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Amif : « Les maires d’Ile-de-France ne porteront pas la responsabilité de l’Etat dans une réouverture des écoles à marche forcée »

Dans un texte publié par La Tribune, orchestré par l'Association des maires d'Ile-de-France (Amif) et signé par quelque 316 maires, les élus locaux demandent "solennellement" au président de la République de repousser la réouverture des écoles à une date ultérieure au 11 mai.

« Au lendemain du discours du Premier ministre annonçant la stratégie nationale du gouvernement, nous nous adressons à vous pour tirer la sonnette d’alarme : Monsieur le président de la République, en Ile-de-France, l’Etat ne peut pas se désengager de sa responsabilité dans la réouverture des écoles le 11 mai ; et ce calendrier est, dans la plupart de nos communes, intenable et irréaliste. Les conditions sanitaires à mettre en œuvre sont sérieuses et c’est bien normal ; cela ne s’improvise pas », écrit l’Association des maires d’Ile-de-France dans un texte publié le 3 mai 2020 par La Tribune.fr.

Les maires de France réunis Porte de Versailles lors de leur dernier congrès. © Jgp

« Au lendemain de votre intervention, nous nous sommes mis au travail pour organiser la réouverture des écoles à compter du 11 mai. La République doit rester forte et unie lorsqu’elle traverse les épreuves les plus difficiles. Mais nous apprenons, dix jours avant la date de réouverture des écoles, qu’il appartiendrait aux maires de décider de la réouverture des écoles, et aux parents de décider du retour vers le chemin des classes de leurs enfants. Que le calendrier de la reprise progressive des niveaux de classes, initialement annoncé, n’est plus valable, s’agissant des GS, CP et CM2. Et que nous ne saurons que le 7 mai, à la veille d’un week-end de trois jours précédant la rentrée annoncée, si nos départements sont officiellement classés en zone rouge », déplorent les édiles.

« Comment choisir entre les enfants ? »

Les signataires affirment « ne pas comprendre comment il est possible de concilier l’objectif de volontariat et de pallier les inégalités sociales et territoriales. Comment choisir entre les enfants que les parents souhaitent remettre à l’école, ceux dont les parents doivent reprendre une activité professionnelle, et les autres enfants en situation de décrochage scolaire ? ».

« S’agissant de la reprise économique qui est nécessaire, pourquoi ne pas avoir considéré dès le départ que le sujet des fratries était fondamental pour permettre aux parents une reprise de leur activité professionnelle ? », interrogent-ils. « Nous ne comprenons pas pourquoi l’Etat se désengage de ses responsabilités en la matière, alors même que l’éducation d’une part, et la santé d’autre part, sont des compétences régaliennes », estiment également les maires franciliens.

« Comment garantir enfin la sécurité des plus jeunes, de leur entourage, et de l’ensemble du personnel éducatif, du personnel d’entretien, alors que toutes les communes ne disposeront pas de l’équipement nécessaire ? Deux simples exemples concrets : il faut 4 à 5 semaines pour commander des masques. Il faut une semaine pour organiser l’apport des repas à la cantine », soulignent-ils. « La souplesse et l’adaptation aux conditions locales sont nécessaires, et les maires souhaitent bien évidemment être associés à cette concertation », font-il valoir.

« Bien que les services de l’Etat en région fassent un travail remarquable en termes de mobilisation et de concertation avec l’ensemble des parties prenantes, nous avons le sentiment que le Gouvernement n’entend pas nos problématiques, celles d’une région particulièrement touchée, dont la densité et la taille de la population n’équivalent à aucune autre, et qui est habituellement marquée par des flux massifs de personnes lors des déplacements quotidiens », indiquent-ils aussi.

Repousser à une date ultérieure au 11 mai

« C’est pourquoi, nous, maires d’Ile-de-France, vous demandons solennellement :

Les signataires :