Le journal du Grand Paris – L'actualité du développement de l'Ile-de-France

Les affiches historiques de la collection d’Alain Gesgon au musée intercommunal de Nogent

400 ans d’histoire à travers quelque 184 affiches de l’incroyable collection d’Alain Gesgon font l’objet d’une exposition au musée intercommunal de Nogent-sur-Marne. Avec un parfait éclectisme, des édits royaux aux affiches de campagne de Jacques Chirac, du Front populaire à Ordre nouveau.

Marteler un message grâce à quelques traits de crayon, un slogan ou, plus récemment, une photo : l’art de l’affiche, sous les diverses formes prises au fil des siècles, s’expose au musée intercommunal de Nogent-sur-Marne jusqu’en juillet prochain. Les curateurs de cet événement ont eu l’embarras du choix pour sélectionner les pièces retenues, tant la collection réunie par Alain Gesgon (1939-2024) est ample. C’est en avril 1961 que le Comité des soldats s’opposant au putsch des généraux en Algérie l’incite à réaliser ses premières photos de graffitis politiques muraux. S’ensuivra une collection de quelque 300 000 affiches, Alain Gesgon ayant passé sa vie à leur recherche, arpentant les rues avec son cutter, écumant les imprimeries, les sièges des partis politiques, fouillant les caves, les greniers et les marchés aux puces. Un trésor auquel s’ajoute une multitude d’objets, dont certains sont également exposés à Nogent. Avec la même recherche de représentativité et d’éclectisme, d’une pipe représentant Staline à un jeu de société aux couleurs de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal, sans oublier briquets, assiettes, crayons…

L’exposition organisée par le Centre international de recherche sur l’imagerie politique (Cirip), avec le soutien de Paris Est Marne & Bois, de la préfecture de région, de Musée de France et de la Ville de Nogent, pallie un manque : la collection d’Alain Gesgon a fait l’objet de quelque 300 expositions du vivant de ce collectionneur infatigable (voir ci-dessous), mais n’a pas le musée qu’elle mérite. La faute en partie à Alain Gesgon lui-même, ce dernier ayant constamment refusé toute proposition, y compris celle de Pierre Mauroy, alors maire de Lille, de lui dédier un espace de 3 000 m². « Ce sera dans Paris ou rien », lui avait alors répondu le chercheur d’affiches.

La sélection visible à Nogent va de Georges Wolinski au Front populaire, d’Ordre nouveau à la propagande des réfractaires à l’impôt. De l’Édit du roy annonçant en 1685 la révocation de l’Édit de Nantes au recrutement de soldats pour l’Indochine. On découvre aussi les Femmes de la Libération nationale (1944), associant féminisme et résistance, ou encore, dans les années 1950, la terreur du communisme, qui amène son lot d’affiches caricaturales, à l’image d’un Jacques Duclos, l’air idiot, présenté comme le « pigeonné » de Moscou. Et de constater que les correspondances avec l’actualité foisonnent.

© Jgp

L’histoire s’affiche – 400 ans d’histoire par l’affiche – Jusqu’au 31 juillet 2027 – Musée intercommunal de Nogent-sur-Marne