Fidèle au 14e arrondissement, berceau familial, l’adjointe à la maire de Paris déploie toute son énergie de femme et de militante politique pour rendre service à la collectivité.
Après un quart d’heure d’attente, Olivia Polski reçoit dans son immense bureau de la place de l’Hôtel de Ville, presque démesuré pour ce petit gabarit. Sur la longue table blanche qui occupe tout le centre de la pièce, les journaux du matin sont éparpillés. Après ses obligations familiales, cette maman de deux garçons commence ses journées par cet exercice de lecture, à défaut de pouvoir consacrer plus de temps à cette passion de jeunesse. Un devoir professionnel, mais aussi un plaisir pour cette ardente défenseure de la presse, « un contre-pouvoir important et la base de la démocratie ».
Olivia Polski. © DR
C’est d’ailleurs en partie grâce à Olivia Polski que Paris a conservé ses kiosques à journaux. Un projet qu’elle a porté à bout de bras et qui fait l’une de ses « fiertés ». « Un sujet très compliqué à Paris où il faut préserver la tradition sans muséifier la ville », constate l’adjointe à la maire de Paris chargée du commerce, de l’artisanat, et des professions libérales et indépendantes depuis 2014, qui a lancé en 2017 le label Fabriqué à Paris.
Une délégation qui pourrait sembler ingrate et imposée plus que choisie, mais cette militante au PS depuis ses 22 ans, consciencieuse et qui aime « se rendre utile », s’est prise au jeu. « Le commerce est un sujet dont les politiques se sont peu investis, alors qu’il est de plus en plus prégnant dans les villes », tacle-t-elle, appuyant sa remarque d’un regard noir, légèrement espiègle. « Outre du développement économique et de l’emploi, c’est aussi du paysage de la rue, de la sécurité, du lien social. » Olivia Polski a usé de toute sa bienveillance pour accompagner les commerçants parisiens victimes des débordements en marge des manifestations des « gilets jaunes ». « Ils savent que dans cette affaire, le rôle de la ville est limité », convient cette vraie Parisienne, née et résidant dans le 14e.
Fidèle au PS
Ecoute, mesures de soutien, numéro de téléphone centralisant les demandes. La procédure est bien rodée après cinq ans d’un mandat difficile, marqué par des crises qui ne semblent pas vouloir cesser. Attentats, inondations, canicule, … ont contribué à forger sa carrière politique, débutée à l’université de Nanterre, où la descendante de juifs ashkénazes émigrés en France au XIXe siècle a suivi ses études de philosophie, puis de sciences politiques après khâgne et hypokhâgne. C’est Lionel Jospin qui la fait adhérer au PS. La déception de la jeune militante lors de sa défaite à la présidentielle de 2002 est proportionnelle à l’admiration qu’elle lui portait. Restée fidèle à son parti – dont elle a été membre du bureau national, même si elle a soutenu Stéphane Le Foll contre Olivier Faure – elle n’en reste pas moins attristée par le manque de clarté des propositions socialistes, notamment dans la perspective des élections européennes qui « préoccupent » cette Européenne convaincue.
Rien d’étonnant avec « deux grands-pères juifs héros de la guerre 39-45 », l’un résistant à Paris, l’autre membre de la division Leclerc qui a libéré la Capitale. La fibre de l’engagement est restée dans les gènes familiaux puisque deux de ses cousins sont également encartés, l’un Ladislas Polski au RMC (Mouvement républicain et citoyen) et l’autre, Pierre-Alain Weill, au PS. Tout en reconnaissant que la vie politique reste « compliquée » pour une femme, et déplorant « le machisme qui continue de perdurer même à Paris », Olivia Polski, athée et devenue féministe par dépit, espère repartir en 2020 au côté d’Anne Hidalgo qui « a une vision pour l’avenir ». « Je suis au service du collectif, si on me propose un nouveau défi, je suis partante. »