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Deux départements résistent à la vague de radiations d’entreprises en Île-de-France

Au premier semestre 2026, les radiations d’entreprises ont fortement progressé en France et en Île-de-France. La Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne font exception, avec des baisses respectives de 14,1 % et 6 %.

L’Est parisien semble échapper, pour l’instant, à la dégradation observée ailleurs. Au premier semestre, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne ont enregistré 20 438 créations d’entreprises, contre 18 888 radiations, soit un solde positif de 1 550 entreprises.

À l’échelle nationale, le contraste est marqué : 306 860 entreprises ont été radiées sur la période, en hausse de 24,7 %. En Île-de-France, 87 527 radiations ont été enregistrées, soit une progression de 19,1 %. Sur les huit départements franciliens, seuls trois affichent une baisse, dont les deux départements de l’Est parisien. La Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne font donc exception de cette baisse nationale, avec des baisses respectives de 14,1 % et 6 %.

Bastien Brunis, président du Medef de l’Est parisien. © Jgp

Les entreprises en difficulté restent stables dans les deux départements, alors qu’elles progressent de 5,1 % en France. Les injonctions de payer, qui constituent un premier indicateur des tensions de trésorerie, reculent également : de 38,4 % en Seine-Saint-Denis et de 18 % dans le Val-de-Marne. « Quand les fermetures d’entreprises augmentent d’un quart en France, elles re culent chez nous. Ce n’est pas un accident statistique, c’est le travail des chefs d’entreprise du 93 et du 94 », affirme Bastien Brunis, président du Medef de l’Est parisien.

Des entreprises qui continuent de s’installer

La Seine-Saint-Denis se distingue aussi par les mouvements de sièges sociaux. Avec 241 arrivées pour 237 départs, elle est le seul département francilien à afficher un solde positif. À l’inverse, Paris accuse un solde négatif de 646 sièges sociaux et l’ensemble de la région de 1 339. Le 93 compte aujourd’hui 180 381 entreprises actives, ce qui en fait le troisième département économique d’Île-de-France, derrière Paris et les Hauts-de-Seine. Sur les six premiers mois de l’année, 11 765 entreprises y ont été immatriculées. Le Val-de-Marne en compte 8 673, soit une progression de 4,9 %.

Le recours à la prévention progresse également en Seine-Saint-Denis. 389 dossiers ont été ouverts au premier semestre, soit 31 % de plus qu’auparavant, dont 370 à la suite d’une convocation du tribunal. Pour Infogreffe, cette évolution traduit une détection plus précoce des difficultés, qui laisse plus de possibilités d’intervention avant qu’une situation ne devienne irréversible. Le tableau reste toutefois contrasté dans le Val-de-Marne, où les inscriptions de privilèges du Trésor (qui accompagne les entreprises à l’export, soutient leur financement, et les accompagne en cas de difficultés), ont augmenté de 143,8 %, pour atteindre 195 inscriptions. Un chiffre à relativiser, précise le communiqué publié le 27 août par Infogreffe et le Medef de l’Est parisien, compte tenu de la faiblesse de la base de comparaison. Pour Bastien Brunis, ces données doivent être regardées au-delà des seules créations d’entreprises : « Nous ne partons pasde rien : nous partons de haut. » L’enjeu des prochaines années sera également selon l’organisation patronale « celui de la transmission et de la reprise des entreprises existantes. »