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Paris ajoute 3 millions d’euros au fonds d’urgence pour les commerçants

La Ville de Paris s’associe, à hauteur de 3 millions d’euros, au fonds d’urgence et de sécurité pour les commerçants mis en place par la Région et les chambres de commerce et de métiers. Cette manne vise à soutenir les travaux de réparation et de sécurisation des commerces sinistrés en marge des manifestations des 17 et 18 octobre. Les commerçants saluent ces aides, mais attendent des effectifs de police adaptés et réclament des sanctions plus sévères pour les pilleurs.

Après la Région et les chambres de commerce et de métiers, la Ville de Paris a annoncé mercredi 28 octobre ses mesures d’aide aux commerces touchés par les violences urbaines qui ont émaillé les manifestations des 17 et 18 octobre derniers.

Le financement complémentaire de la Ville de Paris permettra de mobiliser, pour chaque commerçant concerné, une aide forfaitaire de 2 500 euros, qui viendra s’ajouter aux aides de la Région et de la CCI, le total des aides pouvant ainsi atteindre 11 000 euros, indique la municipalité parisienne.

La Ville s’engage ainsi à venir rapidement en aide aux commerçants, sous la forme d’une subvention permettant de réparer les dégâts et de remplacer les équipements endommagés, sans avoir à attendre les indemnisations des assurances. Afin de faciliter les démarches, un seul dossier, déposé auprès de la CCI, sera nécessaire pour obtenir ces aides.

Des aides saluées

« Par cette contribution, la Ville de Paris poursuit sa mobilisation en faveur de la reconstruction et de la reprise d’activité rapide de tous les commerces parisiens ayant subi des dégradations et des pillages et qui font vivre quotidiennement Paris, son économie et ses quartiers », indique la municipalité.

Du côté des commerçants, on salue ces aides non remboursables, nettement préférées aux prêts, fussent-ils à taux zéro. Mais une fois les remerciements effectués, ils demandent des engagements pour une meilleure sécurisation de leurs échoppes. « Si le 24 octobre, les forces de l’ordre mobilisées nous ont semblé suffisantes en nombre, ce n’était pas le cas les 17 et 18 », indique Régis Jeanne Di Lambard, gérant d’un bureau de tabac du boulevard Diderot (12e arr.) et vice-président de la Fédération des buralistes de Paris-Île-de-France.

Régis Jeanne Di Lambard, gérant d’un bureau de tabac du boulevard Diderot et vice-président de la Fédération des buralistes de Paris-Île-de-France. © Jgp

Ce dernier précise que le 24 octobre, sa fédération a dû recourir aux services d’une société de sécurité privée, laquelle a dépêché 50 agents pour protéger les bureaux de tabac situés sur le parcours de la manifestation. Le commerçant regrette par ailleurs des peines qu’il juge insuffisamment sévères pour les pilleurs et les auteurs de violences sur les personnes et de dégradations sur les biens. « Nous distinguons clairement les manifestants pacifiques, bien encadrés par les syndicats, des délinquants qu’il faut sanctionner davantage pour les dissuader », estime Régis Jeanne Di Lambard.