Le ton monte à Paris entre les deux candidats déclarés au sein du Parti socialiste. Alors que courent des rumeurs d’annulation ou de report de la date des primaires initialement annoncées pour le 13 mars et visant à départager Remi Féraud, soutenu par Anne Hidalgo, et Emmanuel Grégoire, ce dernier a dénoncé samedi lors d’une réunion de travail réunissant ses soutiens au Petit bain, "des manœuvres moralement et politiquement honteuses". L’ancien premier adjoint s’en est également pris au risque de retour de la corruption incarné selon lui par la droite.
Le torchon brûle chez les socialistes entre les deux candidats à la candidature aux prochaines municipales. Emmanuel Grégoire, qui réunissait samedi 11 janvier plusieurs centaines de militants soutenant sa candidature au Petit Bain, une barge amarrée dans le 13e arrondissement de Paris, ne s’est pas contenté de faire plancher ses troupes sur un programme qu’il souhaite participatif (voir ci-dessous). L’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo a sorti l’artillerie lourde : « manipuler un calendrier parce qu’on a peur de perdre est honteux sur le plan moral et politique », a-t-il lancé. En cause, des rumeurs relayées par voie de presse selon lesquelles le camp de Remi Féraud, soutenu par Anne Hidalgo, remettrait en cause la date du 13 mars prochain sur laquelle il s’était entendu avec Emmanuel Grégoire pour organiser des primaires internes au Parti socialiste, afin de désigner leur candidat aux prochaines élections municipales à Paris. « Ils ne veulent pas manipuler le vote, ils ont sans doute pressenti qu’ils ne le gagneraient pas. Ils veulent vous en priver, a poursuivi le parlementaire. Tous les jours, on me demande de renoncer parce qu’Anne ne me soutient pas. Mais jamais, je ne retirerai ma candidature », a poursuivi le député de la 7e circonscription de Paris.
Emmanuel Grégoire a déploré en outre que les socialistes perdent ainsi un temps précieux pour constituer les listes de candidats au sein des 17 arrondissements de Paris.
L’après-midi avait pourtant débuté par un discours marqué par la prudence et l’humilité, l’élu appelant ses soutiens à toujours mesurer leurs paroles pour préparer le rassemblement nécessaire à la victoire une fois la désignation du candidat socialiste passée.
« Nous nous battons contre le pire de la droite »
Mais lors de la clôture de ce meeting, Emmanuel Grégoire n’a pas manqué non plus de décocher quelques flèches en direction de la droite parisienne, visant, sans la nommer, la maire du 7e Rachida Dati.
« Nous nous battons contre le pire de la droite, a-t-il estimé. Le pire de la droite, c’est d’abord le conservatisme le plus nauséabond, celui qui fait la chasse aux pauvres, qui fait la chasse aux immigrés, aux réfugiés, c’est le conservatisme le plus crasse qui se pare en plus avec un cynisme révoltant du faux-nez de l’écologie pour expliquer ses turpitudes sociales ». « Deuxièmement, c’est une droite qui renoue avec des relents de corruption la plus absolue. Nous allons nous battre pour empêcher la corruption de reprendre la main sur la ville après que la gauche ait tant apporté à l’assainissement de la vie politique ».
Emmanuel Grégoire a lancé ce 11 janvier quatre groupes de travail en vue d’alimenter un programme qui se veut participatif, ouvert au-delà du seul Parti socialiste. « L’idée, c’est qu’on fasse rêver les Parisiens sur des projets de transformation de Paris, sur des projets de nouveaux droits, de nouveaux services publics, avec la plus grande des libertés, a indiqué le candidat. Essayons de faire en sorte que l’utopie, l’utopie sociale, l’utopie environnementale, l’utopie fraternelle soit un élément d’inspiration au cœur de notre projet ». Cela en veillant à rétablir la confiance avec les habitants, en s’occupant à la fois de Paris en 2050 et de Paris demain, le tout avec une méthode qui privilégie la pédagogie et l’écoute.
Le droit à vivre Paris, une ville verte, désirable, harmonieuse, ingénieuse, au développement partagé, une ville fraternelle et une nouvelle méthode constituent les sujets de ces quatre groupes. Il s’agit par exemple de réfléchir aux moyens de redonner du temps et du pouvoir d’achat aux plus modestes, de leur donner une capacité à profiter de la ville. « Émanciper l’homme des contraintes financières et notamment des spéculations de marché est au cœur du projet de la gauche », a déclaré Emmanuel Grégoire.
Le député souhaite également que ces groupes de travail formulent des propositions « pour faire la démonstration que l’on est capable d’emmener les gamins des quartiers populaires dans des trajectoires personnelles d’émancipation, d’études, d’inclusion ».
La question des solidarités figure au cœur du programme que souhaite élaborer le candidat, notamment en poursuivant les politiques de soutien au logement public. Emmanuel Grégoire entend aussi simplifier l’administration, repenser le rapport de Paris avec ses communes voisines et plus globalement la métropolisation des politiques publiques. « Je pense par exemple au logement et à la question des trajectoires résidentielles », a-t-il indiqué.