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Jacques-Emmanuel Saulnier (Fondation TotalÉnergies) : « Notre critère principal, c’est l’insertion professionnelle sur le chantier »

La Fondation TotalEnergies célèbre les 20 ans de son mécénat auprès de la Fondation du patrimoine. Son délégué général, Jacques-Emmanuel Saulnier, revient sur l’origine de ce partenariat, ses critères de sélection et son bilan francilien, avec 42 sites restaurés dans les huit départements.

Comment est né ce partenariat ?

D’une belle histoire liée à notre compagnie. Au début des années 2000, Total et Elf ont fusionné, non sans quelques frottements. Thierry Desmarest, alors président de Total, avait demandé à Édouard de Royère, président d’Air Liquide, de jouer les médiateurs avec Philippe Jaffré, président d’Elf. Il a remarquablement rempli ce rôle et Thierry Desmarest lui a ensuite demandé comment le remercier. J’ai eu la chance de tenir ce récit des deux hommes, lors d’un déjeuner. Édouard de Royère lui a répondu qu’il avait fondé dix ans plus tôt la Fondation du patrimoine, née en 1996, et qu’elle vivotait. Il a suggéré que Total devienne un grand mécène, afin d’enclencher une dynamique et de mobiliser d’autres entreprises. Thierry Desmarest a dit d’accord. En 2006, Total est devenu mécène de la Fondation du patrimoine. Nous le sommes restés depuis, et nous sommes son principal mécène entreprise à l’échelle nationale. En 20 ans, nous avons soutenu 350 chantiers en métropole et outre-mer.

Jacques-Emmanuel Saulnier (Fondation TotalÉnergies). © DR

Quels types de projets soutenez-vous ?

Avec la Fondation du patrimoine, uniquement le patrimoine bâti. Pour le patrimoine naturel, nous avons un partenariat avec l’Office national des forêts. Deux comités de pilotage par an nous soumettent des projets. Notre critère principal, c’est que les chantiers intègrent des heures de formation ou d’insertion professionnelle. Sans cela, nous ne soutenons pas. En effet, d’une manière générale, la Fondation TotalEnergies soutient des initiatives qui favorisent l’éducation et l’insertion professionnelle des jeunes, avec un portefeuille d’environ 110 à 120 partenaires par an. Au départ, le partenariat n’incluait pas spécifiquement d’heures d’insertion. Depuis 2019 environ, la Fondation du patrimoine ne nous propose plus que des chantiers qui en comportent. En Île-de-France, cela représente plus de 10 700 heures de formation professionnelle sur les chantiers soutenus.

Quelles sont les réalisations franciliennes les plus emblématiques ?

Tous les départements d’Île-de-France ont bénéficié d’une contribution de notre fondation, pour 42 sites restaurés. Chronologiquement, le premier fut l’usine Leroy à Saint-Fargeau-Ponthierry, en Seine-et-Marne. Je citerai ensuite le Cirque d’Hiver en 2006, notre premier projet parisien, la galerie Mazarine de la Bibliothèque nationale, le Théâtre du Châtelet, l’escalier en fer à cheval du château de Fontainebleau, la Bellevilloise, qui accueillera notre soirée des 20 ans, mais aussi la maison Caillebotte à Yerres, le château de Plaisir, le château de Forges, le pavillon des reptiles du Muséum ou le Prieuré royal Saint-Louis à Poissy. Et bien sûr, en 2019, notre don exceptionnel de 100 millions d’euros à la Fondation du patrimoine, fléché sur la restauration de Notre-Dame.

Le partenariat a-t-il évolué avec le changement climatique ?

Nous sommes attentifs à l’adaptation des chantiers au changement climatique, notamment en matière d’efficacité énergétique et thermique. Nous regardons aussi la nouvelle destination des lieux restaurés. Un lieu qui servira au plus grand nombre aura toujours notre faveur, plus qu’un lieu accessible à une minorité. Quand un ancien presbytère, une ancienne école ou une orangerie devient une salle municipale, un lieu pour les jeunes, les anciens ou les associations, il a notre faveur.