Malgré des signaux positifs, la récession reste d’actualité pour le bâtiment francilien

En dépit de signaux encourageants, le ciel ne s’éclaircit pas encore pour le bâtiment francilien. Au deuxième trimestre 2024, plus d’un millier d’entreprises du secteur de la construction en Ile-de-France ont mis la clé sous la porte.

Une ministre du Logement nommée, des taux qui continuent de baisser, un indice du prix des matériaux de construction plutôt stable… Les signaux positifs s’enchaînent dans l’écosystème immobilier. Pour autant, le bâtiment francilien continue de subir les affres d’une crise dont la violence a longtemps été sous-estimée par les décideurs politiques. « Nous en sommes à 44 500 logements mis en chantier entre juin 2023 et juin 2024 », a annoncé Edouard Durier, vice-président de la Fédération française du bâtiment Grand Paris Ile-de-France, lors d’un point conjoncture mercredi 25 septembre.

Cela représente une chute de 25 % sur un an, dans le collectif comme dans l’individuel, qui s’accompagne d’un effondrement de 22 % du nombre de permis de construire délivrés.

Edouard Durier, vice-président de la FFB Grand Paris Ile-de-France en charge de l’économie. © FFB

« On ne s’attendait pas à un retournement conjoncturel, mais force est de constater que la tendance baissière se poursuit. Les entreprises n’ont pas la possibilité de répondre aux besoins des Franciliens. »

Plus d’un millier d’entreprises défaillantes au 2e trimestre 2024

Alors que le mois d’août a marqué un nouveau décrochage de l’inflation à 1,8 %, suivi d’une baisse par la Banque centrale européenne de ses taux directeurs et donc des taux de crédits immobiliers, la FFB Grand Paris l’assure : il n’y aura de véritable reprise du marché qu’avec un desserrement du niveau de l’apport personnel demandé, en hausse continue depuis 2020. « Pour ce faire, une des solutions consiste à redonner de la vigueur au prêt à taux zéro sur l’ensemble du territoire. »

Avec une croissance de 0,8 %, la branche de l’entretien-rénovation signe une évolution moins en retrait que les trimestres précédents. L’Ile-de-France fait néanmoins partie des cinq régions enregistrant une hausse inférieure à 1 %, juste devant les Hauts-de-France (+ 0,5 %).

« Nous proposons le maintien en 2025 des aides à la rénovation énergétique, telles que Ma prime rénov dans ses conditions actuelles, indique Edouard Durier. Ce point sera communiqué au nouveau gouvernement ! Si l’entretien-rénovation ne nous permet pas de travailler efficacement et massivement, de nombreuses entreprises de construction continueront à déposer le bilan. »

Au T2 2024, les entreprises franciliennes défaillantes étaient 1 028, en hausse de 82,3 % par rapport au T2 2023. En cumul sur 12 mois, ce chiffre est ramené à + 46,3 %. Le nombre de salariés impactés a, lui, augmenté de 40 %.

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