Le 12 mai 2021, le Journal du Grand Paris a publié un article intitulé "Un Sedif critiqué face à un choix limité de la gestion de l’eau", qui contient un certain nombre de contre-vérités et ne laisse la parole qu’aux opposants du syndicat, qui pour la plupart n’en sont pas membres, estime André Santini, président du Sedif, dans un droit de réponse.
Le Sedif, comme toute collectivité territoriale ou groupement de collectivité, bénéficie d’une autonomie de gestion, ce qui signifie qu’il revient aux élus et eux seuls de décider du mode de gestion du service public de l’eau. Ce choix, qui sera effectué le 27 mai, repose sur des études préalables réalisées par une mission dédiée, dont les travaux ont été régulièrement présentés aux délégués du Sedif et discutés, notamment dans le cadre de deux séminaires de janvier et mars derniers dont il peut être pris connaissance librement sur le site internet du Sefif à la rubrique « Mission 2023 ». Préalablement à ces discussions, les nouveaux élus ont pu bénéficier dès leur installation en septembre 2021 de formations pour leur permettre de se décider en toute connaissance de cause.
Le projet d’osmose inverse basse pression (OIBP), évalué à 800 M€, a pour objectif de répondre aux préoccupations des citoyens pour une eau de meilleure qualité, en limitant sa teneur en calcaire et en chlore, tout en anticipant les préconisations de la nouvelle directive communautaire sur l’eau qui incite à prendre en compte les micropolluants et perturbateurs endocriniens. Baisser le taux de calcaire permet également aux ménages de réaliser des économies, éviter l’entartrage des canalisations privées dont les circuits de chauffage, profiter d’une plus grande longévité de leurs appareils, et de limiter la consommation de produits nettoyants : une économie nette pour le budget des ménages résultera de ce projet selon une étude du cabinet Deloitte.
Enfin, le SEDIF s’est construit il y a bientôt 100 ans sur un principe de solidarité et de mutualisation intercommunales. Il dispose d’un maillage de canalisations denses, conçu dans une logique territoriale qui n’est pas celle des EPT et s’il respecte le principe de libre administration de chacun, la séparation des réseaux est une opération complexe. Le SEDIF a pleinement joué son rôle depuis 2017 en alertant à plusieurs reprises les collectivités sortantes sur la nécessaire anticipation à assurer pour cette transition ainsi que des conséquences économiques, juridiques et financières d’un telle séparation. Ces éléments factuels d’information sont nécessaires préalablement à la définition de modalités équilibrées de répartition des biens.
Sur le coût de l’OIBP, l’article indique un coût « estimé entre 800 millions et un milliard d’euros » qui est la fourchette évoquée lors de l’audition de la commission d’enquête par plusieurs élus. Nous n’avons fait que reprendre le chiffre cité à cette occasion.
Si l’article n’évoque pas l’audition du président et de la direction du Sedif, c’est que la position et l’actualité du Sedif a déjà fait l’objet de plusieurs articles dont le dernier ne donnait la parole qu’au seul Sedif. Une longue interview d’André Santini a également été publiée dans notre dernier hors-série daté d’avril 2021. C’est parfois à la lumière d’une série d’articles que nous donnons les différents points de vue à nos lecteurs et pas seulement avec une seule et même publication.
Si la couleur politique de la présidente de la commission d’enquête ne figure pas dans l’article, c’est que nous n’avons pas pour règle de donner systématiquement le nom des présidents de commission parlementaire que nous évoquons. Il s’agit de travaux menés par la représentation nationale dans sa diversité et il serait réducteur de limiter les informations communiquées à la seule couleur politique du président alors que la composition de ces instances représente l’ensemble des élus de l’Assemblée nationale ou du Sénat.
Enfin, le Sedif, dans son droit de réponse, indique que l’article ne donne la parole qu’aux opposants du syndicat. Cela est inexact, puisque les interventions de M. Knusmann, qui fut longtemps directeur général du Sedif et que l’on peut donc qualifier de favorable au Sedif, sont aussi relayées.