Le journal du Grand Paris – L'actualité du développement de l'Ile-de-France

9 mois, 9 jours, de Pauline Lavaud

D’un drame d’abord lent et intermittent, avec ses hauts et ses bas, au rythme des pressentiments d’Anna et des échographies, on passe à une tragédie de neuf jours, insoutenable de douleur, de la naissance au décès d’Abel. 9 mois, 9 jours, première œuvre de Pauline Lavaud, ex-directrice adjointe de la communication et des relations institutionnelles de Grand Paris aménagement, désormais directrice de cabinet de Dan Lert, adjoint en charge de la transition écologique, du plan climat, de l’eau et de l’énergie à la mairie de Paris, est admirable de justesse.

Pas un mot de trop. Pas une phrase déplacée. Aucune fioriture. Un souffle, avec ses variations selon l’intensité de la souffrance, qui raconte la grossesse d’Anna, la narratrice, soldée par la mort d’Abel, son nourrisson. Les séquences de peau-à-peau, entre la mère qui n’en peut plus d’espérer que son fils va vivre, et un nouveau-né que l’on doit extraire des machines de réanimation, ne sont pas les moins poignantes d’un livre bouleversant de bout en bout. Pauline Lavaud délivre le récit intime d’un calvaire, que le lecteur a le sentiment de vivre littéralement – et littérairement – en direct.

En ressort, en creux, le portrait d’une femme de son temps, qui pouvait se dire qu’elle cochait, avec son amoureux, dont elle décrit le soutien constant, toutes les cases du bonheur, et que la tragédie ne conduit jamais à la haine. Bien au contraire, c’est l’amour d’Anna, pour son enfant à naître, son compagnon, sa famille et sa bande de potes qui affleure en permanence. Pas d’acrimonie ni de rancœur non plus contre le personnel de santé, dont Pauline Lavaud épouse au contraire le combat, avec une précision et une empathie qui forcent, là encore, le respect et l’admiration.

Neuf mois, neuf jours, Pauline Lavaud, Fayard