A moins de 1 000 jours de l’inauguration des premières gares, la Société du Grand Paris a dévoilé 11 nouvelles œuvres tandems « artistes & architectes » pour les gares du Grand Paris express. L’annonce a eu lieu au ministère de la Culture le jeudi 24 février 2022, en présence de Roselyne Bachelot-Narquin entourée des architectes et des artistes du futur métro.
« Nous confirmons ainsi notre ambition de faire du Grand Paris express une grande collection d’art répartie sur l’ensemble de la métropole et accessible à tous », a indiqué Jean-François Monteils, président du directoire de la Société du Grand Paris jeudi 24 février, sous les lambris dorés sur salon des Maréchaux du ministère de la Culture, rue de Valois à Paris (Centre). « Dans les gares, les œuvres d’art seront inédites d’un point de vue créatif, mais également relationnel avec le public : elles appartiennent toutes à un nouveau chapitre de l’histoire de Paris. Cette collection sera un précipité de l’art du XXIe siècle », ajoutait José-Manuel Gonçalvès, directeur artistique pour le Grand Paris express, en présentant, en présence de plusieurs d’entre eux, 11 nouveaux tandems artistes-architectes, dont les œuvres décoreront les gares du futur métro, en renforçant la singularité de leur identité. Une démarche dont la métropole du Grand Paris est partenaire.
Ces collaborations originales, sur le principe de tandems artistes et architectes, apporteront une dimension esthétique, sensible et poétique aux 68 nouvelles gares du réseau, par la création d’œuvres véritablement intégrées à l’architecture des gares, précise la Société du Grand Paris. Cette grande commande d’art public participe de l’ambition esthétique, urbaine et sociale des futures gares.
Les 11 nouvelles œuvres « tandems artistes & architectes » dévoilées
Sevran-Livry – Daniel Buren & Jean-Marie Duthilleul
Antonypole – Julie C. Fortier & Eric Puzenat
Le Bourget Aéroport – Mona Hatoum & Jacques Pajot
Centre d’exploitation de la ligne 18 – Fatiha Zemmouri & Jean-François Schmit
Bagneux – Tatiana Trouvé & Marc Barani
S’inspirant d’une structure « troglodyte », l’architecture de la gare de Bagneux évoque le creusement dans la masse rocheuse à travers une texture murale en béton reprenant les traces d’extraction de la roche. Dans l’œuvre de Tatiana Trouvé, on retrouve l’idée de puits, de caverne, où la lumière du jour s’estompe progressivement à mesure que l’on arrive aux quais. L’artiste crée une immense fresque-paysage minérale qui se serait fossilisée lors de la construction de la gare. Des sculptures en bronze et plâtre, des vitrines et gravures, s’entremêlent aux marbres créant un jeu de matières. Sur les parois du -2, quatre panneaux de marbre, tels des bas-reliefs, se dressent. Les dessins de l’artiste s’inscrivent dans les veinures de la roche et les incrustations de bronze.
Clichy-Montfermeil – JR & Benedetta Tagliabue
Sur les façades extérieures de la gare Clichy-Montfermeil, l’artiste JR déploie une fresque monumentale composée de 800 photographies d’habitants de Clichy-Montfermeil prises en 2016. La fresque, imprimée sur des carreaux de céramique, est une adaptation de celle exposée au Palais de Tokyo en 2017, puis au cœur de la cité des Bosquets à Clichy-sous-Bois. Elle est ici retravaillée pour répondre harmonieusement à la vague caractéristique de la canopée de la gare pensée par l’architecte Benedetta Tagliabue. Véritable mosaïque humaine, la scène est « un portrait de ceux qui s’efforcent de remettre de la poésie dans le ciment », selon JR.
Champigny Centre – Michelangelo Pistoletto & Thomas Richez
Pour la gare de Champigny Centre, Michelangelo Pistoletto propose une installation lumineuse qui accompagne le parcours des voyageurs depuis l’entrée jusqu’aux quais. En lettres de néons colorés, la phrase Aimer les différences se décline en 16 langues, les plus parlées à Champigny. Au centre de la gare, le fil des mots forme le Troisième Paradis inspiré du symbole de l’infini, thème récurrent dans l’œuvre de Michelangelo Pistoletto, annonciateur d’un monde nouveau qui nous fait pénétrer dans l’ère de la responsabilité, mettant à profit l’âge de la connaissance.
Parc des Expositions – Félicie d’Estienne d’Orves & Dietmar Feichtinger
« À la vitesse de la lumière, nous sommes à 10 min de Vénus, à 4 années de l’exoplanète Proxima B ou encore à 2,3 milliards d’années de la galaxie Abell 2218 ». L’œuvre Travelling Time de l’artiste Félicie d’Estienne d’Orves s’inspire de cette expérience : un ensemble de faisceaux lumineux incrustés dans le plafond de la mezzanine illuminent au sol le nom d’objets célestes ainsi que le temps de voyage pour les atteindre depuis la gare Parc des Expositions. À chaque arrivée du métro, le plafond de la mezzanine s’anime en suivant le mouvement du train et les lettres s’illuminent à intervalle régulier. L’ensemble de la lumière se retire ensuite en quelques secondes au départ du métro. Le temps de son déplacement pour rejoindre le quai, l’usager traverse ainsi un univers balisé d’une centaine d’objets célestes vibrant au rythme du Grand Paris express.
Aéroport d’Orly – Vhils & François Tamisier
Villejuif Louis-Aragon – Constance Guisset & Philippe Gazeau
Dans cette gare vitrée ouverte aux quatre vents, l’œuvre de Constance Guisset propose de rendre visible les mouvements d’air et en symétrie avec ceux des usagers. Une chaîne se déploie de part et d’autre des axes de circulation. Elle accompagne le passager dans son parcours et l’invite à se perdre dans un instant de contemplation, amplifié par les reflets d’un plafond miroir. La chaîne est sertie d’objets de vent, pales organiques bougeant doucement au gré des flux d’air, formant une œuvre vivante qui se dessine en mouvement.
Kremlin-Bicêtre Hôpital – Eva Jospin & Jean-Paul Viguier
Pour la gare du Kremlin-Bicêtre Hôpital, Eva Jospin imagine une œuvre en deux parties à l’extérieur et à l’intérieur de la gare. Sur la façade extérieure, l’artiste crée comme un flanc de roche en béton, constitué de strates superposées devant lesquelles prolifèrent des lianes de bronze, tirées à partir de modèles en carton, matériau de prédilection de l’artiste. S’inspirant du film Fellini Roma, où les merveilles antiques enfouies voient le jour à la construction du métro, Eva Jospin évoque ici la pétrification et les découvertes archéologiques dans les chantiers du Grand Paris express.