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Pour Méhadée Bernard (Gosb), « une clarification institutionnelle s’impose »

La successeure de Michel Leprêtre à la présidence de Grand Orly Seine Bièvre, Méhadée Bernard, élue le 14 avril, a souligné dans son premier discours à ces fonctions sa conviction de la nécessité d'une clarification des rôles entre la Métropole d'une part et les EPT d'autre part.

La nouvelle présidente de Grand Orly Seine Bièvre Méhadée Bernard (PCF) a commencé son discours de remerciements, mardi 14 avril au théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine, par affirmer son attachement à la commune, « premier échelon de la démocratie, celui de la proximité, celui où se tissent les engagements, celui qui permet la confiance, car nous sommes toutes et tous à portée d’engueulade, comme on dit ». « C’est bien à partir de cet engagement communal que nous devons construire notre action collective », a poursuivi l’adjointe au maire d’Ivry, inscrivant son action, comme c’est la règle dans le Grand Paris, et le fonctionnement majoritaire en France, dans une logique de refus de la supracommunalité. « La commune n’est pas un échelon anachronique ou résiduel de notre organisation territoriale », a poursuivi la successeure de Michel Leprêtre à la tête du plus vaste Territoire du Grand Paris, qui rassemble 24 communes (19 dans le Val-de-Marne et 5 en Essonne). « Alors, rien ne doit se faire qui contrevienne à la décision d’un conseil municipal », a-t-elle encore affirmé.

Méhadée Bernard, présidente de Grand Orly Seine Bièvre. © Jgp

« Je suis personnellement le fruit d’un communisme municipal qui m’a construite et accompagnée à chaque moment de ma vie », a-t-elle également fait valoir, rappelant, en citant Jean Jaurès, « que les services publics sont le patrimoine de ceux qui n’en ont pas ».

Écoute, dialogue et solutions partagées

Concernant la méthode, Méhadée Bernard s’est engagée à la fonder « sur l’écoute, le dialogue et la recherche de solutions communes et partagées ». « Nous évoluons dans un cadre institutionnel que chacun ici connaît. Celui d’une réforme territoriale engagée il y a dix ans qui a, depuis le Parlement, redessiné la carte de nos intérêts, de nos intercommunalités, créé la métropole du Grand Paris, institué les établissements publics territoriaux, dont le nôtre, sans aller au bout de sa logique », a-t-elle également estimé.

Dénonçant des compétences « parfois enchevêtrées », « des financements fragmentés », « des périmètres discutés », la présidente de Grand Orly Seine Bièvre a également estimé « que la question métropolitaine mérite d’être posée ». « Franchement, la métropole du Grand Paris a été construite comme une promesse de solidarité et de puissance collective. Elle devrait permettre d’adapter l’action publique à un fait métropolitain préexistant, en corrigeant ses limites et les inégalités qu’il crée. Dix ans après, et quelles que soient nos convictions politiques, force est de constater que cette promesse reste largement en suspens. »

Entre-deux institutionnel

Selon l’élue, les EPT, « conçus comme des extensions des échelons de proximité au sein de cette architecture métropolitaine, se retrouvent trop souvent dans une position inconfortable, ni des intercommunalités de plein droit, ni des courroies de transmission des décisions métropolitaines, comme l’ambitionnait initialement la loi Maptam ». Un entre-deux institutionnel « qui nuit à la lisibilité de notre action et in fine à l’efficacité de nos services aux communes, et ce d’autant plus que la loi dispose de transferts de compétences très hétérogènes, basés sur l’histoire des intercommunalités ».

Autant de raisons qui l’amènent à estimer qu’une clarification s’impose : « Soit la métropole assume pleinement son rôle stratégique et laisse aux EPT la capacité d’agir librement dans leur périmètre de proximité. Soit nous revenons à une architecture plus lisible où chaque échelon sait ce qu’il fait, pourquoi il le fait et avec quels moyens, a-t-elle résumé. Ce débat doit avoir lieu, il doit avoir lieu ici, entre nous. Il doit avoir lieu à la métropole. Il doit avoir lieu à Paris, dans les couloirs du ministère et dans les hémicycles du Parlement. »