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Anne Hidalgo pour une solidarité à la maille du Grand Paris

La candidate de Paris en commun a présenté mercredi 29 janvier 2020 ses propositions pour un Paris plus solidaire. Des politiques qui doivent « évidemment se construire à l’échelle du Grand Paris », a-t-elle indiqué.

Eric Lejoindre, maire du 18° et hôte de cette conférence, Dominique Versini, cofondatrice du Samu social et adjointe chargée de toutes les questions relatives à la solidarité, Ian Brossat, adjoint au logement, ou Eric Pliez, président d’Aurore et tête de liste dans le 20°, l’ont tous affirmé : si beaucoup a été fait au cours du dernier mandat, beaucoup reste à accomplir pour que Paris soit à la hauteur de sa tradition d’accueil et d’humanisme. « Il faut accélérer le pas », a déclaré Anne Hidalgo, s’engageant à le faire, si elle est élue, « évidemment à l’échelle du Grand Paris ».

Anne Hidalgo mercredi 29 janvier à son arrivée à la Cantine du XVIII, où ont été lancés les « Frigos solidaires ». © Jgp

« Il faut accélérer le pas », a déclaré Anne Hidalgo. © Jgp

La création d’un Samu social ou d’une nuit de la solidarité métropolitains figurent parmi les propositions de Paris en commun, présentées ce mercredi 29 janvier 2020. « Paris représente 1 % de la population de l’Ile-de-France, mais 25 % de ses places d’hébergement », a indiqué la maire sortante pour illustrer le besoin de rééquilibrage à l’échelle de la métropole.

Pour un Samu social métropolitain

Paris sera donc favorable à ce que la métropole du Grand Paris se saisisse de la compétence des aides à la pierre, exercée aujourd’hui par l’État, et que la loi NOTRe a rendu « insécable » de celle de l’hébergement. Mais ce transfert de compétences, de l’État vers la métropole, est soumis à l’adoption par la MGP de son plan métropolitain de l’habitat et de l’hébergement (PMHH), prévue en 2019 mais reportée à l’après-municipales.

En attendant, 7 000 places d’hébergement ont été ouvertes dans Paris, depuis 2014, pour un total de 23 000 dont un tiers dans le domaine municipal (dans des bâtiments qui appartiennent à la Ville), a indiqué Anne Hidalgo. L’élue a également cité l’ouverture d’une halle d’accueil des femmes au sein de l’Hôtel de ville comme un des points forts de son bilan. De semblables lieux d’accueil seront ouverts dans les mairies d’arrondissement, à l’instar de celle du 3° ou du 10°, où la maire a utilisé en l’occurrence les locaux laissés vacants par le départ du tribunal d’instance vers le nouveau Palais de justice des Batignolles.

Hommage à Dominique Versini

« Il faut un Samu social métropolitain, car sinon, le dispositif va exploser », a indiqué Dominique Versini. L’ancienne secrétaire d’État chargée de la lutte contre la précarité et l’exclusion a reçu un vibrant hommage d’Anne Hidalgo. « Dominique Versini nous a fait changer d’échelle », a-t-elle souligné, louant sa « capacité d’indignation totale, toujours intacte » et une énergie « capable de déplacer les montagnes ».

Celle qui fut également Défenseure des enfants a souligné, tout comme Anne Hidalgo, le rôle essentiel des entreprises dans la lutte contre l’exclusion. Un club des entreprises solidaires sera créé, a-t-il été annoncé. Anne Hidalgo a cité l’exemple de Chanel, qui a choisi de s’implanter à la Porte d’Aubervilliers et de former ses salariés volontaires à la solidarité.

Dominique Versini. © Jgp

Eric Pliez. © Jgp

Dominique Versini a également affirmé l’intention de la ville d’en finir avec le logement des familles au sein d’hôtels dans lesquels un micro-ondes constitue la seule possibilité de cuisiner. « Certaines familles y vivent depuis dix ans parfois », a déploré l’élue.

Eric Pliez, tête de liste de Paris en commun dans le 20° arrondissement de Paris, a insisté sur la nécessité de combiner les échelles. Si les plus démunis sont souvent déroutés s’ils sont déplacés du quartier où ils ont su tisser des liens, un rééquilibrage métropolitain de l’hébergement n’en est pas moins indispensable, a-t-il affirmé à son tour. « Pourquoi ne pas réfléchir aussi au-delà même des frontières régionales, puisque les loyers, on le sait, sont bien moindres en province », a-t-il fait valoir.

La création de pensions familiales, dans les différents arrondissements de Paris, ou de kiosques citoyens, qui permettront aux Parisiens de se réunir, d’échanger, de se former à la solidarité a également été annoncée par la maire de Paris, pour laquelle la solidarité doit également s’inscrire dans la ville du ¼ d’heure. De même, Anne Hidalgo ouvrira, si elle est élue, un centre « Les lueurs de l’aube » sur le lieu du TEP de Ménilmontant, espace d’accueil pour SDF, réfugiés, dont le rez-de-chaussée sera ouvert sur le quartier. Un semblable centre existe déjà aujourd’hui dans le XVI° arrondissement de Paris.

« Pas de place pour la gentrification »

« Il n’y a pas de place à Paris pour la gentrification, a martelé la maire sortante. Si nous avons la chance de profiter de la richesse de ceux qui ont réussi au-delà de ce que l’on peut imaginer, nous ne voulons pas d’une ville de l’entre-soi », a-t-elle indiqué, rappelant qu’aujourd’hui, 80 % de la population de la Capitale appartient aux classes moyennes et populaires. « Nous continuerons à construire des logements sociaux, dans tous les arrondissements de Paris », a indiqué Ian Brossat, rappelant les objectifs de 25 % en 2025 et de 30 % en 2030.

Ian Brossat et Eric Lejoindre © Jgp

La prévention des expulsions locatives, dont le nombre a baissé de 30 % au cours du mandat écoulé, alors qu’il augmentait de 40 % au plan national, a été également évoquée comme un outil de lutte contre l’exclusion qui sera maintenu et développé. « Paris consacre 2,3 milliards d’euros sur les 8 milliards que représente la totalité de son budget à la solidarité », a indiqué Anne Hidalgo, qui présentera dans quelques jours le détail, chiffré, de l’ensemble de ses propositions.