Sophie Taillé-Polian et Roseline Sarkissian, conseillères régionales socialistes, reviennent sur la conférence sur l’air récemment organisée par la Région. Les deux élues craignent que « les ambitions du plan et sa mise en œuvre ne soient pas réellement corrélées ».
Quel regard avez-vous porté sur la conférence sur l’air récemment organisée par la Région ?
La Conférence sur l’air était une initiative prise sous l’ancien mandat. Le principe de sa tenue était acté. Sa mise en œuvre est une bonne chose. Les contributions des acteurs engagés dans les territoires, spécialistes du domaine, ont apporté des éclairages utiles.
L’élargissement à une conférence citoyenne comme proposé par nos collègues du groupe EE-LV était une bonne initiative. Il n’a pas été accepté par l’exécutif. C’est regrettable.
Quelle a été votre contribution dans le cadre des mesures du pacte sur l’air récemment adopté par la Région ?
Nous avons fait le choix de participer et de faire des propositions parce que nous sommes convaincues que ces enjeux sont majeurs. Il est un peu dommage que la majorité, pour des raisons étroitement politiciennes, passe sous silence les réalisations en matière de transports, environnement, agriculture effectuées sous l’ancienne mandature tout comme le plan ambitieux d’Anne Hidalgo à Paris et les avancées qui figurent dans ce domaine au sein de la loi sur la transition énergétique.
En ce qui concerne concrètement nos apports, la première version du pacte ne comprenait pas de volet sur l’agriculture ni même la santé, ce qui est un peu problématique… Nous avons donc demandé plusieurs dispositions en la matière. Elles sont insuffisantes mais existent : c’est une avancée. S’agissant des transports, nous avons mis sur la table la question de l’aide à la conversion pour les véhicules utilitaires et des pôles logistiques (pour la desserte des derniers km). C’est une bonne chose d’avoir intégré ces différents points même si la majorité n’a à aucun moment fait mention de l’implication de l’opposition dans sa communication pourtant abondante sur le sujet.
Quelles sont plus globalement vos propositions sur ce point ?
Nos propositions visent dans un premier temps à rétablir les budgets qui ont baissé depuis le début de la nouvelle mandature dans un certain nombre de domaine pourtant stratégiques dans la lutte contre la pollution et l’amélioration de la qualité de l’air. Ainsi, il nous semble paradoxale que l’exécutif régional ait supprimé 15 000 euros sur le budget de fonctionnement d’AirParif, un million sur l’éducation à l’environnement, 35 millions pour la lutte contre la précarité énergétique (en cumulé dans les secteurs lycée, logement, et environnement), ou encore un million d’euro pour les programmes de prévention des maladies liées à l’environnement. Cela laisse craindre que l’affichage ambitieux du plan que nous avons voté ne soit pas réellement corrélé à sa mise en œuvre par manque de moyens financiers.
Par ailleurs, nous sommes d’accord pour confier plus de responsabilités aux Régions sur la qualité de l’air mais demandons des garanties quant à leur exercice, notamment en coordination avec la métropole, la ville de Paris et les autres collectivités. De la même manière, si nous sommes favorables au principe d’une écotaxe régionale, nous serons vigilants quant à sa mise en œuvre effective. Sur le volet transport, nous avons pris acte des annonces des différents plans routes, vélos promis par la majorité régionale et sommes désormais en attente de leur modalité d’élaboration et d’exécution. Nous ne voyons parallèlement rien venir s’agissant des 1 000 bus promis par Valérie Pécresse, ce qui commence à faire beaucoup d’annonces qui attendent toujours une concrétisation.
De notre côté, nous proposons le développement de boucles d’autopartage de type autolib’, la mise en œuvre d’un utilib’ (véhicules utilitaires) et de définir ensemble un traitement privilégié pour les axes routiers problématiques. A l’instar de la ville de Paris, nous souhaitons en outre que la région s’associe aux études portant sur la question du freinage (métro et véhicules sur route) qui représente une cause importante de pollution.