Les divisions de Paris et d’Orléans de l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) ont dévoilé, le 18 octobre 2017, leur bilan en matière de sûreté nucléaire en Ile-de-France pour l’année 2016. Le niveau est "globalement satisfaisant" pour les installations de proximité.
Assurer au nom de l’Etat la sécurité en matière de nucléaire auprès de la population, tel est le rôle fondamental de l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN). En Ile-de-France, celle-ci a réalisé 222 inspections en 2016, dont elle a dressé un bilan le 18 octobre 2017. « L’ASN est indépendante et contribue à l’information citoyenne », a rappelé à cette occasion Bastien Poubeau, chef de la division de Paris.
En Ile-de-France, pas de centrale nucléaire à surveiller, mais une multitude d’installations de proximité, dans le secteur médical (radiothérapie, etc.), ainsi que dans les domaines industriel et vétérinaire. L’ASN considère que le niveau de sûreté y est « globalement satisfaisant » tout en regrettant « la faible culture de radioprotection constatée dans certains centres dans lesquels ont lieu des pratiques interventionnelles radioguidées ».
Les établissements médicaux devraient être plus rigoureux afin d’éviter au personnel une exposition chronique aux éléments ionisants.
Il nous arrive d’aller dans des établissements où la formation date de quelques semaines avant l’inspection, alors qu’elle doit être quotidienne, affirme le chef de la division de Paris
« Efficience insuffisante »
L’ASN contrôle également les installations nucléaires fixes (ou installations nucléaires de base (INB)) du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) comme à Saclay (Essonne). Concernant les installations en démantèlement, une inspection a ainsi relevé des progrès possibles dans la gestion des aires d’entreposage des déchets.
Enfin, l’INB de l’usine CIS Bio International basée à Saclay fait l’objet des critiques les plus sévères. Malgré « quelques améliorations constatées », « l’efficience de l’organisation reste insuffisante » relève l’ASN qui a appliqué des mesures de police administrative pour « non-respect de l’évacuation des substances radioactives » et va maintenir une surveillance renforcée en 2017.
Sols et sites pollués, un problème de santé publique
Parallèlement, l’ASN continue de contrôler les sites franciliens pollués par des substances radioactives, comme le site de l’Institut Curie dans le 5e arrondissement de Paris mais aussi ceux de Fontenay-aux-Roses et de Saclay du CEA, ceux de l’ancienne usine Satchi de L’Ile-Saint-Denis, des anciens laboratoires Curie d’Arcueil, du CEA de Fort Vaujours, de l’école Marie-Curie de Nogent-sur-Marne et de l’ancienne société l’Ecole luminescence de Colombes pour ne citer qu’eux.