurs revendications. « Ces actes sont d’autant plus révoltants qu’ils détournent l’attention des revendications portées depuis plusieurs semaines par une jeunesse qui demande légitimement à être entendue », souligne-t-il. « Ceux qui se livrent à ces violences ne servent aucune cause. Ils portent au contraire atteinte à l’exercice même du droit de manifester », ajoute le maire.

Solidarité avec les commerçants

Emmanuel Grégoire a adressé sa solidarité aux commerçants dont les établissements ont été pillés ou vandalisés, ainsi qu’à leurs salariés. « La Ville de Paris est et restera pleinement mobilisée à leurs côtés », indique-t-il.

Le maire a lui-même siégé au sein de la cellule de crise, aux côtés de sa première adjointe Lamia El Aaraje, en lien étroit avec la Préfecture de police. La réunion des maires d’arrondissement, tenue à son initiative samedi soir, a dressé un état précis de la situation quartier par quartier et permis de coordonner la réponse des services municipaux.

Dès que les conditions de sécurité le permettront, les équipes de propreté procéderont au nettoyage des chaussées et des trottoirs, à l’enlèvement des débris et à la sécurisation des espaces dégradés, indique la Ville. Le dispositif sera renforcé dès les premières heures du dimanche 18 octobre dans l’ensemble des quartiers touchés.

L’essentiel de la semaine du 12 octobre 2026 en quelques clics

Dans la Capitale, le commerce conserve un maillage dense, avec 60 517 établissements et un taux de vacance de 11,7 %, selon les premiers résultats de la dixième enquête de l’Observatoire du commerce, présentés le 12 octobre par Emmanuel Grégoire, maire de Paris. Derrière cette stabilité d’ensemble, certains secteurs, comme l’habillement et les librairies, montrent des signes de fragilité. Sur le marché résidentiel, le dispositif d’encadrement des loyers fait lui aussi l’objet d’un bilan, plus critique : à l’approche de son échéance du 24 novembre, la Cour des comptes pointe des fragilités méthodologiques et juridiques, ainsi que des effets difficiles à mesurer.

Autre enjeu parisien, celui des mobilités. La Ville a présenté le 14 octobre son Plan vélo 2027-2032, doté de 200 millions d’euros, avec 140 km de nouvelles pistes, 420 carrefours à sécuriser et une brigade contre les violences motorisées.

À l’échelle métropolitaine, le vélo a toutefois suscité des tensions budgétaires : lors du conseil métropolitain du 13 octobre, les élus LFI ont dénoncé le retrait de 26 millions d’euros de crédits non consommés du plan vélo. La Métropole du Grand Paris a parallèlement réaffecté 31,7 millions d’euros d’autorisations de programme et son président, Patrick Ollier, a demandé aux maires de ne plus solliciter de prolongations pour des subventions non utilisées.

L’une des priorités du plan vélo concerne la sécurisation des carrefours. © Jgp

La préservation des activités artisanales constitue un autre fil rouge de la semaine. En Île-de-France, la Chambre de métiers et de l’artisanat prépare un fonds d’investissement de 10 à 50 millions d’euros, alors que l’accès au capital, le vieillissement des dirigeants et le coût des locaux menacent la transmission de nombreux savoir-faire.

Dans un tout autre registre, le bilan de l’appel à manifestation d’intérêt Bati-sobre, présenté par l’Ademe Île-de-France et l’Ademe Paca, revient sur trois années d’initiatives en faveur du réemploi et de la sobriété matière. A Paris, la résidence étudiante Hans et Sophie Scholl, inaugurée dans le 13e arrondissement, illustre une autre approche de la construction, avec 220 logements dans un bâtiment de 50 mètres de haut faisant la part belle au bois et aux espaces collectifs.

Alors que la Fondation TotalEnergies célèbre 20 ans de partenariat avec la Fondation du patrimoine, son délégué général, Jacques-Emmanuel Saulnier, revient dans nos colonnes sur l’origine de la démarche et la place de l’insertion professionnelle dans les critères de sélection des chantiers. Le Journal du Grand Paris s’est également rendu à Massy pour visiter le Centre Pompidou francilien, qui doit être inauguré le 17 octobre et se prépare à accueillir 150 000 œuvres dans un équipement de 30 000 m².

Du côté des instances représentatives des maires aussi, la semaine a été animée. Jean-Philippe Dugoin-Clément a été élu à la présidence de l’Association des maires d’Île-de-France, succédant à Stéphane Beaudet. De son côté, Philippe Laurent, maire de Sceaux, défend sa candidature à la tête de l’Association des maires de France, à la veille du congrès des maires.

