Le projet GéoMeudon entre dans sa phase industrielle. Les travaux de forage d'une installation de géothermie profonde ont débuté à Meudon-la-Forêt, sur le site de l'ancienne chaufferie gaz du réseau de chaleur urbain. À l'horizon 2027, 83 % de la chaleur distribuée à quelque 7 600 équivalents-logements sera d'origine renouvelable, pour une économie annuelle de 17 700 tonnes de CO₂.
Le chantier est désormais visible route du Tronchet, à Meudon-la-Forêt (Hauts-de-Seine). C’est sur ce site historique, celui de la chaufferie gaz du réseau de chaleur municipal, que s’engage la transformation énergétique la plus structurante de la ville depuis plusieurs décennies. Le forage géothermique profond marque le tournant concret d’un projet préparé de longue date par la société GéoMeudon, détenue à 90 % par Engie solutions et à 10 % par la ville de Meudon.
Un doublet à trois drains par puits
La technique retenue repose sur le doublet géothermique, procédé classique dans le bassin parisien, mais ici optimisé. Un puits de production extrait l’eau chaude des profondeurs, tandis qu’un puits de réinjection restitue intégralement le volume prélevé dans la nappe souterraine. La singularité du projet tient à l’utilisation de forages multi-drains, avec trois drains par puits au lieu d’un seul dans les installations conventionnelles, ce qui permet une exploitation sensiblement plus efficace de la ressource, affirment les porteurs du projet.
L’eau géothermale est captée à environ 1 500 m de profondeur, à une température voisine de 64°C. Ses calories sont ensuite transférées au réseau de chaleur par échangeur, avant que l’eau refroidie ne soit réinjectée dans l’aquifère. Le processus est en circuit fermé, sans consommation d’eau et sans émissions directes.
Un réseau de 8 kilomètres déjà adapté
Engie solutions a d’ores et déjà engagé les travaux préparatoires. Entre 2024 et 2025, la chaufferie gaz a été entièrement reconstruite afin de sécuriser la production de chaleur pendant la phase de transition. Le réseau de distribution, long de 8 km, a parallèlement été modernisé, passé en basse pression et ses 80 points de livraison adaptés pour accueillir l’énergie géothermique.
À l’issue de ces travaux, le réseau sera approvisionné à 83 % en énergie renouvelable locale. Outre la réduction des émissions de CO₂, les abonnés bénéficieront d’une TVA réduite à 5,5 %, applicable dès lors que le mix énergétique dépasse 50 % d’énergies renouvelables, ainsi qu’une plus grande stabilité tarifaire, l’énergie géothermique étant indexée sur des paramètres peu exposés aux marchés des combustibles fossiles.
36,8 millions d’euros d’investissement total
Le coût global du projet s’élève à 36,8 millions d’euros. Il bénéficie d’un soutien public de 6,9 millions d’euros, dont 3,9 millions au titre du fonds chaleur de l’Ademe et 3 millions apportés par la région Île-de-France. La société GéoMeudon assurera l’exploitation de l’installation et la fourniture de chaleur renouvelable au réseau pendant 28 ans.
Denis Larghero, maire (UDI) de Meudon et vice-président du département des Hauts-de-Seine, souligne que les habitants, d’abord sceptiques, ont progressivement adhéré au projet au fur et à mesure que ses bénéfices concrets, stabilité des prix, réduction des émissions, sont devenus tangibles. Le projet a en effet suivi un parcours long, depuis les études de faisabilité jusqu’à l’obtention des autorisations de forage.
La mise en service de la centrale géothermique est prévue pour 2027. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de verdissement des réseaux de chaleur franciliens, auquel le bassin parisien, qui concentre la majorité des installations géothermiques de basse et moyenne enthalpie en France, se prête particulièrement bien grâce à ses aquifères du Dogger et du Lusitanien.