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Edito – Le Covid-19 à l’assaut du millefeuille

C’est la dernière théorie à la mode. Là où les gouvernements successifs ont échoué, la pandémie pourrait réussir. En l’occurrence, à avoir la peau du millefeuille territorial. Par la grâce du calendrier électoral.

S’il faut attendre, comme le prévoit la loi Covid-19, l’avis du conseil scientifique, rendu au plus tard le 23 mai prochain, pour en être certain, plus personne ne semble croire que le second tour des municipales se tiendra avant le 30 juin. L’annonce d’une proscription de tout grand rassemblement jusqu’à la mi-juillet semble en effet incompatible avec l’organisation d’une campagne et d’un scrutin. Et sans second tour avant le 30 juin, sauf pour les maires élus dès le 1er tour dont l’élection est sanctuarisée, ce sont les deux tours qui devront être réorganisés.

Isoloirs, à Paris, le 15 mars dernier. © Jgp

Pas avant octobre, pour laisser le temps aux équipes de se préparer. Mais l’automne prochain ne sera pas éloigné du printemps, lors duquel des élections cantonales sont prévues, suivies des régionales fin 2021, frisant l’overdose. Dès lors, des maires et des sénateurs, dont l’élection initialement prévue en septembre prochain attendra également, échafaudent un scénario regroupant les trois scrutins locaux en 2021, les couplant par surcroît deux à deux : ainsi, le même jour, auraient lieu à la fois des élections au sein du bloc local, composé des communes et de leur groupement, ainsi que des élections au sein du bloc régional, composé des régions et des départements, ressuscitant par là-même la réforme sarkozienne du conseiller territorial, victime de l’alternance de 2012. Et en 2022, on procéderait de même avec les élections nationales, regroupant le même jour législatives et présidentielle.

Une administration plus agile

Les promoteurs de cette idée soutiennent qu’elle aurait pour vertu de lutter contre l’abstention et de flétrir les concurrences entre strates locales. Accessoirement, ils ajoutent que cette option pourrait être regardée avec intérêt par la majorité présidentielle, réduisant le nombre de scrutins risquant de se transformer en autant de votes sanction.

A vrai dire tout cela peut sembler bien futile, alors que la relance s’annonce encore lointaine avec les pertes, les faillites colossales et leur cortège de drames humains. Mais en réalité, plus que jamais, face à cette crise qui exige de chaque responsable un surcroît d’efforts, de sagesse et de dignité, une administration plus agile, plus efficiente et mieux organisée s’impose.