Philippe Laurent (interview vidéo) : « L’AMF ne peut en aucun cas être un plan B »

Pourquoi briguer la présidence de l’Association des maires de France ? Ancien secrétaire général et actuel vice-président de l’AMF, Philippe Laurent juge que l’association n’a pas fait tout à fait le travail qui aurait dû être le sien ces dernières années. « Son expertise technique, excellente, n’est pas suffisamment mise au service de la négociation et de la pédagogie envers le gouvernement et le Parlement », estime le maire (UDI) de Sceaux (Hauts-de-Seine). « On ne peut pas être à la fois candidat à la présidence de l’AMF et candidat à la présidence de la République. Il faut choisir », ajoute-t-il, sans nommer le président sortant, le maire de Cannes David Lisnard.

Face au prélèvement d’au moins 5 milliards d’euros voulu par le gouvernement, le maire de Sceaux dénonce une erreur majeure pour la cohésion sociale et espère une correction du Parlement. Il décrit une défiance installée depuis 15 à 20 ans entre la haute administration et les élus locaux. « La France est aujourd’hui une société qui ne se fait pas confiance », résume-t-il.

Sur la simplification, il refuse les grandes révolutions mais réclame la fin des compétences transférées d’office aux intercommunalités. « Il faut laisser les acteurs locaux gérer leurs affaires », insiste Philippe Laurent. Pionnier du Grand Paris, il défend « la métropole des maires », outil de rééquilibrage entre l’Est et l’Ouest. Le candidat veut enfin que l’AMF fédère France urbaine, les maires ruraux ou Villes de France, et rouvre le dossier du cumul des mandats.

Jacques-Emmanuel Saulnier (Fondation TotalEnergies) : « Notre critère principal, c’est l’insertion professionnelle sur le chantier »

Comment est né ce partenariat ?

D’une belle histoire liée à notre compagnie. Au début des années 2000, Total et Elf ont fusionné, non sans quelques frottements. Thierry Desmarest, alors président de Total, avait demandé à Édouard de Royère, président d’Air Liquide, de jouer les médiateurs avec Philippe Jaffré, président d’Elf. Il a remarquablement rempli ce rôle et Thierry Desmarest lui a ensuite demandé comment le remercier. J’ai eu la chance de tenir ce récit des deux hommes, lors d’un déjeuner. Édouard de Royère lui a répondu qu’il avait fondé dix ans plus tôt la Fondation du patrimoine, née en 1996, et qu’elle vivotait. Il a suggéré que Total devienne un grand mécène, afin d’enclencher une dynamique et de mobiliser d’autres entreprises. Thierry Desmarest a dit d’accord. En 2006, Total est devenu mécène de la Fondation du patrimoine. Nous le sommes restés depuis, et nous sommes son principal mécène entreprise à l’échelle nationale. En 20 ans, nous avons soutenu 350 chantiers en métropole et outre-mer.

Jacques-Emmanuel Saulnier (Fondation TotalÉnergies). © DR

Quels types de projets soutenez-vous ?

Avec la Fondation du patrimoine, uniquement le patrimoine bâti. Pour le patrimoine naturel, nous avons un partenariat avec l’Office national des forêts. Deux comités de pilotage par an nous soumettent des projets. Notre critère principal, c’est que les chantiers intègrent des heures de formation ou d’insertion professionnelle. Sans cela, nous ne soutenons pas. En effet, d’une manière générale, la Fondation TotalEnergies soutient des initiatives qui favorisent l’éducation et l’insertion professionnelle des jeunes, avec un portefeuille d’environ 110 à 120 partenaires par an. Au départ, le partenariat n’incluait pas spécifiquement d’heures d’insertion. Depuis 2019 environ, la Fondation du patrimoine ne nous propose plus que des chantiers qui en comportent. En Île-de-France, cela représente plus de 10 700 heures de formation professionnelle sur les chantiers soutenus.

Quelles sont les réalisations franciliennes les plus emblématiques ?

Tous les départements d’Île-de-France ont bénéficié d’une contribution de notre fondation, pour 42 sites restaurés. Chronologiquement, le premier fut l’usine Leroy à Saint-Fargeau-Ponthierry, en Seine-et-Marne. Je citerai ensuite le Cirque d’Hiver en 2006, notre premier projet parisien, la galerie Mazarine de la Bibliothèque nationale, le Théâtre du Châtelet, l’escalier en fer à cheval du château de Fontainebleau, la Bellevilloise, qui accueillera notre soirée des 20 ans, mais aussi la maison Caillebotte à Yerres, le château de Plaisir, le château de Forges, le pavillon des reptiles du Muséum ou le Prieuré royal Saint-Louis à Poissy. Et bien sûr, en 2019, notre don exceptionnel de 100 millions d’euros à la Fondation du patrimoine, fléché sur la restauration de Notre-Dame.

Le partenariat a-t-il évolué avec le changement climatique ?

