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Masques : les métropoles demandent à l’Etat une meilleure coordination

La région Ile-de-France a déjà reçu et distribué plus de 10 millions de masques sur les 30 millions commandés. Paris a dispatché quelque 5 millions d’unités, tandis que la production nationale mensuelle est passée de 15 millions de masques FFP2 et chirurgicaux par mois avant la crise, à plus de 40 millions en avril. Mais les métropoles et grandes villes françaises, par la voix de France urbaine, demandent aujourd'hui à l’Etat d’élaborer une stratégie mieux coordonnée.

Alors que désormais, l’Etat a cessé de réquisitionner les masques disponibles en France, c’est le branle-bas de combat, dans une frénésie qui frise la cacophonie. La région Ile-de-France a sorti les grands moyens. La collectivité a d’ores et déjà reçu plus de 10 millions d’unités sur les 30 millions commandées. Si le conseil régional achète pour l’heure ses masques en Chine, avec quelques ratés au démarrage désormais résolus, Valérie Pécresse devrait faire très prochainement des annonces quant à l’ouverture de chaînes de production franciliennes. A l’instar du groupe japonais Iris Ohyama, qui vient de faire un don de 500 000 unités à la France et lancera, en octobre, une chaîne de production dédiée dans son usine de Lieusaint, en Seine-et-Marne.

La Région a distribué 10 millions de masques

La Région a fait évoluer sa centrale d’achat pour regrouper les commandes des collectivités territoriales. Les 10 millions de masques déjà distribués par le conseil régional l’ont été en priorité aux personnels médicaux, puis médicosociaux, par le biais des répartiteurs de l’agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France. « Nous ne sommes pas d’accord sur tout, mais travaillons bien ensemble » confie-t-on dans l’entourage de Valérie Pécresse.

Le 8 avril, le conseil régional fournit 100 000 masques à destination des acteurs du transport francilien. © CR IDF

Les cultes ou les pharmacies, ainsi que les compagnies de transport (réseau Optile, Transdev, RATP ou SNCF) ont également bénéficié de la distribution régionale. Valérie Pécresse se félicite, au passage, d’avoir obtenu un changement de doctrine de l’Etat, d’abord opposé au port du masque par les conducteurs.

Le conseil régional a également donné des masques à l’ensemble des communes qui en ont fait la demande, avec un plafond fixé à 20 % du nombre d’habitants. Un don incluant les 20 arrondissements de Paris.

Car la Capitale, qui disposait avant l’épidémie d’un stock de quelque 5 millions de masques, les a distribués dans leur totalité, avec le même ordre de priorité que la Région, les attribuant en premier lieu aux personnels soignants, les plus exposés. Paris vient de passer commande de 7,5 millions d’unités, également en Chine, par trois lots de 2,5 millions, ne souhaitant pas, compte tenu d’un degré d’incertitude relativement élevé sur leur bonne livraison, mettre tous ses œufs dans le même panier.

Paris a déjà distribué 5 millions de masques. © Jgp

« Nous étudions comment nous allons garantir à chaque Parisien de pouvoir obtenir un masque en pharmacie, sans doute en utilisant son numéro de sécurité sociale », indique Anne Souyris, maire adjointe chargée de la santé. Une élue qui s’étonne de ne toujours pas voir la couleur des masques commandés par l’Etat, trois mois et demi après l’arrivée de l’épidémie en France.

Les masques « faits maison » déconseillés

De nombreux maires ont pris l’initiative de distribuer des masques à l’ensemble de la population, provoquant chez leurs homologues le sentiment qu’il fallait procéder de même au risque de se le voir, sinon, reprocher. « Nous considérons plutôt qu’il revient aux municipalités d’assurer une distribution des masques auprès des personnes fragiles, dont les sans-abri ou les personnes âgées, mais pas forcément à l’ensemble de la population », indique un haut fonctionnaire territorial.

Si l’Etat, via la direction générale des entreprises (DGE) du ministère des Finances, a mis sur pied une place de marchés, StopCovid19.fr, mettant en lien les grandes entreprises des secteurs prioritaires avec les filières de production, les commandes infructueuses, compte tenu de capacités de production mondiales en hausse mais saturées, sont nombreuses. Ainsi Paris, par exemple, ne compte recevoir sa commande qu’à la fin du mois. Les promoteurs, via leur fédération nationale, ont également passé commande d’un million d’unités et la chambre régionale de la FPI attend son quota.

Quant aux masques « faits maison », qui font florès dans les chaumières, le ministère de la Santé, de même que l’Organisation mondiale de la santé les déconseillent, les personnes les portant ayant tendance à négliger les gestes-barrière alors même que l’efficacité de leur protection n’est pas toujours avérée.

Une production nationale passée de 15 à 40 millions de masques FFP2 par mois

« Pour accroître la production de masques et en massifier l’approvisionnement dans les meilleurs délais, une mobilisation inédite de l’industrie française a été engagée, sous l’égide d’Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances », indique Bercy. Cette mobilisation a notamment permis :

Les différents types de masques

Deux catégories de masques médicaux : 

Deux catégories de masques à usage sanitaire

Masques : ce que dit le guide de préconisation de sécurité sanitaire

Le guide de préconisation de sécurité sanitaire de l’OPPBPT (Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics) tient compte de l’avis de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament), qui indique que certains travaux réalisés dans le cadre d’une activité professionnelle interdisent le respect des gestes barrières (portage de charges ou autres opérations nécessitant la présence de plusieurs opérateurs à proximité immédiate).

Dans ces cas, prévoit le guide, et après qu’une analyse du poste ait conclu sur ce fait, la préconisation d’utilisation de masques est la suivante :

Plus globalement, le guide préconise le port d’un masque de protection respiratoire et de lunettes obligatoire dans les cas suivants :

Dans les autres cas, le port du masque n’est pas obligatoire et fait l’objet d’une discussion dans le cadre du dialogue social de l’entreprise. Les personnels doivent être formés à l’utilisation des masques. En période de pic épidémique, le respect de la distance minimale d’un mètre reste indispensable pour éviter les risques de contact, sauf en cas d’impossibilité technique avérée.