La Chambre de commerce et d’industrie de Paris a fait salle comble mardi 11 février 2025 dans le prolongement du sommet de l’IA. Objectif, accompagner les commerçants et entrepreneurs divers vers l’usage de ces nouveaux outils.
On avait rarement vu autant de monde à la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, place de la Bourse. Au rez-de-chaussée comme dans les étages, une série de conférences et d’entretiens en tête-à-tête avec des prestataires, organisés mardi 11 février dans le prolongement du Sommet de l’IA, ont permis aux ressortissants de la chambre consulaire de s’acculturer à ces nouveaux outils. L’événement a été l’occasion de présenter des exemples concrets d’application de de cette technologie dans des secteurs variés (commerce de détail, logistique, gestion des stocks, marketing, etc.).
Lors de ces rencontres, Benoit Tabaka, secrétaire général de Google France, a partagé ses réflexions sur les enjeux actuels de l’intelligence artificielle (IA) et son rôle central pour l’Europe et les entreprises françaises.
Pour lui, l’intelligence artificielle n’est plus une innovation incrémentale mais un véritable point d’inflexion technologique. « Ce n’est pas simplement un développement technologique, c’est une transformation accélérée qui va bouleverser des secteurs entiers : la santé, l’éducation, l’économie », a-t-il précisé, fort de ses 13 années d’expérience au sein du géant technologique, dont six à Paris.
L’Europe, bien que confrontée à une adoption plus lente de l’IA comparée à d’autres régions du monde, dispose néanmoins de nombreux atouts pour s’imposer. « Nous avons une richesse de talents, une culture mathématique forte et des infrastructures, notamment en France grâce à l’énergie bas carbone », a affirmé Benoit Tabaka. Il a rappelé que Google France abrite son plus grand laboratoire de recherche en IA en Europe, situé à Paris, et développe des modèles comme Gemini, un agent conversationnel qui s’intègre dans des outils comme Gmail.
L’Europe en retard
Pour autant, l’un des défis majeurs reste l’adoption de l’IA par les entreprises, en particulier en Europe où moins de la moitié des acteurs économiques utilisent cette technologie. Benoit Tabaka a noté que si l’appropriation mondiale est en forte croissance, l’Europe accuse un retard. « Les entreprises doivent se lancer. C’est l’adoption de l’IA qui est aujourd’hui l’enjeu », a-t-il déclaré, tout en précisant que Google s’engage activement pour accélérer cette adoption, y compris dans les petites et moyennes entreprises (PME). Il a notamment pris l’exemple d’un chocolatier ou d’un fleuriste qui, grâce à l’IA, peuvent créer des campagnes de communication ciblées sans disposer de compétences particulières. « L’IA, c’est un outil d’aide, a-t-il insisté. En générant des contenus, des visuels, ou même des vidéos promotionnelles, l’IA permet à ces entreprises d’optimiser leur visibilité ».
Benoit Tabaka a également abordé l’impact de l’IA sur l’emploi. « Ce qui va changer, c’est l’introduction de l’IA pour améliorer la productivité des tâches quotidiennes », a-t-il précisé, citant son propre exemple de gestion d’emails avec des outils d’IA qui priorisent et résument les messages. Il a également mentionné les partenariats de Google avec France Travail pour former les demandeurs d’emploi à l’utilisation de l’IA, en soulignant que 77 % des chercheurs d’emploi ont déjà recours à ces technologies.