Publié en juillet 2026, le bilan électrique 2025 de RTE en Île-de-France confirme la dépendance structurelle de la région : 66,3 TWh consommés, 2,9 TWh produits. Le gestionnaire du réseau de transport y prévoit jusqu'à 6 milliards d'euros d'investissements sur 15 ans, à l'heure où une cinquantaine de data centers frappent à la porte du réseau.
Première région consommatrice d’électricité de France, l’Île-de-France a vu sa consommation, corrigée des aléas climatiques et des effets calendaires, progresser de 1,1 % en 2025, à 66,3 TWh. Le chiffre représente 14,7 % de la consommation nationale, « en raison de sa forte densité de population et de son poids économique », relève RTE dans son bilan électrique régional, publié en juillet 2026.
En regard, la production francilienne s’établit à 2,9 TWh, en recul de 8,7 % sur un an (3,1 TWh en 2024). Elle couvre l’équivalent de 5 % de la consommation régionale : 95 % de l’électricité consommée en Île-de-France est acheminée depuis d’autres régions par le réseau de transport. RTE impute le repli à la baisse de la production thermique fossile, « en cohérence avec la tendance nationale », désormais très minoritaire.
Un mix régional en recomposition
La ventilation de cette production reste dominée par le thermique renouvelable et déchets (36,7 %, en repli de 7,4 %) et le thermique fossile (33,3 %, en chute de 24 %). Le solaire progresse fortement, à 16,7 % du total (+35 %), l’éolien recule à 10 % (-3,7 %), l’hydraulique s’établit à 3,3 % (+17,1 %).
Côté parc, le photovoltaïque atteint 500 MW (+24,5 %) : 100 MW supplémentaires, qui se traduisent par une hausse « tout aussi modérée » de la production solaire, de l’ordre de 0,1 TWh. L’éolien plafonne à 100 MW, stable, comme le thermique renouvelable et déchets (300 MW) et l’hydraulique (20 MW).
Les data centers, nouveau front du raccordement
C’est le chiffre le plus scruté du document. Fin 2025, six data centers sont raccordés au réseau de transport francilien, pour 640 MW. Une cinquantaine sont en cours de raccordement, représentant 8 GW ; une trentaine, 7 GW, sont à l’étude. RTE prend soin de préciser que ces chiffres constituent « une photographie à l’instant T », appelée à évoluer quotidiennement, en particulier aux stades du raccordement et de l’étude.
Le raccordement de ces nouveaux consommateurs – industriels comme data centers – constitue, avec l’électrification des usages (chauffage, mobilités), l’enjeu que RTE met en avant pour atteindre la neutralité carbone en 2050.
Six milliards d’euros sur 15 ans
Pour y répondre, le gestionnaire annonce jusqu’à 6 milliards d’euros d’investissements en Île-de-France ces 15 prochaines années, destinés à adapter le réseau au changement climatique, le renouveler et le renforcer. Sont notamment cités le renouvellement progressif de 300 km de lignes souterraines dans Paris et la petite couronne, et des actions dans les postes électriques exposés au risque de crue.
En 2025, l’investissement s’est élevé à 263 millions d’euros, pour 237 projets sur un réseau de 5 900 km de liaisons aériennes et souterraines et 192 postes électriques, qui a donné lieu à 2 376 interventions et 40 477 demandes de travaux à proximité des ouvrages (DT/DICT). La région compte 61 sites de consommation industrielle et 12 sites producteurs.
L’entreprise emploie 1 614 salariés dans la région, avec 114 recrutements en CDI en 2025, dont 20 alternants en fin d’études, 80 alternants accueillis et 126 recrutements prévus en 2026. Elle réaffirme sa volonté de recourir à des entreprises ancrées localement, dont les structures d’insertion et les entreprises adaptées.