Nous sommes attentifs à l’adaptation des chantiers au changement climatique, notamment en matière d’efficacité énergétique et thermique. Nous regardons aussi la nouvelle destination des lieux restaurés. Un lieu qui servira au plus grand nombre aura toujours notre faveur, plus qu’un lieu accessible à une minorité. Quand un ancien presbytère, une ancienne école ou une orangerie devient une salle municipale, un lieu pour les jeunes, les anciens ou les associations, il a notre faveur.

Pour ou contre Thermo-sur-Seine : le grand décryptage

Pour rappel, Paris a attribué, par un contrat de concession signé le 10 avril dernier, à une Semop (société d’économie mixte à opération unique) composée de Dalkia, Eiffage et RATP Solutions Ville (51 %) et de la Banque des Territoires (15 %), la délégation de service public de son chauffage urbain, opérée depuis 99 ans par la CPCU, filiale d’Engie. Paris sera actionnaire de la Semop à hauteur de 34 %. Les attributaires de ce renouvellement, effectif au 1er janvier prochain, misent notamment sur la création d’une chaufferie dédiée aux combustibles solides de récupération (CSR), bâtie sur l’ancienne centrale thermique d’EDF aux Ardoines à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), fermée depuis 2015 et reconnaissable à ses deux grandes cheminées en bordure de Seine, pour verdir un réseau de chaleur encore largement alimenté par des chaufferies au gaz. Dix puits de géothermie, qui seront creusés dans Paris intra-muros, doivent également contribuer à assurer la transition écologique de ce réseau, qui alimente près d’un million de personnes à Paris et dans 16 communes de l’agglomération.

1ère réunion publique de la concertation menée sous l’égide de la CNDP, en mairie de Vitry. © Jgp

De g. à dr. : Denis Mauvais, sous-préfet de L’Haÿ-les-Roses, Benoit Guiblin (Dalkia) porte-parole du projet, Julien Roux, directeur général Énergies du Grand Paris, Cyril Condé (RATP), porte-parole du projet, lors d’une réunion de concertation, en mairie de Vitry-sur-Seine.© Jgp

« Dès 2034, la part des énergies renouvelables et de récupération (EnR²) passera de 50 % à 76 % du mix énergétique grâce à l’utilisation de plus de neuf sources d’énergie bas carbone », assuraient les membres de la Semop lors de l’annonce du renouvellement de cette délégation de service public : « géothermie, récupération de chaleur sur l’eau de Seine, valorisation de la chaleur fatale du métro, unités de valorisation énergétique, pellets, bois B, combustibles solides de récupération, biocombustibles, électricité grâce à l’installation de pompes à chaleur et de deux chaudières électriques », énuméraient-ils. L’objectif étant d’atteindre, à l’horizon 2050, 100 % d’énergies renouvelables et de récupération, conformément au Plan climat de la Ville de Paris, faisaient également valoir les porteurs de ce projet. « Au global, ce réseau de chaleur étendu et modernisé permettra de diminuer de 50 % les émissions de CO2 d’ici à 2034, avec 12 millions de tonnes de CO2 évitées par rapport à l’utilisation d’énergies fossiles sur toute la durée de la concession », ajoutait la Ville, tandis que, dans le même temps, la part du gaz dans le mix énergétique sera divisée par deux.

Le tout grâce à un plan d’investissement important, de près de 3,4 milliards d’euros sur 25 ans, porté par la Semop. Mais le projet de création d’une chaufferie alimentée par des CSR aux Ardoines cristallise les oppositions. Plusieurs associations locales de protection de l’environnement (Acid Vitry et le collectif 3R – réduire, réutiliser, recycler–, notamment) manifestent bruyamment leur opposition à chaque réunion de concertation organisée du 1er septembre au 1er novembre sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP). France nature environnement Île-de-France figure également parmi les opposants à ce projet, tout comme le conseil départemental du Val-de-Marne, à grand renfort de communication. Le journal du Grand Paris tente d’y voir clair dans les arguments des uns et des autres.

1) Le Val-de-Marne, territoire servant de la Capitale

CONTRE : Le Val-de-Marne, et singulièrement les Ardoines, territoire servant, instrumentalisé pour les besoins de la Capitale. C’est un des reproches majeurs formulés à l’encontre de Thermo-sur-Seine, qui ranime le spectre d’une Capitale peu respectueuse de ses voisins, perpétuant une longue tradition consistant à exporter hors de ses frontières municipales les installations les plus nuisibles, nécessaires à son bon fonctionnement.

