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Jean-Paul Huchon, ancien président de la région Île-de-France et défenseur de la décentralisation, est mort

Président PS de la région Île-de-France de 1998 à 2015, Jean-Paul Huchon est mort à l’âge de 80 ans, des suites d’un cancer. Ancien collaborateur de Michel Rocard à Matignon, il a marqué la région par son engagement en faveur de la décentralisation et son rôle dans l'élaboration du tracé du Grand Paris express.

Figure tutélaire de la social-démocratie francilienne, membre du Parti socialiste et président du conseil régional d’Île-de-France de 1998 à 2015, Jean-Paul Huchon est mort dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 octobre, à l’âge de 80 ans, des suites d’un cancer. Ancien directeur de cabinet de Michel Rocard à Matignon, ancien maire de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) et fervent défenseur de la décentralisation, il aura profondément marqué l’aménagement du territoire francilien au cours de ses 17 années de mandat.

Propulsé à la présidence du conseil régional d’Île-de-France à la suite du renoncement de Dominique Strauss-Kahn, il avait été réélu en 2004 face à Jean-François Copé, puis en 2010 face à Valérie Pécresse. Durant ses trois mandats successifs, il a notamment contribué à la modernisation des transports franciliens, à la mise en place du pass Navigo et à la rénovation des lycées, tout en défendant le renforcement des compétences régionales.

Jean-Paul Huchon © Christophe Recoura

Une des dernières apparitions publiques de Jean-Paul Huchon, venu soutenir la candidature d’Emmanuel Grégoire dans le cadre de la campagne de la primaire socialiste. © Jgp

Avec Daniel Guiraud, (alors maire des Lilas), lors d’une conférence pour le prolongement de la ligne 11 du métro parisien. © Jgp

Jean-Paul Huchon président du Stif, entouré de Guillaume Pepy (SNCF), du préfet Carenco, d’Elisabeth Borne (RATP) et de Pierre Serne (conseil régional d’Ile-de-France). © Jgp

Avec le maire (UDI) de Bures-sur-Yvette © Jgp

Grand Paris express : le compromis décisif

Le tracé définitif du Grand Paris express doit par ailleurs une part décisive à sa ténacité. Opposé au projet initial de Christian Blanc et de Nicolas Sarkozy, jugé trop centralisé et pensé pour les pôles économiques, Jean-Paul Huchon a défendu le projet régional « Arc express », destiné à relier les banlieues entre elles et à répondre aux trajets quotidiens des usagers. Après de vives tensions entre l’État et les élus locaux, un accord historique était finalement signé le 26 janvier 2011 sous l’égide du ministre Maurice Leroy. Ce compromis a acté la fusion des deux visions : le tracé final du Grand Paris express a intégré le maillage de proximité et fixé 68 gares tout en sanctuarisant la modernisation des lignes existantes. Jean-Paul Huchon avait lui-même souligné, dans nos colonnes, l’importance de cet accord, qu’il considérait comme ce qu’il avait fait « de plus important à la tête de la Région ».

Maurice Leroy et Jean-Paul Huchon, lors d’une soirée du Club des acteurs du Grand Paris, au couvent des Récollets. © Jgp

« Une page de notre histoire régionale se tourne »

L’annonce de son décès par l’un de ses fils à l’AFP a suscité une vive émotion dans le paysage politique national et territorial. Sur ses réseaux sociaux, la présidente du conseil régional d’Île-de-France, Valérie Pécresse, a fait part de sa « grande tristesse » en saluant la mémoire de son prédécesseur : « Avec la disparition de Jean-Paul Huchon, je perds un ancien adversaire politique, devenu mon ami. Social-démocrate convaincu, il partageait avec moi la passion de notre région, l’attachement à la décentralisation et une même exigence républicaine. Avec le départ de Jean-Paul, une page de notre histoire régionale se tourne. Nous l’avons écrite ensemble, parfois face à face, souvent côte à côte. »

Céline Malaisé, présidente de la Gauche communiste, écologiste et citoyenne au conseil régional a également fait part de sa « profonde tristesse » à l’annonce de la disparition de Jean-Paul Huchon qui « a contribué à construire une Île-de-France plus solidaire, en faisant des transports, des lycées, de la culture et de l’investissement public des priorités régionales. Ces avancées, portées avec les différentes composantes de la gauche, constituent un héritage durable. » L’élue d’opposition salue également la façon dont « cet amateur de rock » a « renforcé considérablement le soutien régional à la culture de proximité comme aux grands festivals ».

Dans un communiqué officiel, la Région Île-de-France (dont il était président honoraire depuis 2018) a annoncé qu’un hommage solennel lui sera rendu lors de la séance plénière du 12 novembre prochain.

© Pierre-Emmanuel Weck

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