PariSudam a réuni le 18 septembre plus de 120 élus, architectes, exploitants et dirigeants de clubs au Rugby club Massy Essonne pour réfléchir aux nouvelles stratégies de conception des équipements sportifs. La matinée s’est prolongée par la visite du parc des sports Georges-Brassens, livré en 2024.
Comment mieux intégrer l’évolution des pratiques sportives, marquée par le développement du running, du fitness, des pratiques libres et des sports de proximité, alors que les collectivités doivent aménager les villes avec des budgets et du foncier comptés ? Comment penser ensemble programmation, modèle économique, évolutivité, insertion urbaine, gestion et rôle social, afin que le stade ou le gymnase cesse d’être un objet isolé pour devenir un lieu de vie participant à la fabrique de la ville ?
C’est à partir de ces questions que PariSudam, l’aménageur dirigé par Willem Pauwels et présidé par Nicolas Samsoen, maire (UDI) de Massy, a organisé, vendredi 18 septembre 2026, une matinée de rencontres et de débats originale, accueillie dans les locaux du Rugby Club Massy Essonne (RCME).
Premier sujet débattu, la capacité des bâtiments à suivre des usages qui évoluent plus vite qu’eux. Modularité, multifonctionnalité et anticipation s’imposent dès la conception, ont fait valoir Anne-Laure Pujo, directrice d’exploitation multisites à l’UCPA, et Aurélien Judas, directeur des sports de la Ville de Massy. Ils ont aussi posé la question de l’accès au sport, dans une société où pratiques individuelles et sédentarité progressent de concert. L’équipement sportif doit devenir un outil d’inclusion, de santé publique et d’aménagement, alors même qu’il est exposé à la privatisation d’un nombre croissant d’activités.
Gaétan Engasser, architecte au sein d’Engasser + Associés, a souligné l’importance de la place accordée au concepteur de ces équipements, à l’heure où conception, construction, maintenance et performance sont appréhendées d’un seul tenant. Comment préserver une ambition architecturale forte tout en intégrant, dès l’origine, les contraintes d’exploitation ? a-t-il interrogé. Virginie Masse, journaliste et trampoliniste de haut niveau, et Julien Maréchal, directeur du développement commercial du RCME, ont apporté leur regard sur ces sujets. Au-delà des jours de match, l’enceinte doit accueillir des événements, générer des recettes et faire naître de nouveaux métiers, d’où l’activité événementielle développée par le club, a expliqué Julien Maréchal.
Les échanges se sont poursuivis sur le terrain, au parc des sports Georges-Brassens, sous la conduite d’Étienne Lénack, architecte du projet, de Juliette Bochet, directrice des opérations de construction à Paris Sud Aménagement, et de Fethi Hakiki, chargé d’opérations. Livré en 2024 et conçu par Lambert.Lénack pour l’aménageur, maître d’ouvrage délégué de la Ville, l’ensemble s’appuie sur le pôle rugby existant, doté de trois terrains, pour y adjoindre un pôle football de trois terrains avec clubhouse et un pôle tennis réunissant deux courts couverts, deux courts extérieurs et une piste de padel. Le tout totalise 3 150 m² de surface de plancher et près de 32 000 m² d’espaces extérieurs, pour 7,2 millions d’euros de travaux. Le pôle football est bâti en béton de terre coulée, économe en ciment.
L’opération prend place dans une commune en mutation, avec l’arrivée annoncée de la ligne 18 du Grand Paris Express et du Centre Pompidou à Massy. Pour PariSudam, l’enjeu dépasse désormais la construction.