« Nous refusons d’accueillir les infrastructures polluantes que la Capitale ne veut pas sur son sol. Nous défendons notre qualité de vie, notre environnement, notre santé et l’avenir de notre territoire », écrit par exemple le président (LR) du conseil départemental du Val-de-Marne, Olivier Capitanio, dans la dernière édition de son bulletin départemental. Les associations en tête de la lutte contre ce projet, le collectif 3R, l’Association contre l’incinération de déchets à Vitry-sur-Seine (Acid Vitry), Affamons l’incinérateur de Créteil (Alic) ou les Soulèvements de la Terre, estiment que Vitry-sur-Seine est traitée « comme la poubelle de Paris ». Elles soulignent que la concertation menée sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP) n’est qu’une obligation légale d’information et non un lieu de décision, ajoutant qu’en outre, la concertation est financée par les porteurs de projet, qui l’organisent. Elles font valoir qu’une pétition signée en marge de la concertation publique organisée pour la reconstruction de l’incinérateur d’Ivry-Paris XIII du Syctom, ayant recueilli quelque 100 000 signatures, n’a pas empêché le projet de voir le jour. Le maire (PCF) de Vitry-sur-Seine Pierre Bell-Lloch vient d’ailleurs d’annoncer l’organisation d’une consultation publique, qui se tiendra le 6 décembre prochain, de même que la création d’un comité d’experts pour évaluer l’impact, notamment sanitaire, du projet.

Sabine Patoux, présidente déléguée auprès du président du département Val-de-Marne chargée de la transition énergétique, lors d’une réunion de concertation sur le projet .© Jgp

Pierre Bell-Lloch, maire (PCF) de Vitry-sur-Seine. © Jgp

POUR : Les porteurs du projet rappellent que la délibération en question, rapportée par un élu écologiste (Dan Lert), a été votée par une majorité de conseillers parisiens. Ils ajoutent que la vaste concertation en cours, sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP), a précisément pour objet d’informer le plus largement possible la population et de recueillir ses avis. Ils font valoir en outre que, contrairement à ce qui est souvent affirmé, le réseau de chaleur de l’ex-CPCU ne dessert pas seulement la Capitale, mais également 16 communes périphériques, dont Vitry-sur-Seine. Ils précisent que la procédure de concertation n’est qu’une première étape qui doit se poursuivre par une enquête publique courant 2027. C’est uniquement à la suite de cette enquête publique que les autorisations environnementales pourront le cas échéant être délivrées par les autorités publiques. Sans ces autorisations, le projet ne pourra pas voir le jour.

2) Le choix de Vitry, commune pauvre déjà impactée

CONTRE : C’est un des autres arguments principaux des opposants au projet de Thermo-sur-Seine, auquel s’ajoute celui d’une concertation préalable insuffisante des populations concernées : il porte sur le choix de la localisation de cette installation, arguant du fait que les habitants de Vitry-sur-Seine subissent déjà de multiples nuisances, ont des taux de mortalité et de pauvreté supérieurs à la moyenne (*), et accueillent déjà trois incinérateurs sur leur territoire (l’unité de valorisation énergétique du Syctom d’Ivry, Valo’Marne à Créteil et Généris à Rungis).

POUR : Les porteurs de projet, rassemblés aux côtés de la Ville de Paris et de la Banque des Territoires au sein de la Semop, indiquent que le choix de Vitry-sur-Seine est justifié par une conjonction de critères que remplit le site de l’ancienne centrale thermique d’EDF : un site proche de Paris, sachant que la vapeur produite, circulant dans les 500 km de réseau, transformée ensuite en eau chaude pour chauffer les bâtiments, voyage mal ; un site déjà artificialisé, compte tenu des impératifs écologiques de zéro artificialisation des sols ; un site proche de la Seine, par laquelle seront acheminés les combustibles solides de récupération (CSR), évitant d’emprunter la voie routière, nettement plus polluante. Le choix de Vitry, soit une localisation au sud de Paris, est également dicté par la nécessité de rééquilibrer la répartition géographique des sites de production de vapeur du réseau, après la fermeture des deux centrales au gaz, situées pour l’une à Vitry (cogénération au gaz) et l’autre à Ivry Confluence, qui l’alimentent aujourd’hui, elles-mêmes toutes deux situées au sud de Paris. Les porteurs de projet soulignent également que le projet créera près de 900 emplois, dont 130 emplois pérennes d’exploitation, 500 pendant les travaux et 200 à 300 indirects.

3) Les risques environnementaux
et sanitaires près de deux ZAC
en construction

CONTRE : Les risques environnementaux et sanitaires d’un projet appelé à brûler 450 000 tonnes de déchets de type bois B et CSR figurent aussi en tête des arguments des opposants au projet. Ils redoutent notamment les émissions de particules fines (PM2,5). « Mettre une centrale à biomasse en plein cœur d’une zone résidentielle aura forcément des impacts sanitaires car nous savons, avec le travail de ToxicoWatch à Ivry mais également autour d’incinérateurs dans toute l’Europe, que même les filtres les plus récents et les plus performants ne captent pas toute la pollution (dioxines, gaz acides, particules fines et ultrafines, PFAS et métaux lourds) émise lors de la combustion de déchets », fait par exemple valoir le collectif 3R. France nature environnement estime que les études sanitaires sous-évaluent les pollutions provoquées par l’acheminement des CSR vers Thermo-sur-Seine.

