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L. Girometti : « Nous ne prévoyons pas d’annuler des opérations, seulement de les retarder »

La période électorale cumulée à la crise sanitaire freine l’activité d’Epamarne-Epafrance. Cependant, Laurent Girometti, le directeur général, espère maintenir le calendrier de consultations prévu en 2020 concernant 13 lots et plus de 900 logements.

Quelle organisation avez-vous mise en place pour continuer votre activité ?

Près de la totalité de nos 130 salariés sont passés en télétravail intégral qui n’était pratiqué au plus qu’un jour par semaine avant la mise en œuvre du confinement. Très peu de personnes sont en arrêt de travail. Nous poursuivons nos activités avec les bureaux d’études et les agences d’architecture.

Laurent Girometti, directeur général d’Epamarne. ©Christophe Caudroy

En revanche nous avons cessé les réunions de chantiers puisque ces derniers sont à l’arrêt, ainsi que le travail avec les collectivités locales car non seulement les élus locaux sont dans une situation transitoire avec le report du 2d tour des municipales et de la réunion des nouveaux conseils municipaux, mais ils doivent aussi gérer les situations d’urgence liées à l’épidémie du Covid-19.

Quels en sont les premiers impacts sur l’activité d’Epamarne ?

Epamarne en tant que maître d’ouvrage a interrompu une trentaine de chantiers, notamment parce que l’approvisionnement en matériaux des entreprises posait problème. Les promoteurs ont cessé de leur côté une soixantaine de chantiers de construction d’immeubles. Le principal impact porte sur le travail à long terme pour préparer les nouvelles opérations. Nous pouvons avancer sur les études, mais guère plus. C’était déjà le cas depuis le début de l’année du fait des élections municipales. Nous devrions être en phase de relance des projets avec les nouveaux exécutifs, ce qui malheureusement devra attendre au moins jusqu’à début juillet.

Quelles sont les conséquences et/ou adaptations pour Epamarne des mesures en matière d’urbanisme prévues par la loi d’urgence ?

Face à une situation où tout à coup des services ne peuvent plus instruire, les ordonnances prises par le gouvernement visent à gérer l’urgence et à assurer la sécurisation des procédures en cours. En effet, l’instruction des permis de construire ou des autres autorisations nécessaires est suspendue et les délais prolongés, de fait, de trois mois. Cela a pour conséquence d’allonger d’autant les opérations en cours. Tout l’enjeu va consister à essayer de faire le maximum pour être aussi rapide que possible lorsque l’activité redémarrera et d’obtenir que tel dossier plus urgent soit traité en priorité. Cependant, nous ne prévoyons pas d’annuler des opérations, seulement de les retarder.

Ce report risque-t-il d’impacter aussi les acteurs de l’immobilier économique ?

En effet, au-delà des opérateurs, les investisseurs dans les locaux et les clients du résidentiel risquent de reporter leurs projets d’investissement ou d’acquisition. Toute la question sera de savoir quel sera leur positionnement à la sortie de la crise.

Vous avez récemment présenté un calendrier de vos consultations en 2020, est-il maintenu ?

Nous maintenons ce calendrier qui avait pour vocation initiale d’être présenté au Mipim de manière à pouvoir donner des perspectives d’avenir. Un certain nombre des 13 lots qui doivent faire l’objet d’une consultation pour le 2e trimestre sont prêts et nous allons essayer de ne pas trop les retarder (lire ci-dessous). D’autres programmes qui requièrent encore un travail de conceptualisation et de définition de contenu du lot peuvent être poursuivis en dématérialisation et soumis aux opérateurs en fin d’année, sous réserve que l’on ne prenne pas trop de retard dans les échanges avec les élus locaux. Il est essentiel d’aller d’ores et déjà de l’avant sur un certain nombre de projets.

Ce calendrier évoque qu’une partie des logements d’un des lots de la ZAC des Hauts-de-Nesles se fera dans le cadre d’un bail réel solidaire (BRS), est-ce nouveau chez Epamarne ?

Non, ce n’est pas tout à fait nouveau puisqu’une première opération à Bussy-Saint-Georges comprenant des logements en BRS a fait l’objet d’une consultation en 2019. Quatre des cinq opérateurs qui nous ont répondu ont fait des offres intéressantes dont le résultat sera dévoilé prochainement. Nous renouvelons l’expérience sur la ZAC des Hauts-de-Nesles. Dans ces deux cas, nous céderons le foncier à un office foncier solidaire francilien. Nous pensons que ce type de produit a de l’avenir car il permet de proposer une modalité d’accession à la propriété à un prix attractif. Nous comptons l’utiliser davantage à l’avenir.