Aude Nodé-Langlois, la successeure de Jean-Yves Sénant à la mairie d’Antony, s’inscrit dans la continuité de l’action de son prédécesseur, qu’elle a accompagné comme directrice de cabinet dans cette ville à la fois paisible et animée, à la desserte prochainement renforcée par l’arrivée de la ligne 18 du Grand Paris express.
La confiance ne se décrète pas. Celle qui lie Aude Nodé-Langlois, maire d’Antony (Hauts-de-Seine), à son prédécesseur Jean-Yves Sénant s’est tissée au fil d’une longue relation. La nouvelle première magistrate de la ville, à laquelle le maire sortant tout juste élu a passé le flambeau, est sa directrice de cabinet depuis 2019. Mais elle œuvre au sein des services de la commune depuis 2005. Cette mère de trois enfants, affable et souriante, raconte son expérience et sa rencontre, chez Havas Sport, avec son futur mari. « J’ai toujours aimé le secteur du sport, le monde du marketing sportif », dit-elle. Cherchant un poste stable après Havas, elle est recrutée par Sophie Devedjian. L’épouse de celui qui fut maire de la ville de 1983 à 2002, occupe alors les fonctions de directrice de cabinet et de la communication, cherche une remplaçante à Béatrix Coupeau, responsable des relations presse et de la communication web, en congé maternité. Au retour de cette dernière, Sophie Devedjian souhaite conserver cette précieuse recrue. Aude Nodé-Langlois prend alors la responsabilité de la communication digitale.

Aude Nodé-Langlois. © Jgp
Elle devient ensuite directrice de la communication puis directrice de cabinet en 2019. Un poste où elle s’emploie à servir le maire, à mettre de l’huile dans la machine municipale, à s’assurer que l’administration suit et met en œuvre ses objectifs. Sans aucune servilité ni hypocrisie. « J’ai toujours fonctionné dans une relation de franchise. Certes, une fois que le maire avait pris sa décision, je le suivais sans aucune interrogation, mais quand j’étais en désaccord, je ne me privais pas de lui faire savoir », dit cette femme dénuée de faux-semblants.
Une relation de confiance, donc, qui conduit Jean-Yves Sénant, à l’approche du terme de son quatrième mandat, à lui proposer de lui succéder. Ce qu’elle accepte non sans une réflexion approfondie. « On n’accepte pas à la légère de prendre une telle responsabilité, dans une ville de 64 000 habitants, pour diriger une petite PME d’un millier d’agents », indique-t-elle.
Imprimer sa marque
Pour répondre à une obligation légale (Article L.231 du Code électoral), une personne ne peut pas être candidate dans la commune qui l’emploie, elle quitte alors la direction de son cabinet pour prendre celle du maire de Clamart (Hauts-de-Seine), Yves Coscas. Cette native de Massy (Essonne) n’a pour ainsi dire jamais quitté le sud-ouest de Paris. « Lycéenne, je traversais Antony pour me rendre au lycée Sophie Barat, situé à Châtenay-Malabry », raconte-t-elle. Elle se dit ravie que ses enfants soient restés éloignés de la campagne des municipales et de ses passes d’armes pas toujours délicates. Elle décrit une population divisée sur sa nomination intervenue après l’élection, entre ceux qui se félicitent d’avoir une femme à la tête de la mairie, jeune et dynamique, et ceux qui estiment que la transition a été trop rapide. Elle entend s’inscrire clairement dans la continuité d’un maire qui demeure aujourd’hui son premier adjoint et auquel elle rend hommage : « Il a transformé Antony », dit-elle, citant les multiples équipements construits sous son mandat, prolongeant lui-même l’ambition de Patrick Devedjian, soucieux de transformer une ville-dortoir en pôle culturel et animé. Elle cite le théâtre Firmin Gémier – Patrick Devedjian, « qui marche du feu de dieu », et décrit la médiathèque, la ludothèque, le cinéma, ou l’espace Vasarely, salle de spectacles et de concerts éclectiques.
Une continuité revendiquée qui ne l’empêche pas de vouloir imprimer sa marque, en rajeunissant le management et notamment les modes de gestion de la commune. Avec un accent mis sur le quotidien, la lutte contre les irritants qui détériorent la qualité de vie à laquelle les habitants sont attachés et qu’ils viennent rechercher dans cette commune paisible et verte.
La densification se concentrera à Antonypole, donc, un des plus grands programmes d’Inventons la métropole du Grand Paris, où 4 500 logements et 120 000 m² d’activités sont prévus, sur quelque 49 ha. Autour de la gare de la ligne 18 du Grand Paris express, qui améliorera encore la desserte du sud de la ville, plaçant le centre de Paris, via Orly, à une petite demi-heure. Sans dénaturer, Aude Nodé-Langlois le garantit, l’attrait de cette commune au charme préservé.