Amélie Boespflug, co-présidente du Collectif 3R, lors de la première réunion de concertation.© Jgp

POUR : Les porteurs de projet affirment de leur côté que l’ouverture de Thermo-sur-Seine et la fermeture de deux centrales à gaz en activité aboutiront à une réduction à la fois des émissions, de particules fines, notamment les PM 2,5, et d’oxydes d’azote (NOx). Chiffres à l’appui : les émissions de poussières seront réduites de 20 % par rapport à l’existant avec la mise en service de Thermo-sur-Seine, celle des NOx, particulièrement nocives pour les enfants et les personnes fragiles notamment lors des pics de pollution, seront, elles, divisées par deux en moyenne et jusqu’à quatre en période de pointe de fonctionnement. Les émissions de poussières resteront 40 fois inférieures à celles qui existent déjà dans le fonds ambiant, selon Benoit Guiblin, porte-parole de Thermo-sur-Seine. Les porteurs de projet ajoutent que les cheminées de la chaufferie s’élèveront à 100 m dans le ciel, contre moins de 50 m pour celles de l’unité de cogénération au gaz de Vitry, garantissant des rejets deux fois plus hauts et donc un taux de dilution dans l’atmosphère supérieur.

4) Des prix maîtrisés de l’énergie contestés

CONTRE : France nature environnement met en doute le modèle économique sur lequel repose le projet, estimant que ce dernier table sur une croissance du nombre d’abonnés desservis jugée très incertaine. L’association estime qu’il méconnaît l’augmentation des températures, de même que les effets du décret tertiaire, qui impose une réduction de la consommation d’énergie à 40 % des abonnés actuels du réseau.

POUR : Prémunir les bénéficiaires de ce réseau de chaleur contre la volatilité des prix de l’énergie constitue un des arguments clés des porteurs de projet. Ils soulignent que, si le prix du baril et du litre d’essence à la pompe est plus médiatisé que les tarifs du gaz, ceux-ci ont connu au cours des derniers mois une envolée spectaculaire, provoquée par les tensions internationales. Ils font valoir que l’objectif du projet consiste à diviser par deux la quantité de gaz utilisée pour produire de la vapeur et rappellent que deux centrales au gaz vont être fermées dans le cadre de la nouvelle délégation. Ils ajoutent que la réduction de la capacité de traitement de la nouvelle unité de valorisation énergétique d’Ivry (Syctom), si elle n’était pas compensée par la chaufferie CSR de Vitry, aboutirait à augmenter le recours au gaz pour produire la vapeur nécessaire. Or le réseau de chaleur de Paris bénéficie d’une TVA réduite à 5,5 % dès lors que la part du gaz dans son alimentation est inférieure à 50 %. Autrement dit, sans Thermo-sur-Seine, la part du gaz dans l’alimentation des chaufferies du réseau de chaleur dépasserait 50% et priverait ses usagers du bénéfice d’une TVA réduite. Une baisse du tarif moyen est ainsi promise pour près de 70 % des abonnés comme les logements, les hôpitaux (tous ceux de l’AP-HP notamment), mais aussi les bâtiments publics. Les porteurs du projet précisent que l’équilibre économique du projet tient compte d’une diminution des consommations de plus 15 % liées au réchauffement climatique et aux travaux d’isolation des bâtiments.

5) Un développement de la filière CSR à rebours des objectifs de développement durable

CONTRE : Les opposants à ce projet estiment que celui-ci semble ignorer les trajectoires de réduction des déchets pourtant fixées dans les stratégies des collectivités, à la fois au plan national et local (Plan climat, plan déchets, Stratégie nationale bas carbone, etc.). Ils jugent qu’au lieu d’inciter à une réduction de la production de plastique, le confortement d’une filière CSR pérennise la production et l’usage de ce matériau, derrière laquelle ils voient la main du lobby pro-incinération. France nature environnement considère, par exemple, que la stratégie de ces lobbys consiste, « de façon totalement subreptice et camouflée, à transférer sur la puissance publique et les consommateurs le coût de collecte et de traitement des déchets des activités économiques alors que cela devait être à la charge des producteurs de ces déchets ».

