Lors de la cérémonie des vœux 2026 organisée à la Maison de l’artisanat, Patrick Ollier a dressé un bilan détaillé de dix années d’action métropolitaine, insistant sur les réalisations concrètes de l’institution qui a su devenir « lisible et crédible, malgré les scepticismes initiaux ».
Avec la bonhommie œcuménique qui est sa marque de fabrique à la tête de la métropole du Grand Paris, Patrick Ollier a prononcé jeudi 29 janvier un dernier discours de vœux de la mandature empreint à la fois d’émotion et de simplicité. « Nous avons su tisser des liens d’amitiés entre les 130 maires », s’est félicité le premier magistrat (LR) de Rueil-Malmaison, très attaché à la gouvernance partagée propre à l’intercommunalité, pour dépasser les clivages politiques.
Le président de la Métropole du Grand Paris, entouré de nombreux membres du bureau de l’institution, dont Anne-Gaëlle Leydier, adjointe à l’aménagement (PCF) de Villejuif (Val-de-Marne), a égrainé les multiples chantiers entrepris par une institution dont il a souligné la jeunesse relative. « Aujourd’hui, plus personne ne souhaite prendre son fusil pour nous abattre », a-t-il fait valoir.
24 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour l’artisanat francilien
Francis Bussière, président de la Chambre de métiers et d’artisanat d’Île-de-France, hôte de cette cérémonie, a ouvert la soirée en rappelant le poids économique du secteur : 200 000 entreprises artisanales sur le territoire métropolitain générant 24 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 180 000 emplois. L’artisanat francilien forme également 20 000 jeunes en apprentissage dans ses onze centres de formation, avec un taux d’insertion remarquable : « Huit jeunes sur dix trouvent un emploi en moins de six mois, et sept emplois sur dix sont en contrat à durée indéterminée », a précisé le président.
La collaboration entre la métropole et la Chambre de métiers s’est notamment concrétisée par la création de la Foncière du Grand Paris, coeur du programme Centre-ville vivant, a rappelé Patrick Ollier. « Cette foncière permet de préempter les baux commerciaux à la place des mairies, ce qui évite que celles qui n’ont pas les moyens se retrouvent en difficulté », a expliqué l’élu. L’outil a déjà permis l’acquisition de 112 commerces, dont 26 à Courbevoie (Hauts-de-Seine) lors d’une seule opération.
IMGP et micro-folies
Patrick Ollier a rappelé l’adoption par la Métropole de dix schémas directeurs structurants en 10 ans, du Plan climat-air-énergie métropolitain (PCAEM) issu de la COP21 au Schéma de cohérence territoriale (SCoT), voté au bout de quatre ans avec 96,3% d’avis favorables.
La métropole a également adopté un plan biodiversité en 2022, un schéma directeur énergétique métropolitain, un plan vélo représentant 260 kilomètres de pistes cyclables coordonnées, un plan alimentaire métropolitain, un plan de prévention du bruit dans l’environnement et un schéma métropolitain d’aménagement numérique. Sur ce dernier point, la métropole propose désormais de subventionner à hauteur de 50% les investissements des communes dans l’intelligence artificielle, avec déjà une quarantaine de villes engagées, sous la férule du maire du 17e Geoffroy Boulard.
L’intervention de la Métropole dans l’aménagement a été évoquée notamment au travers des différentes saisons d’Inventons la métropole du Grand Paris : 109 projets, dont 73 % sont en cours de construction et quinze déjà livrés, représentant un potentiel de 10 milliards d’euros d’investissements privés et 25 000 emplois.

Patrick Ollier avec Michèle Alliot-Marie, le préfet de la Région d’Ile-de-France préfet de Paris Marc Guillaume et le préfet des Hauts-de-Seine Alexandre Brugère. © Jgp

De g. à dr. Denis Cahenzli (Aulnay-sous-Bois), Ludovic Toro (Coubron), Quentin Gesell (Dugny), Didier Gonzales (Villeneuve-le-Roi), Jacques-Alain Benisti (Villiers-sur-Marne), Anne-Gaëlle Leydier (Villejuif), XavierLemoine (Montfermeil), Patrick Ollier (Rueil-Malmaison), Philippe Laurent (Sceaux), Geoffroy Boulard (Paris 17e), Daniel Guiraud, (Les Lilas), Sylvain Raifaud (Paris 10e) et Patrice Leclerc (Gennevilliers). © Mgp
Le président Ollier a également souligné le rôle de rééquilibrage territorial que s’est assigné l’instance, et l’importance des conventions stratégiques de coopération signées avec les départements limitrophes pour dépasser l’effet de seuil, permettant d’intervenir au-delà du périmètre strict de la métropole. Des accords ont ainsi été conclus avec la Seine-Saint-Denis, la Seine-et-Marne, Paris La Défense, entre autres.
57 micro-folies
Les programmes des Micro-folies, qui permettent l’accès aux collections des grands musées et aux concerts via des tablettes numériques ou le programme des cours oasis, destiné à végétaliser et adapter les cours d’écoles au changement climatique, ont été évoqués, de même que La Nuit de la solidarité métropolitaine, reprise de l’initiative parisienne, qui mobilise désormais une quarantaine de villes. Patrick Ollier a rappelé le succès de la MGP dans l’organisation des JOP. Il a détaillé l’action de la Métropole en matière de prévention des inondations via la compétence Gemapi (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations).
Étaient notamment présents Marc Guillaume, préfet de la région Île-de-France et préfet de Paris, Alexandre Brugère, préfet des Hauts-de-Seine, Stéphane Troussel, président du département de Seine-Saint-Denis, Damien Greffin, président de la Chambre d’agriculture d’Île-de-France, Dominique Restino, président de la CCI Paris Île-de-France, Stéphane Layani, président du marché international de Rungis, ou Philippe Pelletier, président du conseil de développement de la métropole. Les énergéticiens, les financeurs (dont la nouvelle directrice Île-de-France de la Banque des Territoires Marie-Laure Gadrat étaient également présents, tout comme des promoteurs, à l’image d’Emmanuel Launiau et Thierry Lajoie (Quartier), ou des architectes Laure Mériaud (Agence 2/3/4/) ou Alexandre Labasse (Apur).

