En présence de l’ancien maire du 18e Daniel Vaillant et de l’ex-président de Région Jean-Paul Huchon, dans une Rotonde survoltée, Emmanuel Grégoire, candidat à la mairie de Paris, a formulé le 22 janvier une série de propositions en présentant ses vœux. Le député s’est déclaré ouvert à des primaires élargies à gauche.
Dans une Rotonde-Stalingrad pleine, en ouverture de la soirée, Mahor Chiche, élu du 19e arrondissement, a rappelé qu’il s’agissait du plus jeune arrondissement de Paris, abritant pas moins de 127 nationalités et la plus grande communauté juive d’Europe. Tous les intervenants venus chauffer la salle ont opposé les valeurs humanistes et progressistes attribuées à la gauche en général et aux socialistes en particulier à celles d’une droite jugée réactionnaire et dépassée. Plusieurs militants des « arrondissements de conquête », 5e, 15e et 17e notamment, ont fustigé à leur tour des mairies taxées d’être opposées à toute politique sociale ou culturelle digne de ce nom, de même qu’à la démocratie locale. En refusant, par exemple, que de simples habitants président des conseils de quartier, préférant les laisser aux mains des élus.
En présence de Daniel Vaillant, ancien maire du 18e arrondissement et de Jean-Paul Huchon, ex-président de la région Ile-de-France (voir ci-dessous), Emmanuel Grégoire a entamé son discours en enjoignant l’Union européenne à ne pas rester inerte face à la menace que représente à ses yeux « la crème de l’Internationale réactionnaire » réunie au Capitole, à Washington, pour l’investiture de Donald Trump. « Comme des lapins pris dans les phares, les élites européennes s’enferment dans le silence. Les 27 tergiversent alors qu’Elon Musk entend faire triompher l’extrême-droite jusqu’à notre continent ». « Il faut mesurer le rôle historique, symbolique et politique qui est celui de Paris dans ce combat des Lumières contre la nuit. Et combien le rôle de la mairie de Paris importera si par malheur notre pays basculait à l’extrême-droite en 2027 », a-t-il martelé.
Emmanuel Grégoire a condamné le choix du président de la République de ne pas nommer à Matignon un représentant du bloc de gauche, « paralysant la démocratie ». Il a raillé la faible place consacrée à la transition écologique par François Bayrou lors de son discours de politique générale. « La gauche du tout ou rien, c’est la gauche du rien », a-t-il également déclaré à l’intention d’une France insoumise « avec laquelle il n’y aura jamais d’alliance ».
Anne Hidalgo ménagée
Celui qui fut longtemps son premier adjoint a ménagé la maire de Paris. « Bertrand Delanoë a transfiguré Paris, Anne Hidalgo, par son courage et avec la détermination que nous lui connaissons, l’a fait entrer dans l’ère écologique », a-t-il souligné.
Au nombre de ses propositions pour Paris, le candidat à la candidature socialiste s’est déclaré favorable à une mesure baptisée « Un mois, une découverte », « qui vise à offrir à chaque enfant parisien une sortie culturelle ou artistique mensuelle ». Il a décrit les grandes lignes de ce que serait son combat pour un droit de vivre à Paris, s’inscrivant largement dans la continuité des politiques mises en œuvre au cours des mandats d’Anne Hidalgo en matière de transition écologique, d’aménagement ou de mobilité. Le parlementaire a affirmé le renforcement de la convivialité entre Parisiens comme une de ses premières priorités.
Au lendemain de l’annonce par Yannick Jadot de son intention de se présenter aux primaires écologistes en vue des municipales à Paris, Emmanuel Grégoire s’est déclaré ouvert à l’idée d’organiser des primaires élargies aux écologistes et aux communistes, « à condition que les règles du jeu soient clairement énoncées ». Il a réaffirmé également sa volonté de voir organisées rapidement des primaires internes au Parti socialiste, regrettant que le camp de Rémi Féraud, candidat socialiste soutenu par la maire de Paris, semble chercher à gagner du temps en repoussant cette échéance.
Un service de garde universel et un guichet unique des services publics
S’il est élu, Emmanuel Grégoire entend créer « un véritable service de garde universel dont les principaux bénéficiaires seraient les enfants des familles monoparentales, contraintes de concilier activité professionnelle, garde des enfants et tous les problèmes du quotidien. Le tout au détriment de leur temps personnel et sans avoir suffisamment d’argent ». De même, s’il est élu, un guichet unique de services publics ouvrira dans chaque arrondissement « qui permettra à l’usager, d’où qu’il vienne, d’échanger au même endroit avec la même personne pour l’ensemble de ses démarches administratives ».
« Personne ne doit imposer son candidat »
« Je soutiens Emmanuel Grégoire car je l’ai connu dans diverses responsabilités. C’est un homme de grande qualité. Par ailleurs, je suis très attaché à la démocratie, au droit des militants et de la base de choisir leurs candidats. Je considère que personne ne doit imposer un candidat d’en haut ».
« Avec Emmanuel, les choses vont se poursuivre et changer à la fois »
« J’ai tenu à être avec Emmanuel pour ce lancement qui indique à la fois que les choses vont se poursuivre et changer. Nous sommes dans un moment où l’on recommence à croire dans les valeurs socialistes, les valeurs humanistes, quand on voit ce qui se passe en Amérique, la brutalité pour ne pas dire la stupidité, la bêtise de nos adversaires. J’ai été premier adjoint de Michel Rocard. Je sais donc ce que c’est d’être premier adjoint d’un grand personnage et je suis sûr qu’Emmanuel a la volonté, la capacité d’entraînement requise. Il a aussi la capacité à réconcilier. La réconciliation, c’est ce que j’ai toujours cherché dans ma vie ».
Cécile Bossavie, en charge de l’accessibilité à la mairie du 19e a exprimé sa confiance dans l’attention qu’Emmanuel Grégoire, élu maire de Paris, porterait aux personnes handicapées. © Jgp