Le maire de Paris a écrit le 1er septembre dernier à Patrick Ollier pour lui faire part d'une série de suggestions de nature, estime l'édile, à "faire vivre le Grand Paris".
Dans un courrier adressé au président de la Métropole Patrick Ollier en date du 1er septembre, que le quotidien Le Monde a pu consulter, Emmanuel Grégoire liste une série « d’initiatives », dans le but, explique l’élu, de « faire vivre le Grand Paris ». « Notre responsabilité politique est de donner davantage corps à cette réalité métropolitaine, de la rendre plus visible, plus lisible et plus concrète pour celles et ceux qui y vivent », écrit le maire de Paris.
Au rang de ces suggestions, Emmanuel Grégoire, toujours président du groupe Socialistes, Républicains et apparentés au sein de la Métropole, propose de trouver un nouveau nom pour le périphérique, ou de créer un festival des Portes de Paris « organisé en lien avec les communes limitrophes ». Le premier magistrat parisien invite la Métropole à lancer une « convention citoyenne consacrée à l’avenir du Grand Paris », ainsi qu’à tenir les séances de son conseil dans l’hémicycle de l’Hôtel de Ville.
Si Patrick Ollier n’a pas souhaité réagir publiquement à cette lettre, certains élus métropolitains font remarquer, en privé, que la Métropole n’a pas attendu les conseils du maire de Paris pour prendre le pouls de ses habitants, notamment par le biais de son conseil de développement (Codev), composé d’habitants tirés au sort et d’experts.
Projet partenarial d’aménagement
Ils indiquent que la Métropole s’implique déjà dans la réaménagement des Portes de Paris, à l’instar du projet partenarial d’aménagement (PPA) de la porte de Bagnolet. Si la proposition symbolique de rebaptiser le périphérique ne suscite pas de commentaires, l’invitation à siéger au sein de l’hémicycle de l’Hôtel de Ville semble avoir retenu l’attention de la Métropole qui, après avoir siégé dans l’ancien hémicycle du conseil régional, alterne aujourd’hui ses séances plénières entre divers lieux, dont le Palais d’Iéna, siège du Comité social, économique et environnemental régional (Ceser) dans le 16e arrondissement ou le Centre de conférences Pierre-Mendès-France du ministère de l’Économie et des Finances dans le 12e. Cela même si le nombre de conseillers métropolitains est supérieur à la capacité de l’hémicycle parisien (205 contre 163).
Selon les éléments du courrier relevés par nos confrères du Monde, le maire de Paris évite les principaux sujets du moment, ceux liés au finances ou au logement notamment, alors que la Métropole est confrontée la perspective d’un rétrécissement sensible de ses ressources et que des discussions en vue de l’élaboration du Plan métropolitain de l’habitat et de l’hébergement (PMHH) ont repris, l’adoption de ce document devant entraîner le transfert de la compétence habitat des Territoires, dont Paris, vers la Métropole. Pas un mot, non plus, sur le projet de chaufferie au combustible solide de récupération (CSR) de Vitry-sur-Seine, baptisé Thermo-sur-Seine, qui fracture le groupe socialiste à la Métropole, alors que le maire (PS) d’Alfortville Luc Carvounas a pris la tête d’une fronde contre cet équipement, défendu par ailleurs par le maire de Paris et sa première adjointe, également première vice-présidente de la Métropole Lamia El Aaraje.