Les travaux discrets de la « mission Castro »

Dans l’attente d’une lettre de mission officielle, qui n’a toujours pas été publiée, des groupes de travail successifs, réunissant une brochette d’architectes célèbres mais aussi désormais des représentants de la préfecture, de plusieurs ministères, ainsi que des aménageurs publics planchent, discrètement, sur le Grand Paris.

La mission Castro n’a pas attendu sa lettre de mission pour travailler. Figurant parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, Roland Castro est de ceux que le locataire de l’Elysée écoute sur la question. L’auteur de Banlieues 89, dès l’élection présidentielle passée, a donc réuni une brochette d’architectes prestigieux, dont plusieurs étaient membres de feu l’Atelier international du Grand Paris, (AIGP), pour plancher sur ce que pourrait être une vision macronienne du Grand Paris. « Supprimer un échelon, ou deux ne constitue pas à proprement parler une vision », commente un élu, et le président veut que le projet précède la refonte institutionnelle.

Roland Castro, avec le préfet Carenco, actuel président de la commission de régulation de l’énergie. ©Jgp

A l’automne dernier, ce groupe de réflexion informelle réuni autour de Roland Castro dîne à l’Elysée. Ce cénacle se compose d’architectes et d’urbanistes de premier plan tels que Jean Nouvel, Christian de Portzamparc, Michel Cantal-Dupart, Manuelle Gautrand, Dominique Alba, Pierre Alain Trévelo, Antoine Viger-Kohler ou encore Julien Beller.

« Le président promet alors qu’il va donner à ces architectes, avant la fin de l’année, un lieu et une mission officiels pour réfléchir sur ce que pourrait être un renouveau du projet du Grand Paris, pas sur un plan institutionnel mais en puisant aussi dans l’imaginaire », résume un expert. Mais l’engagement présidentiel ne sera pas suivi d’effets. Roland Castro et ses collègues produisent néanmoins une charte, d’une dizaine de propositions, début 2018. « Le président a été largement séduit par ces idées, mais les a jugées semble-t-il trop proches de celles formulées à l’époque par l’Atelier international du Grand Paris », raconte un intime du dossier.

Rendez-vous fin juillet

Emmanuel Macron a donc missionné, de façon également informelle et discrète, un autre groupe de travail, toujours autour de Roland Castro, pour l’aider à se forger une vision du dossier grandparisien, transmettant au préfet Michel Cadot son animation. Yannick Imbert, secrétaire général aux affaires régionales, Dominique Alba (Apur), Anne-Claire Mialot, conseillère technique du président de la République, Hugo Bevort, ancien conseiller Grand Paris de Manuel Valls – et ancien conseiller de Pierre Mansat à la ville de Paris – désormais directeur des stratégies territoriales au Commissariat à l’égalité des territoires (CGET), Thierry Lajoie et Réhana Taheraly, de Grand Paris aménagement, font partie de ce cercle, qui doit remettre ses propositions avant le 31 juillet 2018.

Sur la base de leur travail, une séquence Grand Paris pourrait s’ouvrir à la rentrée. « Le gouvernement ne pouvait pas, par politesse républicaine, traiter le cas particulier du Grand Paris en même temps que la réforme de la Constitution », indique un expert.

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