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Après le 17 octobre, les maires exigent un changement de doctrine du maintien de l’ordre

Dans une déclaration commune de l’Association des maires de France, les élus locaux dénoncent des violences préméditées et somment l’exécutif, la justice et les forces politiques de prendre leurs responsabilités, notamment en changeant de doctrine d'intervention.

Mairie de Limoges incendiée, agents menacés de mort, commerces pillés à Marseille, Paris, Bordeaux, Lyon, Grenoble, Lille, Nantes, Calais ou Avignon. Au lendemain des manifestations du 17 octobre, l’Association des maires de France (AMF) a publié une déclaration d’une gravité inhabituelle. Pour les élus, ces faits ne relèvent pas des débordements classiques de fin de cortège. « Ces actes très graves ont été prémédités et leurs auteurs, qu’ils soient des “ultras” politisés ou des casseurs venus s’en prendre aux commerces, sont dangereux, organisés, armés, déterminés », affirme le texte.

Les maires réunis Porte de Versailles en novembre dernier, pour leur traditionnel congrès annuel. © Jgp

Les maires se disent écœurés et révoltés. Ils remercient les secours et les forces de l’ordre, qui ont lutté avec des moyens jugés largement insuffisants, et expriment leur solidarité aux commerçants, aux habitants et aux agents communaux mobilisés dès la nuit de samedi à dimanche pour réparer les dégâts. L’attaque de la mairie de Limoges concentre leur indignation. « C’est une attaque organisée contre ce que nous avons en commun de plus précieux, la paix civile et nos libertés publiques fondamentales », souligne la déclaration, qui estime que ces violences éclipsent le message des manifestants pacifiques.

Un changement de doctrine demandé

La charge la plus vive vise le gouvernement. « Les événements du 17 octobre ont marqué l’échec de la doctrine d’emploi des forces de l’ordre et montré l’insuffisance criante de leurs moyens d’intervention », indique l’AMF. L’association réclame une nouvelle doctrine d’intervention, une exploitation complète du renseignement afin d’interpeller les individus dangereux avant les cortèges, et une réponse du Premier ministre aux demandes de rencontre formulées par les maires, restées jusqu’ici sans suite selon le texte. La justice est appelée à sanctionner les auteurs à la hauteur de leurs actes, les forces politiques, sociales et syndicales à condamner sans réserve et à œuvrer à l’apaisement du pays. « Nous devons mobiliser la force civique de notre pays, bien plus puissante que ceux qui sèment le chaos », conclut le texte, qui appelle au rétablissement de l’ordre républicain.