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Bally Bagayoko élu président de Plaine Commune

Le maire (LFI) de Saint-Denis Bally Bagayoko a été élu président de Plaine Commune mardi 21 avril, avec 46 voix contre 32 pour le maire (PS) de Saint-Ouen Karim Bouamrane, au terme d'une séance d'installation animée.

Comme ses deux prédécesseurs, Patrick Braouezec et Mathieu Hanotin, Bally Bagayoko sera à la fois maire de Saint-Denis et président de Plaine Commune. Le maire de la commune nouvelle de Saint-Denis a recueilli 46 voix, contre 32 pour le maire (PS) de Saint-Ouen Karim Bouamrane, seul autre candidat. Sofia Boutrih, première adjointe (PC) de Saint-Denis, qui n’était pas candidate, a obtenu une voix.

Lors de la séance, Karim Bouamrane a échoué à faire renoncer son rival à se présenter. L’élu avait tenté de convaincre son adversaire de retirer sa candidature, pour pouvoir réunir l’ensemble des maires lors d’une réunion devant aboutir « à une candidature de consensus ». « Pas une seule fois, chers amis, chers collègues, nous avons eu une discussion politique entre les huit maires de façon collégiale, sur les chemins que nous devons appréhender pour pouvoir donner le meilleur à notre population. C’est injuste. Et c’est difficilement acceptable », a souligné le premier magistrat audonien. Ce dernier a également dénoncé la volonté prêtée au maire insoumis de Saint-Denis de s’apprêter à faire de « Plaine Co » un outil au service de son parti dans la perspective de la prochaine élection présidentielle.

Face au refus de Bally Bagayoko de renoncer à se présenter, Karim Bouamrane a formulé une autre proposition. Il s’est engagé, après que plusieurs élues femmes eurent vivement déploré la faiblesse de la représentation féminine au sein de l’instance, à démissionner au bout d’un mois de mandat pour laisser sa place à une femme. Mais la proposition, inattendue, n’a pas séduit les conseillers territoriaux.

Coopérative de villes

Bally Bagayoko a résolument inscrit sa candidature dans l’esprit d’une coopérative de villes, annonçant qu’il mettrait en place une conférence de maires réunissant l’ensemble des communes du Territoire. Il a rejeté les critiques de son challenger sur le manque de concertation des maires du territoire en vue d’une présidence choisie collégialement, indiquant avoir appelé chacun d’eux en amont de sa candidature.

Bally Bagayoko, à la proclamation des résultats. © Jgp

Le nouveau président du Territoire est allé saluer son rival d’un jour le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane. © Jgp

Karim Bouamrane et Sofia Boutrih. © Jgp

Bally Bagayoko. © Jgp

Avec son prédécesseur Mathieu Hanotin. © Jgp

« L’établissement public territorial, en plus d’être un outil qui gère le quotidien, doit aussi être un outil de lutte, a déclaré le nouveau président de Plaine Commune. Parce que notre territoire a été souvent méprisé et souvent malmené, et par conséquent, toutes celles et ceux, institutionnels, qui ont une responsabilité dans les difficultés auxquelles nous sommes confrontés, devront aussi avoir un signal de respect à l’égard de nos habitants et à l’égard bien sûr des élus, a-t-il déclaré. C’est la raison pour laquelle l’établissement public territorial prendra des positions assez fermes en direction de l’État, sur un certain nombre de sujets qui le regardent, notamment en matière de finances locales », a-t-il ajouté.

Le président de Plaine Commune a indiqué l’importance qu’il accordait à la question de l’eau et à son mode de gestion. Il a exprimé sa volonté de favoriser un aménagement du territoire « qui ne s’effectue pas dans une logique de division entre les différents quartiers ou les différentes villes ». Il a repris à son compte la proposition de Sofia Boutrih de désigner, à défaut d’une présidente, un bureau strictement paritaire.

Le bilan de Mathieu Hanotin défendu

La séance d’installation du conseil communautaire, sans doute la plus courue des 11 séances d’installation de Territoires qui ont jalonné les 15 derniers jours, a également été l’occasion de plusieurs prises de parole visant à rendre hommage au bilan de l’exécutif sortant du Territoire et à son président Mathieu Hanotin (voir ci-dessous). ce dernier a lui-même défendu son bilan en ouverture de la séance. L’ancien maire (PS) de Saint-Denis a souligné son engagement pour inscrire Plaine Commune dans une trajectoire compatible avec l’Accord de Paris.

Mathieu Hanotin. © Jgp

Il a évoqué les politiques menées pour végétaliser la ville et favoriser la pleine terre. Il a rappelé l’élaboration du plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) du Territoire, « qui va donner à tous les maires les outils nécessaires pour agir et pour agir vite, notamment en matière de reconquête urbaine ». L’ancien parlementaire a souligné l’importance du chantier en cours de rénovation urbaine, avec 14 programmes de renouvellement urbain menés au sein des huit villes. La politique de lutte contre l’habitat indigne, qualifiée d’exemplaire et regardée par toute la France, a également été mise en avant. Il a fait valoir, enfin, l’effort du Territoire pour améliorer le quotidien de ses habitants et le soin porté à l’espace public en particulier. « Ce que je veux juste vous dire, c’est que ce qui compte vraiment pour Plaine Commune, au-delà de la présidence, c’est le collectif que nous incarnons ici et qui fait que les décisions se prennent, dans la plupart des cas, à l’unanimité. »