Le Centre régional d’observation du commerce, de l’industrie et des services (Crocis) de la CCI Paris Ile-de-France, en partenariat avec l’Insee, vient de publier une étude concernant la pérennité à 5 ans des entreprises franciliennes créées en 2018. Malgré le choc inédit de la crise sanitaire, le maintien des entreprises a nettement progressé.
Parmi les 89 000 entreprises créées en 2018 en Ile-de-France (hors micro-entrepreneurs), 67 % sont encore actives cinq ans après leur création. Un niveau en hausse significative par rapport à la génération 2014 (59 %) confirmant ainsi une amélioration globale de la pérennité entrepreneuriale de la région. Cette progression de huit points s’observe dès la première année et s’accentue dans le temps. Elle reste toutefois légèrement inférieure à la moyenne nationale (69 %), un écart qui reflète les difficultés accrues rencontrées par les entreprises franciliennes face aux répercussions économiques post crise sanitaire.

Les activités financières et d’assurance affichent un taux de pérennité de 81 %. © Luc Boegly
Des trajectoires contrastées selon les secteurs
Cette dynamique favorable masque des disparités importantes selon les secteurs d’activités. L’étude révèle que les activités financières et d’assurance affichent les meilleurs résultats, avec un taux de pérennité de 81 %, suivies par la santé humaine et l’action sociale qui présentent un taux de 79 %. À l’inverse, les services administratifs et le commerce ont les taux les plus faibles, autour de 60 %.
Par rapport à 2014, la quasi-totalité des secteurs enregistre une progression, particulièrement marquée dans l’information-communication qui a gagné près de 11 points. Toutefois, quelques exceptions apparaissent notamment dans le secteur de la santé humaine et de l’action sociale qui reculent de près de 5 points et celui des services aux ménages qui reculent de 0,7 points.
Plus largement, la crise sanitaire a accentué les vulnérabilités de certains secteurs, notamment les arts, spectacles et activités récréatives, dont le taux de pérennité chute de 75 % à 59 %.
L’effet amortisseur des aides et la capacité d’adaptation
Selon l’étude, les dispositifs publics d’aides aux entreprises déployés par l’Etat pendant la crise de Covid, ont eu un effet positif sur les taux de pérennité. Les entreprises ayant bénéficié de l’activité partielle affichent un taux qui s’élève à 92 % contre 87 % pour celles non aidées. Ces mesures ont permis de maintenir en activité des entreprises qui auraient probablement cessé leur activité en période normale.
À côté de ce facteur, la capacité d’adaptation des entreprises apparaît comme déterminante. Le secteur de l’hébergement-restauration, pourtant durement touché durant la crise, a vu sa pérennité progresser de 62 % à 70 %, portée par le développement de la vente à emporter et de la livraison. Plus surprenant, l’étude indique que les entreprises ayant connu un arrêt complet pendant la crise affichent une pérennité de 90 %, signe d’un rebond rapide après la levée de crise.
Au final, cette résistance se lit aussi dans l’emploi. En effet, malgré la suppression de 22 700 emplois liés à la disparition d’un tiers des entreprises, l’emploi total associé aux entreprises créées au premier semestre 2018 a progressé de 10,8 % entre 2018 et 2023, passant de 72 200 à 80 000 emplois (+ 7 800 emplois).