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Baromètre ParisWorkplace : Quand les expatriés déclarent leur flamme à Paris

La 13e édition du baromètre Paris Workplace, réalisé par l’Ifop pour Colonial SFL avec le concours du cabinet Evidence et de Paris-Ile-de-France Capitale économique, confronte pour la première fois le regard des salariés franciliens à celui des expatriés travaillant en Ile-de-France. Sept expatriés sur dix recommanderaient à un proche de s’installer dans la capitale. Seul le management à la française, parfois jugé excessivement approximatif, ternit (un peu) le tableau.

Aux yeux des expatriés œuvrant à Paris, nous sommes, que l’on se le dise, le pays des RTT, mais aussi et surtout celui où il fait bon vivre et travailler. « Cocorico », avait-on envie de s’exclamer en écoutant Frédéric Dabi, dans les somptueux espaces événementiels de Colonial SFL, au 104 du Boulevard Haussmann, dans l’immeuble voisin de celui où Marcel Proust écrivit l’essentiel d’À la Recherche du temps perdu, décliner les chiffres d’un baromètre inédit. Une étude présentée le 4 novembre, rendant compte de l’appréciation d’un échantillon représentatif de plus d’une centaine d’expatriés et de quelque 1200 français, sur leur qualité de vie au bureau.

« A force d’avoir le nez centré sur les choses, on finit par ne plus les voir, ou en tout cas par moins les apprécier », a souligné Alexia Abtan, directrice générale de l’activité France de Colonial SFL en ouvrant la matinée. « Nous constatons une déclaration d’amour très forte pour Paris », a indiqué Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop, en présentant les résultats de ce baromètre inédit, réalisé avec la complicité de PCE, pour sourcer les expatriés du panel, notamment.

Ainsi 82 % des expatriés se disent fiers de travailler à Paris et 36 % ne se voient plus vivre ailleurs qu’en France. Leur note de qualité de vie frôle 7 sur 10, au-dessus de celle attribuée par les Franciliens, et grimpe à 7,1 chez ceux arrivés depuis moins de cinq ans. Si les opportunités professionnelles ont motivé leur venue, la qualité de vie et la vie culturelle suivent de près. Pour 93 % d’entre eux, la culture est importante en France, et 82 % jugent cette richesse typiquement parisienne. 58 % estiment que Paris offre un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle que leur pays d’origine.

« Paris est belle »

« Quand on demande les adjectifs qui définissent le mieux la ville, Paris est belle arrive nettement en tête, devant le dynamisme et le cosmopolitisme », relève Frédéric Dabi. L’architecture parisienne obtient 8,5 sur 10 auprès des expatriés, qui préfèrent travailler dans un quartier mixte plutôt que dans un pur quartier d’affaires. Au classement des quartiers préférés, le Louvre, le Quartier latin, Saint-Germain-des-Prés et le Marais devancent l’est parisien, du Canal Saint-Martin à Oberkampf, tandis que Montmartre recueille 72 % de bonnes opinions.

Alexia Abtan, directrice générale de l’activité France de Colonial SFL. © Jgp

Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop. © Jgp

Les rituels du quotidien forgent la French touch. Trois quarts des expatriés estiment que les Français savent profiter de la vie plus qu’ailleurs, douze points de plus que les Français eux-mêmes. Déjeuner au restaurant est typiquement parisien pour 83 % d’entre eux. « On n’est pas venu à Paris pour manger des sandwiches derrière un fichier Excel », résume Frédéric Dabi. Le modèle social, protection et congés, constitue un atout pour 91 % des expatriés, et la RTT arrive en tête des spécificités françaises citées, à 24 %. Le bureau est perçu comme un lieu de vie, et pas seulement de travail, par 56 % des expatriés, contre une répartition égale chez les Franciliens.

Un management perfectible

Seule ombre au tableau, le management. Plus d’un quart des expatriés jugent que leur supérieur donne des consignes floues, et 67 % estiment que la France est en retard sur ce terrain. « C’est long à prendre, c’est flou et c’est peu transparent », constate Frédéric Dabi au sujet de la décision en entreprise, seul registre où la déception l’emporte.

L’écrivain britannique Stephen Clarke, avec François Perrigault (Evidence). © Jgp

Xavier Lépine, président de l’IEIF et de PCE. © Jgp

A la suite de la présentation de ce baromètre, Stephen Clarke, écrivain et journaliste britannique installé en France, auteur de « A Year in the Merde », a raconté son embauche chez Bayard Presse il y a une trentaine d’années. « On m’a expliqué surtout que j’allais avoir 37 jours de vacances », se souvient-il, avant de découvrir des pauses déjeuner de deux heures et demie, du vin à la cantine et le champagne de la rédactrice en chef le vendredi soir. « En France, on travaille pour vivre, tandis que nous, les Anglo-Saxons, souvent on vit pour travailler », résume-t-il.

Xavier Lépine, président de l’IEIF et de PCE, a livré, pour sa part, un plaidoyer pour un Grand Paris qui s’ignore. « Être une ville-monde, c’est quelque chose qui est unique au monde », indique-t-il, en énumérant les sièges de l’OCDE, de l’Agence bancaire européenne et de l’Unesco, le seul siège d’Europe continentale au Conseil de sécurité de l’ONU, 40 000 chercheurs publics et privés, l’aéronautique civile et militaire, une industrie du cinéma, L’Oréal et le Rafale. « Notre problème à nous, c’est qu’on le nie, on l’oublie », regrette-t-il. Avec 2,1 millions d’habitants intra-muros et 10 millions en banlieue, contre 3 millions et 600 000 vers 1900, la gouvernance n’a pas suivi. « On n’a pas créé une unité politique avec le Grand Paris », conclut Xavier Lépine.