POUR : Les membres de la Semop contestent l’argument d’une filière accaparée par les opérateurs privés à l’affût de nouveaux relais de croissance. Ils citent la Semardel, SEM essonnienne, qui produit des CSR à destination de divers industriels. Ils rappellent que 20 des 26 cimenteries françaises sont aujourd’hui alimentées par des CSR. Et ajoutent que la transformation en CSR des plastiques non valorisables en l’état évite leur enfouissement, ou pire, leur étalement dans des décharges à ciel ouvert. « Àujourd’hui, chaque année, deux millions de tonnes de déchets issus d’activités économiques sont enfouis en Île-de-France, dont 30 à 50 % sont valorisables », indiquent-ils. Ils ajoutent que des CSR ne trouvant pas aujourd’hui d’exutoire en France sont exportés en dehors de nos frontières, en Allemagne et en Belgique notamment. Seulement 35 % des CSR ont été valorisés en France en 2021, contre 60 à 80 % en Allemagne ou en Italie, font-ils également valoir. Les CSR représentent un gisement estimé par l’Ademe entre 7,4 et 12,7 millions de tonnes en 2030.

6) Un choix industriel d’une autre époque

CONTRE : Un réseau de chaleur alimenté par de la vapeur d’eau, nécessitant de chauffer l’eau à 220°C, constituerait une aberration anachronique. La géothermie, consistant à utiliser de l’eau déjà chaude, serait nettement plus écologique et entraînerait une consommation d’énergie largement inférieure, font valoir les opposants au projet de Thermo-sur-Seine. Ces derniers citent le réseau de chaleur de Copenhague (Danemark), récemment passé de la vapeur à l’eau, comme un exemple à suivre.

Benoit Guiblin, directeur régional de Dalkia Ile-de-France, porte-parole du projet. © Jgp

POUR : Les porteurs de projet soulignent que l’objectif est bien d’augmenter la part de la géothermie dans le réseau de chaleur, comme ce sera le cas dans le secteur de Grenelle (Paris 15e), où des travaux vont être entrepris en ce sens de 2032 à 2042, notamment pour protéger le réseau des risques de crues. Dix nouveaux puits de géothermie vont ainsi être creusés dans Paris à cette fin. Mais ils indiquent que la substitution de la vapeur par de l’eau dans l’ensemble des 500 km du réseau de l’ex-CPCU nécessiterait la réalisation de travaux s’étalant sur plusieurs décennies, à un coût rédhibitoire. Ils ajoutent que la vapeur présente l’intérêt de circuler sous pression, sans apport d’énergie dans le réseau, contrairement à l’eau, qui requerrait des pompes que le réseau de distribution d’électricité ne pourrait suffire à alimenter. À titre d’exemple, ils expliquent qu’à Copenhague, le réseau de vapeur était dans un état d’obsolescence avancé, contrairement au réseau parisien, et que sa transition de la vapeur à l’eau a été initiée au début des années 1980, s’étalant sur quelque 45 années. Ils précisent que pendant tout ce temps, il conviendrait de continuer à disposer de moyens de production vapeur pour assurer le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire pour les clients aujourd’hui desservis par le réseau.

(*) Le taux de pauvreté de Vitry s’élève en effet à 25 %, contre 16,6 % dans le Val-de-Marne et 15,5 % en Île-de-France.

L’essentiel de la semaine du 5 octobre 2026 en quelques clics

A l’heure où les collectivités surveillent leurs dépenses, les travaux publics franciliens commencent sérieusement à en ressentir les effets. La Fédération régionale des travaux publics estime que le recul de la commande publique, l’allongement des délais de paiement et la réforme du FCTVA pourraient menacer jusqu’à 16 000 emplois d’ici 2027.

La question des finances locales s’est aussi invitée à l’Université des maires de l’ouest parisien : le maire de Sceaux Philippe Laurent y a alerté sur la ponction envisagée sur le FCTVA et sur la menace qui pèserait sur la taxe foncière, tandis que le préfet de région Georges-François Leclerc appelait, lors du Grand Dîner des maires de la Métropole du Grand Paris, à maîtriser la dépense publique. A l’occasion des dix ans de la Métropole, son président a défendu la consolidation de l’institution, tandis que l’ouverture prochaine de nouvelles lignes du Grand Paris Express occupait aussi les discussions.

Sur la ligne 15 Ouest, justement, le chantier avance avec l’arrivée de Roberta. Ce tunnelier de 2 000 tonnes doit creuser sept kilomètres entre Gennevilliers, Saint-Ouen et Courbevoie.

Les entreprises de travaux publics franciliennes font face à plusieurs facteurs de tension ©FRTP Ile-de-France

A Paris, élus et associations se sont rassemblés mardi pour réclamer une relance de la construction de logements sociaux et des moyens pour les bailleurs. Pendant ce temps, à Aubervilliers, les quelque 850 logements de la Maladrerie, ensemble conçu par Renée Gailhoustet, vont faire l’objet d’une importante réhabilitation.

