Ariane Bouleau-Saide – L’autorité et le charme

Ariane Bouleau-Saide dirige la SemPariSeine, une structure qu’elle a su redresser grâce à son dynamisme et à son art du management, solaire et enthousiaste.

Ce jour-là, Ariane Bouleau-Saide et son équipe s’apprêtent à quitter le Deskopolitan, espace de coworking branché du 11e arrondissement – barbershop et yoga –, qui les a accueillies pour quelques mois de transition. A l’initiative de cette parenthèse, la directrice générale de la SemPariSeine, longs cheveux dorés, grands yeux bleus qui papillonnent, silhouette gracile mais énergique, 46 ans sans en avoir l’air, ne boude pas son enthousiasme : « L’open space a renforcé la cohésion d’équipe ! », jubile-t-elle. Entre deux cartons, les membres s’offrent un gueuleton de Noël avec vue sur le potager en rooftop. En apéritif, face à une quarantaine d’yeux rivés sur son charisme solaire, Ariane Bouleau-Saide salue avec vigueur les challenges relevés par les salariés de la structure et attend les défis à venir. « Ça va être la fête ! », rayonne-t-elle.

Ariane Bouleau-Saide, directrice de la SemPariSeine. © DR

Assurément, la dame, ayant réussi l’amalgame de l’autorité et du charme, dirige ses matelots grâce à un subtil alliage de sourires, d’humour et de conviction. Un art de manager qu’elle a forgé dès ses débuts. A 26 ans, elle se voit ainsi propulsée à la tête du service urbanisme de la ville de Cergy, composé d’une vingtaine de personnes : « J’ai commis toutes les erreurs. J’ai pris des claques… et j’ai appris ! », rigole-t-elle.

Incitée par la mairie de Paris à prendre la direction de la Sem-
PariSeine il y a presque trois ans, après plusieurs années fécondes à Grand Paris aménagement, Ariane Bouleau-Saide a eu pour mission de redresser cette structure « au pied du mur et au bord du gouffre ». Après une transformation de la maison en promoteur public et la création de la SPL PariSeine, maître d’ouvrage pour le compte de la Ville, l’équipe, visiblement douée d’une santé solide, s’attelle désormais à des projets galvanisants : la création d’une « Oasis » jouxtant le jardin Atlantique (Paris 14e) ou celle des abords de la tour Eiffel. Paris lui doit un peu de ses nouveaux visages : durant dix ans, Ariane Bouleau-Saide, alors directrice de l’aménagement de la SemPariSeine, a pensé toute la rénovation de la dalle Beaugrenelle. « Je suis si fière lorsque je vois les habitants des environs y manger en terrasse », s’émeut-elle.

Très vite, elle a compris qu’elle pouvait changer la vie des gens. Ainsi, à la veille des années 2000, chargée d’évaluer les transformations de grands quartiers sociaux lyonnais, elle constate : « Grâce à nos actions, j’ai pu voir les femmes se réapproprier l’espace public. »

Vocation d’architecte

Son enfance ? Ariane, née à Paris 14e, grandit entre grues et chantiers à Marne-la-Vallée, ville nouvelle poussée au milieu des champs. « La naissance de ma vocation d’architecte », dit cette fille d’un scientifique et d’une littéraire. A l’heure des études, elle opte pour une double voie entre une école d’ingénieur en travaux publics et un cursus d’architecture. Le soir, elle pratique le chant et le théâtre. « Pendant que certains faisaient la bringue, moi, je bossais », relate cette mère de trois enfants, passionnée de running et de vélo. Avant l’obtention de son diplôme, le Grand Lyon l’embauche. Pour son mémoire de fin d’étude, elle démontre à son employeur ses erreurs : le parc d’activité de la Porte des Alpes ne doit surtout pas tourner le dos au centre commercial, qui attire les jeunes et une population mixte… Un « contre-projet » qui reçoit les félicitations du jury.

Bien dans ses basques, bien dans son job, que lui reste-t-il à accomplir ? « Il y a encore tellement à inventer, sans compter tous les défis écologiques à affronter ! », dit elle, dans un sourire.

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