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La cantine désormais gratuite jusqu’au CE2 à Saint-Denis

Mathieu Hanotin, maire de Saint-Denis, a saisi l’occasion de la rentrée des classes, lundi 4 septembre, pour vanter les mérites de la gratuité de la cantine, désormais en place dans la commune jusqu’au CE2. La fréquentation y a grimpé de 15 % et le gaspillage alimentaire chuté.

Accompagné de son adjointe chargée de l’éducation Leyla Temel, le maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) prend le temps ce lundi 4 septembre 2023, jour de rentrée des classes, d’échanger avec les professeurs des écoles, les cantinières ou les responsables du groupe scolaire Irène et Frédéric Joliot-Curie. Notamment sur les bienfaits de la gratuité des cantines, progressivement mise en place depuis 2021. Les maternelles en ont d’abord bénéficié, puis les élèves de CP en 2022, ceux de CE1-CE2 cette année, avant que les élèves de CM1 et CM2 soient également concernés. « Nous étendrons cette mesure à Pierrefitte », souligne le président de Plaine Commune, qui prépare la fusion de sa commune avec sa voisine, prévue pour être effective le 1er janvier 2025.

Mathieu Hanotin, maire de Saint-Denis, lundi 4 septembre, en visite au groupe scolaire Joliot-Curie. © Jgp

Leyla Temel, adjointe au maire de Saint-Denis chargée de l’éducation, de la restauration et de la vie scolaire et de l’enfance, vice-présidente de Plaine Commune en charge de la culture, du tourisme et du patrimoine. © Jgp

Visite de rentrée à la cantine. © Jgp

« L’école est gratuite, comme vous le savez », répond Mathieu Hanotin à ceux qui lui objectent que rien, ici-bas, n’est gratuit. Et les élus dionysiens entendent faire de la pause méridienne un moment « pleinement intégré au temps scolaire ». « J’ai croisé ce matin une mère de famille qui m’a dit que sans la gratuité, elle n’aurait pas inscrit ses enfants à la cantine tous les jours », raconte le maire. « Nous sommes une des seules villes de notre taille en France à offrir cette gratuité sans conditions », ajoute l’édile.

Garantir à tous les élèves, même ceux des foyers les plus précaires, au moins quatre déjeuners équilibrés par semaine : c’est le premier objectif de la municipalité.

Plaine Commune a mis sur pied un plan alimentaire territorial (PAT), développe les circuits courts du producteur au consommateur, privilégie les produits bios. Les cantines passeront prochainement de deux à trois repas végétariens par semaine. « Certains enfants découvrent ainsi les blettes, les légumineuses », se félicite le maire.

Les « victoires des cantines rebelles »

La Ville espère bien gagner un prix dans le cadre des « Victoires des cantines rebelles », concours organisé par Un Plus bio, qui récompense les initiatives alimentaires développées dans les territoires. Le 27 septembre prochain, la commune prendra de nouveaux engagements pour la qualité alimentaire lors d’un événement organisé dans le cadre de « Mon resto responsable », un réseau de restaurants collectifs engagés pour la qualité de ses repas.

« Le passage à la gratuité, dont la contrepartie est l’obligation qu’ont les élèves de s’inscrire et de payer s’ils ne viennent pas à la cantine, contribue à réduire le gaspillage alimentaire, de 44 % », souligne Leyla Temel. Les déchets sont valorisés par Moulinot compost & biogaz.

Coût de la mesure pour la ville : 5 millions d’euros, représenté à la fois par le manque-à-gagner lié à la gratuité et la hausse de la fréquentation des cantines en résultant, que la mairie chiffre aujourd’hui à 15 %. Le coût d’un repas est estimé à 14 euros. Les prix s’échelonnent, pour les familles, dans les classes où la cantine demeure payante, de 10 centimes à 4,60 euros le repas selon le quotient familial.