La semaine a également été marquée par les débats autour du Parc des Princes. Une deuxième réunion de travail transpartisane sur sa possible vente au PSG s’est tenue lundi à l’Hôtel de Ville, avec des positions toujours divergentes entre le groupe Paris apaisé, qui se dit satisfait des avancées, et le Nouveau Paris populaire, plus réservé.

Enfin, l’un des principaux groupes d’opposition de gauche au Conseil de Paris a pris la parole cette semaine dans nos colonnes par l’intermédiaire d’Émile Meunier. Le coprésident du Nouveau Paris populaire revient sur le projet d’incinérateur de combustibles solides de récupération à Vitry-sur-Seine, qu’il considère comme révélateur d’un rapport déséquilibré entre Paris et sa banlieue, mais aussi sur la délégation des marchés alimentaires et le plan de 300 hectares d’espaces verts, qu’il juge à l’arrêt.

L’essentiel de la semaine du 28 septembre 2026 en quelques clics

Cette semaine, la CCI Paris Île-de-France a tourné une page vieille d’un siècle. Après 100 ans passés à l’hôtel Potocki, elle a inauguré son nouveau siège, Jouhaux-Toudic, entre République et le canal Saint-Martin.

Un déménagement qui intervient alors que l’institution se penche sur une ressource stratégique : l’eau. La CCI a publié cette semaine un état des lieux de la ressource en Île-de-France et appelle les acteurs économiques à mieux intégrer les mutations en cours dans leurs stratégies.

Dans le même temps, l’économie francilienne reste à la peine, même si l’industrie résiste un peu mieux au deuxième trimestre. L’aéronautique et la tech permettent au secteur de maintenir ses effectifs et sa production, tandis que l’automobile continue de peser sur la tendance.

81 salles de classes parisiennes ont été équipées de brasseurs d’air dans 13 écoles et collèges. © Jgp

Côté chantiers, quai d’Austerlitz, la transformation des pavillons 1 et 2 des anciens Magasins généraux passe à la vitesse supérieure : après le curage, le gros œuvre de l’hôtel logistique des Amarres démarre. Dans le Val-de-Marne, la Ville de Vitry a annoncé que le projet de chaufferie Thermo-sur-Seine allait faire l’objet d’une consultation de la population vitriote en décembre prochain. En amont, un comité d’experts indépendants évaluera l’impact de cette installation sur la santé des habitants.

Sur les rails, Île-de-France Mobilités a remis Alstom et la Société des grands projets autour de la table pour faire le point sur les livraisons de rames et le calendrier du Grand Paris Express. Valérie Pécresse a salué le respect des commandes par Alstom, tout en maintenant la pression sur la SGP pour que les prochaines mises en service tiennent leurs échéances.

Pendant ce temps à Paris, la perspective est celle des étés de plus en plus chauds. Emmanuel Grégoire et ses adjoints ont présenté le plan de la Ville pour protéger les habitants lors des épisodes de fortes chaleurs.

Enfin, les bureaux désertés restent au cœur des réflexions sur l’évolution de la ville. L’Institut Paris Region a publié « Que faire des bureaux vacants ? », un guide consacré aux obstacles à leur transformation et aux outils dont disposent les collectivités pour les convertir en nouveaux usages, exemples à l’appui.

TotalEnergies finance 60 projets agricoles en Seine-et-Marne

500 000 euros, pour financer 60 projets agricoles : c’est le contenu du partenariat signé vendredi 24 septembre à Dammarie-les-Lys entre TotalEnergies et la Chambre d’agriculture d’Ile-de-France, dans le cadre du 64e congrès des maires de Seine-et-Marne. Le dispositif complète les financements déjà accordés par la Région, l’État ou les fonds européens, dont il renforce le plan de financement. Plus de 60 projets seront soutenus en 2026, avec une priorité aux jeunes agriculteurs. Études préalables, équipements de première transformation, maraîchage, élevage, outils logistiques ou investissements liés à la transition énergétique figurent parmi les dépenses éligibles. La Chambre d’agriculture, chargée de la mise en œuvre, identifiera et suivra les exploitations bénéficiaires.

Laurent Tricot, directeur régional Île-de-France de TotalEnergies, entouré de Damien Greffin, président de la Chambre d’agriculture de région Île-de-France, Jean-Claude Herrenschmitt, président de la CCI de Seine-et-Marne et Thierry Fromentin, président de la Chambre de métiers IDF Seine-et-Marne © Jgp

Laurent Tricot, entouré de Damien Greffin et de Jean-Claude Herrenschmitt. © Jgp

L’engagement prolonge le soutien apporté par TotalEnergies à l’activité autour de ses sites industriels, en particulier la plateforme de Grandpuits, en reconversion. « On est d’abord un fournisseur du monde agricole en biocarburant, en lubrifiant. Aujourd’hui, on devient un client du monde agricole pour nos biocarburants et pour le biogaz », a expliqué Laurent Tricot, directeur régional Île-de-France de la compagnie. « Nous apportons les fonds mais confions à la Chambre d’agriculture le soin de trouver les projets ».

