Dans la 10e édition du rapport du Lancet Countdown publié ce mercredi 28 octobre, quelque 300 scientifiques du monde entier tirent la sonnette d’alarme : malgré les efforts réalisés depuis l’accord de Paris, les effets du réchauffement climatique sur la santé humaine se sont aggravés. En 2023, on compte 710 000 morts en raison de des chaleurs extrêmes. Le mot d’ordre est l’accélération de la transition, sujet central des Assises du Grand Paris 2026.
Le rapport annuel du Lancet Countdown, qui évalue les conséquences de la crise climatique sur la santé humaine, porte un message fort à destination de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les scientifiques demandent notamment à l’agence spécialisée de l’ONU de reconnaître le changement climatique comme une « urgence sanitaire mondiale », chiffres à l’appui.
Alors que la COP31 doit se tenir du 9 au 20 novembre prochain à Antalaya en Turquie, plusieurs centaines de chercheurs issus de divers laboratoires à travers le monde, soulignent l’aggravation des effets sanitaires provoqués par le réchauffement climatique d’origine anthropique. A l’échelle mondiale, la chaleur a causé en moyenne 540 800 décès par an entre 2016 et 2023, dont 68,4 % attribuables au changement climatique. L’année 2023 marque un record avec 710 000 morts.
Malgré les efforts fournis, un besoin d’accélérer les transitions
Le rapport reconnaît certains progrès : les énergies renouvelables sont passées de 5,5 % à 13,5 % de l’électricité mondiale entre 2016 et 2023, et l’investissement dans les énergies propres a atteint 2 100 milliards de dollars en 2025, soit 82 % de plus que les énergies fossiles. On estime que cette transition a permis d’éviter 400 000 décès en 2023.

Alors que la COP31 doit se tenir du 9 au 20 novembre prochain à Antalaya en Turquie, plusieurs centaines de chercheurs issus de divers laboratoires à travers le monde, soulignent l’aggravation des effets sanitaires provoqués par le réchauffement climatique d’origine anthropique. © DR
Mais ces efforts restent insuffisants et l’adaptation traîne le pas. En 2025, 75,8 % des États membres de l’OMS n’avaient pas réalisé d’évaluation de vulnérabilité sanitaire depuis 2020, et 71,1 % n’avaient pas de plan national d’adaptation pour la santé. En parallèle, le désengagement progressif des Etats-Unis, qui ont quitté l’accord de Paris et l’OMS en 2025, puis abrogé en février 2026 la base juridique de leur réglementation climatique, laisse envisager des difficultés accrues en termes de coopération pour les années à venir.
Le rapport ne manque pas de souligner l’insuffisance du portage politique, notamment sur les sujets de décarbonation : les énergies fossiles fournissent encore 80,7 % de l’énergie mondiale alors même que la pollution de l’air qu’elles génèrent provoque 2,78 millions de décès évitables par an. Les subventions nettes aux fossiles ont quant à elles atteint plus de 800 milliards de dollars en 2024 dans 87 pays.
Des effets sanitaires concrets qui plombe l’économie mondiale
Au-delà d’atteindre directement le bien-être et l’état de santé des populations, les conséquences sanitaires du réchauffement climatique représentent un poids considérable pour l’activité économique mondiale. « Le sommet de l’iceberg, ce sont les morts et les hospitalisations, mais la plus grosse partie, ce sont les autres impacts sur la santé humaine, les conséquences économiques, par exemple, en 2025, la chaleur a coûté plus de 1 000 milliards de dollars de pertes de revenus à l’économie mondiale, soit 9 % de la production économique mondiale », déclare Ollie Jay de l’université de Sydney (Australie).
De la même manière, le rapport estime que la chaleur a fait perdre 573 milliards d’heures de travail potentielles en 2025. Les pays à faible développement humain y voient un manque à gagner de 5,0 % de leur PIB, contre 0,5 % pour les plus riches. Enfin, les événements météorologiques extrêmes représentent un coût colossal qui est amené à se renforcer dans les années à venir : en 2025, il s’agit de 156 milliards de dollars. Une équation financière qui devrait pousser les responsables politiques à accélérer l’adaptation des territoires au changement climatique.
Reconnaître l’urgence sanitaire pour aligner la gouvernance internationale
Face à l’accélération des effets sanitaires du réchauffement climatique, le rapport demande à l’ONU de reconnaître le changement climatique comme « urgence sanitaire mondiale ». Cet engagement permettrait notamment d’imiter le mode d’action à l’encontre des pandémies mondiales. « Un exemple similaire est celui de l’urgence de santé publique de portée internationale, un mécanisme de l’OMS conçu pour répondre de manière ciblée à des urgences sanitaires à court terme, telles que les pandémies », explique Marina Romanello de l’University College de Londres, coordinatrice des travaux du Lancet Countdown. Grâce à un nouvel instrument de l’OMS, il s’agirait donc d’aligner la gouvernance internationale sur cet enjeu, de placer la santé au cœur de l’action climatique, de créer un bien commun mondial de données et d’augmenter les financements pour appuyer l’accélération.
Accélérer la transition écologique et la décarbonation des territoires, c’est justement l’objet des Assises du grand Paris 2026, événement du journal qui se tiendra le mardi 10 novembre à la maison de la RATP. Le rapport Lancet Countdown pointe la responsabilité des médias dans la couverture de ces sujets, ce à quoi Le journal du Grand Paris accorde une importance fondamentale.