Installation et diversification

Damien Greffin, président de la Chambre d’agriculture de la région Île-de-France, a indiqué que l’installation des jeunes agriculteurs, de même que la diversification des exploitations existantes, notamment vers l’agriculture durable, qui seront priorisés par ces fonds, constituent « deux axes majeurs » de son mandat. La moitié des agriculteurs atteindra l’âge de la retraite d’ici 2030 et 80 % des exploitations franciliennes sont consacrées aux grandes cultures. « Aujourd’hui, on a besoin de donner à nos exploitations agricoles une autre corde à leur arc, qui leur permette d’être plus résilientes demain. » L’élu a décrit un climat d’investissement dégradé par le renchérissement de l’énergie, les tensions au Moyen-Orient, la guerre en Ukraine, puis la sécheresse et les incendies de l’été.

Mondial Relay étend son réseau de lockers au pied des HLM franciliens

Le partenariat entre Mondial Relay et le mouvement HLM ne date pas d’hier. Engagé il y a près de quatre ans, il réunit aujourd’hui quelque 70 bailleurs sociaux à travers la France. Les conventions signées à Bordeaux avec Scalis, filiale de Polylogis et 3F Seine-et-Marne prolongent cette dynamique en Île-de-France, où l’entreprise collabore déjà avec plusieurs acteurs du logement social. Elles doivent lui permettre de « poursuivre le déploiement de lockers au plus près des habitants et de renforcer le maillage territorial » dans la région.

Maria Breidy, directrice des affaires publiques de Mondial Relay, avec l’équipe du logisticien, sur son stand du 86e congrès de l’USH, à Bordeaux. © Jgp

Le modèle repose sur une prise en charge complète du projet par Mondial Relay , fait valoir le logisticien : repérage des emplacements adaptés, installation des consignes, puis information des locataires et des collectivités concernées. Pour le bailleur, l’opération répond à un triple objectif. Elle offre d’abord aux habitants un nouveau service de proximité, simple à mettre en œuvre et accessible au sein ou à quelques pas de leur lieu de vie. Elle valorise ensuite des espaces peu ou pas utilisés, en pied d’immeuble notamment, et peut générer une recette complémentaire. Elle constitue enfin un service concret et visible, que l’organisme peut mettre en avant auprès de ses locataires comme des élus locaux.

L’argument environnemental

L’argument environnemental pèse tout autant. En concentrant les colis en un point unique, le locker limite la multiplication des livraisons individuelles à domicile et les kilomètres parcourus par les véhicules de livraison dans les quartiers. Mondial Relay résume cette logique par une formule : le « transport en commun du colis ». Le dispositif s’inscrit ainsi dans les engagements RSE des bailleurs, à l’heure où la décarbonation du dernier kilomètre s’impose comme un enjeu pour les métropoles.

Pour l’opérateur, les organismes HLM sont devenus « des partenaires importants de notre stratégie de déploiement territorial ». Leur patrimoine, situé par nature au cœur des lieux de vie, là où la demande de services de proximité est la plus forte, offre à Mondial Relay un réseau d’implantation sans équivalent.

Top

Centre de préférences de confidentialité

Cookies strictement nécessaires

Ces cookies sont indispensables au bon fonctionnement du site web et ne peuvent pas être désactivés de nos systèmes. Ils ne sont généralement qu'activés en réponse à des actions que vous effectuez et qui correspondent à une demande de services, comme la configuration de vos préférences de confidentialité, la connexion ou le remplissage de formulaires. Vous pouvez configurer votre navigateur pour bloquer ou être alerté de l'utilisation de ces cookies. Cependant, si cette catégorie de cookies - qui ne stocke aucune donnée personnelle - est bloquée, certaines parties du site ne pourront pas fonctionner.

PHP - Cookie de session, gdpr[allowed_cookies], gdpr[consent_types]

Advertising

Cookies de performance

Ces cookies nous permettent de déterminer le nombre de visites et les sources du trafic sur notre site web, afin d'en mesurer et d’en améliorer les performances. Ils nous aident également à identifier les pages les plus / moins visitées et à évaluer comment les visiteurs naviguent sur le site. Toutes les informations, collectées par ces cookies, sont agrégées et donc anonymisées. Si vous n'acceptez pas cette catégorie de cookies, nous ne pourrons pas savoir quand vous avez réalisé votre visite sur notre site web.

_ga, _gat, _gid

Other